"REPORTAGES" - SAMEDI 17 OCTOBRE 2015 à 13h20

"REPORTAGES" - SAMEDI 17 OCTOBRE 2015 à 13h20
publié par Caroline Stevens le 07/10/2015

SAMEDI 17 OCTOBRE 2015 A 13H20

Un magazine de la Rédaction - Dirigé par Pascal PINNING Rédaction en chef : Pascal PINNING Rédacteur en chef adjoint : Olivier ESCRIVA Présentation : Anne-Claire COUDRAY

 

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LA POLICE DE L'OMBRE

 

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Un reportage de Michèle Fines et Guillaume Barthélémy (T. Comiti Productions) On ne les voit jamais, pourtant ils sont partout. Leurs missions : prévenir les violences urbaines ou les attentats, prévoir les manifestations ou les grèves, démanteler des réseaux de trafiquants et les filières d'immigration clandestine. Dans les stades, ils surveillent les supporters violents ; dans les manifestations, ils comptent ceux qui défilent ; dans les cités, ils traquent les trafics illicites. Autrefois, on les appelait les RG. Aujourd'hui, Direction du Renseignement. Durant six mois, ils ont laissé nos caméras se glisser entre leurs murs... accompagner leurs hommes lors des filatures. Plongée dans la police de l'ombre. Normalement, ils vivent cachés mais, exceptionnellement, ils nous ont permis de suivre certaines de leurs enquêtes. Nous avons partagé le quotidien de Lionel, capitaine, et Hervé son adjoint. Leur groupe traque des réseaux qui extorquent des milliers d'euros à des sans-papiers en échange d'une autorisation provisoire de séjour sur le territoire français. " Ils sont sans foi ni loi, explique Lionel. La seule chose qui les intéresse, c'est l'argent. " Et pour gagner toujours plus, les chefs de ces réseaux ne reculent devant rien : faux pères, ou malades imaginaires. A la section anti-hooligans, nous avons pu suivre Christine, commissaire, lors de ses filatures. Elle s'occupe depuis 10 ans de surveiller les supporters violents et avoue avoir encore du mal à comprendre pourquoi ils se battent. " Je crois que c'est une montée d'adrénaline, le fait d'appartenir à un groupe. Ca, beaucoup plus que le soutien à une équipe. En fait, ils ne viennent pas au match. La plupart n'ont pas de billet. Ils ne viennent que pour se battre. ". Nous avons assisté à une opération anti-hooligans en plein Paris. La direction du renseignement a évité d'extrême justesse une énorme bagarre entre supporters violents de l'Ajax d'Amsterdam et du PSG.

 

FANS DE CONCOURS

 

