"GRANDS REPORTAGES" ET "REPORTAGES" DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015 à 13h30

"GRANDS REPORTAGES" ET "REPORTAGES" DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015 à 13h30
publié par Nathalie Maeder le 20/10/2015

DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015 A 13H30

Un magazine de la rédaction - dirigé par Pascal PINNING

Rédaction en chef : Pascal PINNING
Rédacteur en chef adjoint : Olivier ESCRIVA
Présentation : Anne-Claire COUDRAY

 

 

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SUR LA ROUTE SES COMPAGNONS DU DEVOIR  

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Un reportage de Delphine Kluzek. Image : Tony Casabianca, Jérôme Alexandre, Mirsad Hajder, Julie Darde, David Peressetchensky, Cyril Havoudjian. Montage : Eric Paget, Delphine Dufriche (Yemaya Productions)

Plus qu'une formation c'est une aventure humaine... Qui sont ces jeunes qui se lancent dans cette aventure ? Quels sont leurs rêves ? Comment se tissent les liens d'entraide entre eux, loin de leurs repères et de leurs proches ? Comment se fait la transmission avec les plus anciens chargés de les former ? De Tours à Lyon, en passant par Strasbourg et la Grande Bretagne, une équipe de Grands Reportages a pu entrer dans le quotidien de ce mouvement. Exceptionnellement, les Compagnons du Devoir ont accepté de partager avec nous leurs espoirs, leurs doutes et leurs découvertes, tout au long de leur voyage initiatique.
 
Le compagnonnage, c'est la plus ancienne école des artisans en France, et sans doute aussi l'une des plus méconnues. Derrière les plus beaux monuments de France se cache souvent le travail d'orfèvre des compagnons. Le grand théâtre de Bordeaux, la tour Eiffel, et même la flamme de la Statue de la Liberté ! A tel point qu'aujourd'hui, le compagnonnage a été inscrit sur le patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco. C'est aussi un univers régi par des règles multiséculaires, et basé sur des rituels encore secrets.
 
Pendant 5 à 10 ans, des jeunes gens de tous horizons sillonnent les routes de France pour apprendre toutes les facettes de leur métier, avec un emploi du temps de ministre: 10 à 12h de travail par jour, 6 jours sur 7. Sur le Tour de France des compagnons du devoir, nous avons suivi pendant un an le parcours de ces artistes de l'ombre, descendants en droite ligne des bâtisseurs de cathédrales.
 
Andréa, 16 ans, est ce que les compagnons appellent " un lapin " : en clair, un débutant. Il a quitté son collège et ses parents pour faire son apprentissage comme charpentier, en internat à Tours. " A l ?école, j'étais un élève comme un autre, ici on me traite comme un homme, explique-t-il, alors j'évolue beaucoup plus vite ! ". Entre le travail en entreprise et les cours du soir, entre les rares retrouvailles avec ses parents et l'initiation aux rituels compagnonniques, nous suivrons les premiers pas d'Andréa sur les toits, et sur le long chemin des Compagnons du Devoir.
 
A l'autre bout de la route, Amandine, 24 ans, touche enfin au but. Après 6 ans de formation, la jeune tapissière réalise cette année son " chef d'oeuvre ", un travail qui doit valider son parcours et lui permettre d'être reçue comme compagnon. Son projet : une banquette monumentale qu'elle doit habiller de cuir et de tissu. " Quand je rentre de l'entreprise, je travaille tous les soirs jusqu'à 2h du matin, et 10h par jour le week-end, " avoue-t-elle. Entre espoir et coup de blues, nous l'avons suivie jusqu'au jour du verdict, devant une dizaine d'  " anciens " qui vont décider si elle est jugée digne d'être reçue Compagnon du Devoir.
 
A 20 ans, Charles, lui, est une bête de compétition. Le jeune tailleur de pierre concourt cette année aux Olympiades des métiers à Strasbourg. Chaque année, ce concours national réunit les meilleurs artisans pour élire le champion français, qui ira ensuite concourir pour le titre de champion mondial à Sao Paulo.
" Je veux me prouver ce que je vaux, explique-t-il, et me confronter aux meilleurs est le moyen le plus simple de savoir si je suis à la hauteur de mes rêves. " Nous suivrons Charles pendant son entraînement, puis aux Olympiades, où il aura deux jours et demi pour sculpter en public un bloc de pierre sur un thème imposé. Une épreuve où le talent ne suffit pas, et qui demande une endurance physique et psychologique hors du commun.
 
