"REPORTAGES" - SAMEDI 5 DECEMBRE 2015 dès 13h20

"REPORTAGES" - SAMEDI 5 DECEMBRE 2015 dès 13h20
publié par Caroline Stevens le 17/11/2015

SAMEDI 5 DECEMBRE 2015 A 13H20

 

Un magazine de la Rédaction - Dirigé par Pascal PINNING

Rédaction en chef : Pascal PINNING
Rédacteur en chef adjoint : Olivier ESCRIVA
Présentation : Anne-Claire COUDRAY

 

 

 

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LES ROIS DES CAMELOTS

         

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Un reportage de Marion FIAT (Production INTERNEP)
Image Gautier Delobette
 Montage Richard Poisson

 
La foule s'amasse devant des stands vantant les mérites d'un couvercle en silicone ou d'un couteau multifonctions... Derrière le stand, un homme, ou une femme, avec enthousiasme, débite un discours rôdé et plein d'humour.  Depuis des décennies, ils sont les stars des foires et des marchés : les camelots. Reportages a suivi quelques-uns des plus incroyables.
 
Quoi qu'ils disent, quoi qu'ils vendent, leurs démonstrations sont des spectacles, on rit, on vibre, on imagine et on se laisse transporter devant de petits stands multicolores. A la fin, le public est forcément persuadé que ce petit ustensile est indispensable. Car ce n'est pas un produit que vendent les camelots, c'est une histoire, la leur, la nôtre, celle des voisins, qu'importe, ce qui compte, c'est ce récit qui nous tient en haleine pendant plusieurs minutes. A l'ère d'Internet et de  la vente à distance, les camelots n'ont pas dit leur dernier mot...
 
Bernard fait ce métier depuis 40 ans, et à travers tout le pays. C'est à la foire d'automne qu'il a posé son stand. Il vend un produit phare dont la démonstration attire toujours beaucoup de monde : une râpe à légumes : "pour les gens qui ont des petits-enfants, moi mon petit-fils je l'appelle Chicouf ! Chic quand il arrive et Ouf quand il repart, alors je lui fais de nouilles de légumes ! ". Il commence son discours, et les curieux s'arrêtent, de plus en plus nombreux " Tu connais le proverbe ? Femme qui rit... C'est la vérité si tu vois qu'il y a une bonne ambiance, que les gens réagissent et qu'ils se marrent, t'es forcément sûr de bosser ".
Personne n'enseigne le métier de camelot, aucune école, aucune formation. C'est un métier qui se transmet. Et Bernard a la chance de travailler avec sa fille qui lui voue beaucoup d'admiration. Coralie est à bonne école, elle suit le chemin de Bernard celui qui mène au succès " c'est mon père qui m'a appris le métier, comment se placer, comment parler, quoi dire et à qui ", sous l'oeil attendri d'un papa fier de sa fille.

Gégé, lui, n'a pas ses enfants auprès de lui pour l'accompagner, ils ont choisi une autre voie. Mais tous les jours, il sillonne les marchés de la région au volant de son camping-car pour vendre "sa cam". Aujourd'hui, ce seront des feutres magiques. A l'approche de Noël, cibler des articles pour les enfants est toujours une bonne idée. La voix rauque, du bagout, une attitude, au bout de 50 ans de métier, la vente n'a plus aucun secret pour lui, mais c'est un peu comme si il découvrait les clients tous les jours. Il aime ce métier " c'est le plus beau métier, on nous appelle les bonimenteurs, les baratineurs, les beaux parleurs, mais pour nous c'est la liberté, c'est important ", à tel point qu'il l'a dans la peau et la perspective de la retraite le rend nostalgique : " Ça va être dur de s'arrêter, parce que ce métier, c'est ma vie ! ".

C'est aussi l'objectif de Jojo et de Marie, un jeune couple de trentenaires, qui a décidé de se lancer dans cette vie de nomade de foires en marchés. Faire approcher les clients, les tenir tout au long de la démonstration d'un coquetier ou d'un détachant, ils sont l'avenir de ce métier qu'ils poursuivront puisqu'ils l'ont dans la peau... Dans la peau d'un camelot.

  

 

 

LES VENDANGES DE L'EXTREME

                 

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Un reportage d'Emmanuel Ostian
Image : Yann Moaligou
Montage : Audrey Le Narvor (EMP)

 
Leur passion pour la vigne l'emporte sur la raison : les vignerons que nous vous proposons de découvrir ont choisi d'exercer leur métier dans des conditions extrêmes, sur des terrains improbables ou périlleux. Trois vignobles où le précieux raisin n'est accessible qu'en rappel, en téléphérique ou par bateau...
 
En Alsace, les vendangeurs du Rangen ne doivent pas avoir le vertige. Le raisin pousse sur un coteau aux pentes extrêmement raides, inclinées à 55°, et la récolte se fait... en rappel. " On nous a tout de suite appelés les vendangeurs de l'extrême ", explique Bernard, le créateur de cette parcelle. Pendant quatre jours en octobre, 25 personnes s'arment de mousquetons comme des alpinistes, avec un seau et un sécateur en plus. " Le raisin nous appelle " explique un des vendangeurs, qui vient ici autant pour la vendange que pour le frisson qu'elle procure.
 