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Un reportage d'Emmanuel Ostian. Images : Jean-Etienne Mach. Montage : Arnaud Mouillevois (EMP) Chaque semaine, plus de 300 nouveaux jeux-concours sont proposés dans notre pays. Beaucoup de Français y jouent occasionnellement mais quelques centaines y consacrent une très grande partie de leur temps. On les appelle les " concouristes ". Ils finissent par connaître les astuces et repérer les jeux auxquels ils ont le plus de chance de gagner. Et ça marche ! Au prix de longues heures, ils gagnent de quoi améliorer leur ordinaire et partir en voyage. " Les concours, c'est du bonheur ". Marie Franchomme sait de quoi elle parle puisque cette retraitée lilloise passe ses journées à jouer, aidée par son mari. Sur Internet, dans les magazines, à la radio ou à la télé, aucun concours ne leur échappe. Ce sont des " concouristes " frénétiques. Ils ont déjà gagné des centaines de lots, quatre voitures, des dizaines de voyages ou de croisières. De quoi s'offrir un luxe en principe inaccessible. Et retrouver parfois une seconde jeunesse à travers des activités qui les emmènent loin de Lille. " C'est sûr que je ne me voyais pas en petite grand-mère au coin du feu ", explique-t-elle dans un sourire, pendant que son mari conclut avec humour : " C'est sûr que grâce aux concours, depuis qu'on est à la retraite, on n'a plus le temps de rien ! ". Elodie vit à Aix-en-Provence et prend modèle sur Marie. Même si cette jeune salariée a moins de temps pour jouer, elle y passe ses soirées et ses week-ends. " Jouer m'a offert une ouverture sur le monde, j'ai fait des rencontres ", explique-t-elle. Mais surtout le jeu lui permet de revendre des lots gagnés sur Internet et d'arrondir les fins de mois. Quant aux " gros lots ", comme cette thalassothérapie qu'elle vient de gagner, elle en fait profiter son compagnon. Michael, de son côté, a choisi le concours de fléchettes, pour ne rien laisser au hasard. Il s'entraîne plusieurs heures par jour et fait partie des meilleurs Français. Lui aussi arrondit ses fins de mois grâce à cette passion débordante qui l'emmène souvent aux quatre coins de la planète. " Je mets mes gains dans une enveloppe et, dès que je peux, je fais des cadeaux ou je m'achète des choses qui me font rêver ". Notre équipe a suivi ces fans de concours dans leur quotidien de joueurs mais aussi dans les voyages qu'ils ont gagnés ou dans les activités qui les emmènent parfois loin de chez eux, comme au Canada ou en Allemagne. Une plongée dans l'univers du jeu qui concerne des milliers de Français et qui rapporte des millions d'euros.

 

PLAGE DE PIEMANSON : LA FIN DU RÊVE

 

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Un reportage d'Antoine Laura. Images : Antoine Laura. Montage Stéphanie Porte (Antipode)

Une vie de Robinson, un village de bric et de broc sans eau courante ni électricité.
Depuis plus d'un demi-siècle, le camping sauvage est toléré sur cette plage de Camargue devenue un symbole de liberté. Mais cette tolérance prend fin. La préfecture souhaite appliquer la loi qui protège le littoral. Les Robinson de Méditerranée s'apprêtent à vivre leur dernier été, partagés entre joie de se retrouver et nostalgie de devoir lever le camp...

Jean-Jacques est artisan doreur à Marseille. Depuis 35 ans, il pose son campement chaque été sur la plage de Piémanson. " Un lieu magique ". Mais cet été sonne la fin d'une époque. Piémanson " c'est une petite vie pour nous, ne plus y être serait une petite mort. ". Mais pour Amandine sa fille, les choses sont claires : " les autorités considèrent Piémanson comme leur bête noire ". La fin est désormais inéluctable.

Pour Jean-Luc, le policier de Marseille, Piémanson, c'est 40 ans de souvenirs. D'habitude, il aménage un campement sympa avec du bois flotté autour de ses caravanes, histoire d'être bien. Hélas cette année, plus question de construire quoi que ce soit, seul le matériel de camping est autorisé. " Les gendarmes m'ont demandé de retirer la corde à linge que j'avais installée " nous confie-t-il. Et il n'est pas au bout de ses surprises. Malgré son statut de policier il a eu droit à une amende...

Do, la prof d'art plastiques, parle de Piémanson comme d'un " endroit singulier" en insistant sur la solidarité et les liens très forts qui unissent les habitués. De caractère optimiste, elle préfère " ne pas croire " à la fin de Piémanson. Pour elle, " la peur de ne pas revenir est un vrai chagrin ". De l'autre côté de la plage, des enfants s'amusent dans l'eau. Difficile d'imaginer qu'il s'agit d'enfants gravement malades. Jocelyne une mère de famille belge a pris l'habitude chaque année d'offrir des vacances de rêve à des enfants ou des adultes en difficulté. Entre les devoirs des petits, les tâches ménagères pour les grands, Jocelyne confie son attachement à Piémanson, " une vraie thérapie ".

Toutes ces personnes ont en commun de partager une passion pour ce lieu et un style de vie bien loin de la société. Nous les avions déjà rencontrés l'été 2009, nous les retrouvons peut-être pour la dernière fois.
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