A 21 ans, Camille, elle, apprend la maroquinerie... à la mode britannique. Aujourd'hui, tous les Compagnons du Devoir ont l'obligation de passer un an à l'étranger, pour y apprendre d'autres méthodes de travail, mais aussi pour faire connaître les valeurs et le savoir-faire des compagnons. C'est donc dans une tannerie du Somerset qu'elle a posé ses valises. " Au début, pour me faire comprendre en Anglais, c'était un peu le langage des signes,  avoue-t-elle en riant, mais comme je travaille avec une copine française des compagnons, on s'y met à deux pour se faire comprendre !

 

 

 

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LA VIE A 3000 METRES 

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Un reportage d' Anthony Binst
Image : Thomas Van Nedervelde
Montage : Hélène Amétis (Production YUMANO)

Imaginez-vous, coupés du monde, perchés en haute montagne au coeur d'un paysage fascinant, sans personne à des dizaines de kilomètres à la ronde. Qu'ils soient pilotes de génie, cordistes évoluant au-dessus du vide, ou encore gardiens de refuge, Charles, Mathieu, Aymeric, Olivier et Alicia ont choisi ce destin : celui de vivre en altitude.
 
Charles est considéré comme l'un des meilleurs pilotes d'hélicoptère d'Europe.
A 49 ans, il dirige un chantier à l'ouest de la Suisse. Sa mission consiste à installer en pleine montagne, un télésiège de plusieurs tonnes. Au sol, les ouvriers le guident par radio et sa marge d'erreur est très faible : seulement dix centimètres Une activité à la fois périlleuse et précise.
" Ce qui est difficile avec cette machine, c'est le poids, la masse...La machine à vide, elle fait déjà sept tonnes, on se retrouve souvent avec des charges de cinq tonnes...Il y a de grosses masses en jeu... Alors ça ne demande pas mal d'expérience. "
Mais à la fin de la journée, après avoir installé treize pylônes, Charles pose son son hélicoptère, et profite du décor. " Être dans la montagne, regarder le paysage, ce petit moment de calme où il n'y a pas de bruit...Ça j'aime... "
 
A plusieurs kilomètres de là, Mathieu et Aymeric, l'un de ses collègues cordistes partent à l'assaut d'une falaise, harnachés de plusieurs kilos de matériel. " La législation nous dit quinze kilos par personne maximum. Après, il arrive qu'on ait vingt, vingt cinq, trente kilos occasionnellement... il faut avoir les épaules solides " Aujourd'hui, ils doivent effectuer la maintenance d'un parcours sportif le long d'une paroi : Une " via ferrata ". " Avec le gel, le dégel, on s'aperçoit que les cailloux éclatent... Ça c'est le problème avec la falaise. Quand tu commences, tu ne sais pas où tu t'arrêtes. Ça ne s'arrête jamais. "
Suspendus au dessus du vide, à 2400 mètres d'altitude, ils ne se lassent pas du paysage. " C'est chouette surtout là, sur le massif du Mont Blanc. C'est super beau, c'est pas donné à tout le monde. "
 
Non loin de là, juste sous le Mont Blanc, Alicia et Olivier partagent cette philosophie. Ils gardent le " plan glacier " : Un refuge spectaculaire, posé à flanc de montagne. Au-dessus d'une mer de nuages, ils prennent leur petit déjeuner. " On se prépare tout doucement, on remplit les réserves, pour affronter la foule... Si ça se trouve, il n' y aura personne, c'est la magie de plan glacier " Mais un couple de randonneurs arrive et Olivier vérifie les installations qui relèvent parfois du " système D ". Le refuge ne possède pas l'eau courante et la roche sert de canalisation. " En fait,  on a ce petit couloir qui canalise pas mal quand il y a de la pluie, tout le ruissellement. "
Un fois les visiteurs partis, Alicia et Olivier se retrouvent seuls mais ils apprécient ce moment.
" J'éprouve beaucoup de plaisir à être dans des coins calmes où il y a peu de monde autour de moi. C'est peut-être pour ça qu'on se retrouve à garder un refuge dans un coin peu fréquenté. "
C'est aussi pour cela que, comme Charles, Mathieu et Aymeric, ils ont choisi de vivre à 3000 mètres.
 

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