Pour accéder au domaine de Beudon dans le Valais en Suisse, il y a deux possibilités : monter à ses risques et périls à l'intérieur d'un minuscule téléphérique en bois suspendu au-dessus de la falaise ou marcher une heure le long de sentiers escarpés en s'agrippant à des câbles métalliques. Evidemment, tous les vendangeurs utilisent le téléphérique. C'est le domaine de Jacques et Marion, au bord d'une falaise vertigineuse, et il faut là aussi avoir le coeur bien accroché. Mais Jacques ne changerait pour rien au monde : " J'ai fait Polytechnique à Lausanne et j'ai commencé un doctorat mais j'ai tout laissé tomber pour acheter Beudon ".
 
De l'autre côté du globe, l'impossible s'est réalisé : produire du vin en Polynésie. Sébastien, oenologue français, a réussi cet exploit. Il a concrétisé son rêve à 350 km de Tahiti. " Au départ, j'ai été raillé. On me répétait : c'est impossible de faire pousser de la vigne sous ce climat, tu vas y perdre ton argent ! ". En clair : on le prenait pour un fou : " C'est vrai... Quand on y pense, nos concurrents les plus proches sont à 6000 km ! C'était un vrai pari. ". Il aura fallu huit années de prospection pour arriver à produire du vin sur ce sol coralien à 100 mètres du lagon.
 
Découverte de trois domaines où la passion l'emporte sur les difficultés naturelles.

 

 

 

LES AUVERGNATS DE PARIS

               

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Un reportage de Camille Pitron
Images : Charlotte Marie et Marie-Laure Gauthier (YEMAYA PRODUCTIONS)
 
Paris n'aurait pas le même visage sans ses Bougnats ! C'est la communauté la plus vivace et la plus structurée de la capitale. Ils seraient 500 000 en Ile-de-France. Leur histoire remonte à plus de deux siècles. Les paysans d'Auvergne et du Massif central, Aveyronnais pour la plupart, choisissent de migrer vers la capitale. Courageux, ils acceptent des travaux difficiles et deviennent marchands de charbon : " charbougnats " en patois, contraction de charbon et Auvergnat. Les Parisiens, eux, diront " Bougnats ".  Les Auvergnats se tournent peu à peu vers la restauration, un métier qui a façonné leur réputation et fait leur réussite. Aujourd'hui ils détiennent encore 40% des cafés-brasseries de Paris et sa région.
 
 
Thierry, originaire de la Lozère, est restaurateur de père en fils depuis trois générations. Avec sa femme Sophie, il tient un café-brasserie dans le 16ème arrondissement. " L'Auvergnat : il aime la bonne chère, c'est un bon vivant, la restauration cela lui collait à la peau, le binôme Auvergne et bistrot, ca marche bien ". Très attaché aux traditions du pays, chaque week-end il rejoint son groupe de bourrée, danse folklorique auvergnate. Celui qui se qualifie de " Parisien professionnel mais Auvergnat dans l'âme " ne raterait pour rien au monde une occasion d'enfiler son costume traditionnel, notamment, lors du grand marché aveyronnais de Paris. 
 
Baptiste, 20 ans, étudiant dans une école de cuisine et fraîchement débarqué dans la capitale, habite à " l'Oustal " près de Bercy, une résidence exclusivement réservée aux Aveyronnais de Paris où les loyers sont 30% moins chers que les prix parisiens. " C'est la première case à remplir sur le dossier : ?'certifie être Aveyronnais'' ". Ce réseau d'entraide lui permet aujourd'hui de vivre à Paris et réaliser son rêve : il est apprenti dans les cuisines d'un grand palace parisien. Une passion pour la gastronomie qu'on retrouve jusque dans son congélateur de son studio parisien, dans lequel il stocke des dizaines de produits de son pays. Aujourd'hui, il a pris le rythme parisien, mais se souvient encore de son arrivée : " La première fois que je suis venu à Paris, le mot, c'était Whaou ! C'est vrai que la ville est gigantesque, les choses sont très rapides... "
 
Christian est restaurateur à la ville et éleveur dans les champs. A Paris, à deux pas des Champs-Elysées, il vient de lancer un nouveau concept dans son restaurant devenu une institution : exposer de la viande haute-couture de race Aubrac dans des vitrines réfrigérées. "C'est comme un grand vin, il faut laisser à la viande le temps de vieillir et développer ce qu'il y a de plus beau ". Mais Christian se sent avant tout Aveyronnais, et " respire à pleins poumons " dès qu'il arrive sur ses terres de 170 hectares près de Laguiole. Là-bas, il élève avec son associé Franck, 500 vaches et taureaux, dont il vend la viande dans son restaurant parisien. Ensemble, ils présentent chaque année une trentaine de leurs bêtes au concours cantonal de la race Aubrac à Laguiole, et se mesurent à une quinzaine d'autres éleveurs du coin. " On attend les résultats avec impatience mais on est confiant " confie-t-il à quelques minutes de la remise des prix.

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