Rencontre avec... Bénédicte Le Chatelier

Rencontre avec... Bénédicte Le Chatelier

publié par Aurélie Binoist le 28/01/2020
«La meilleure des écoles»
Depuis septembre, Bénédicte Le Chatelier anime «Le club Le Chatelier» du lundi au vendredi, entre 14h et 16h, entourée d’une bande d’éditorialistes régulière. Fidèle à LCI depuis plus de 15 ans, elle revient sur ses débuts et son parcours au sein de la chaîne info qu’elle a vu évoluer au fil des années.
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A quel moment avez-vous su que votre vie rimerait avec info ?
Après mon stage de troisième à la Revue historique des armées. J’y étais entrée grâce à l’un de mes oncles, militaire de carrière, qui était rédacteur en chef. J’ai découvert la presse écrite et cette façon à part de raconter les histoires qui m’avait beaucoup plu. J’ai malgré tout suivi des études de droit parce que je voulais devenir juge pour enfants mais je n’étais pas très assidue. J’avais toujours gardé cette expérience dans un coin de ma tête et je me suis dit que je pourrais en faire mon métier. J’ai finalement arrêté la fac pour une école de journalisme.

Avez-vous toujours voulu faire de l’antenne ?
Non. J’ai commencé par le documentaire mais j’avais du mal à en vivre. Pour mon stage de fin d’études, j’avais fait du news à la rédaction de RFO à La Réunion. Ensuite, ils m’ont rappelée pour un contrat d’été et m’ont propulsée au 20 heures… parce qu’ils n’avaient personne d’autre pour le faire ! A mon retour en métropole en 2002, j’ai présenté le Journal des sports à Eurosport. En 2004, Jean-Claude Dassier, alors patron de LCI, m’a appelée pour un remplacement. J’ai pigé en parallèle pendant 2 ans à Eurosport et LCI pour le service des sports. Mais j’avais pris goût au news depuis mon expérience à La Réunion et je voulais en refaire. Après un test à l’été 2006, LCI m’a embauchée. A l’époque, je faisais dix journaux par jour, c’était très formateur ! Et nous testons plein de choses sur la chaîne, c’est la meilleure des écoles !

Vous animez depuis la rentrée «Le club Le Chatelier». Quel ton vouliez-vous apporter ?
On m’a souvent dit qu’il y avait une vraie qualité d’accueil dans mes émissions. Quand j’ai travaillé sur Le brunch de l’info, c’était un peu un concept de bande, et j’ai découvert que cet exercice me plaisait beaucoup. L’année dernière, lorsque j’ai évoqué mes projets avec Thierry Thuillier et Fabien Namias, ils m’ont incitée à aller dans cette direction. Dans Le club Le Chatelier, je rassemble autour de moi quasiment toujours la même équipe : Claire Fournier pour l’économie, Julien Arnaud pour la politique, Jade Partouche qui décortique les chiffres et, en alternance, Patrice Duhamel ou Olivier Mazerolle. Et chaque jour, un journaliste d’une rédaction extérieure intervient : Marie-Eve Malouines, Olivier Beaumont, Olivier Pérou, Pauline de Saint Rémy et Ava Djamshidi. Roselyne Bachelot fait la dernière demi-heure pour un duel que j’arbitre. Ils ne se connaissaient pas tous au début mais nous avons réussi à créer un vrai esprit de bande. L’émission s’articule autour de trois thématiques quotidiennes et nous créons un débat en plateau. Notre objectif : que les téléspectateurs apprennent quelque chose ou se forgent leur propre opinion sur un sujet.

Vous avez retrouvé la semaine après trois années de week-end…
Depuis mon arrivée à LCI, c’est la première fois que j’ai des horaires «normaux». Le matin, je peux déposer mes filles au bus et quand je rentre, elles viennent d’arriver. Avec deux émissions par jour - soit 4h d’antenne -, le travail était passionnant, mais je suis contente d’avoir retrouvé la semaine. Le rythme est plus confortable dans ma vie personnelle et en travaillant le week-end, j’étais en marge de la rédaction. Je ne voyais plus les autres et ça m’a manqué de ne pas avoir d’échanges. En plus, au bout de trois ans, je trouve qu’il est sain de changer pour ne pas s’enfermer. Il faut se mettre en danger, se lancer dans un nouveau projet. Le week-end, j’étais sur un ton plutôt magazine ; là, je suis dans l’actu chaude, ce n’est pas le même rythme. Faire les deux est intéressant et complémentaire.

Est-il facile de concilier actualité et vie personnelle ?
En fait, le plus difficile est de travailler en horaires décalés. Quand je faisais la matinale, je me levais à 2h du matin avec un bébé de 2 mois. Heureusement mon mari gérait. J’ai beaucoup de chance car il connaît ce milieu. Il a été d’une disponibilité absolue, sans jamais me demander d’arrêter. Mon métier impacte tout mon entourage. Si l’environnement familial n’y adhère pas, il est impossible de s’y consacrer.

Journaux, talk, interview… vous avez tout fait. Où va votre préférence ?
J’ai aussi participé à toutes les tranches horaires ! J’adore ce que je fais actuellement, à savoir être chef de bande. Mais, comme beaucoup de mes confrères, j’adore aussi les spéciales, quand un événement surgit en plein direct et qu’il faut travailler sans filet. C’est une responsabilité énorme car il faut informer honnêtement et de façon intelligible, sans commettre d’impair. On finit la journée totalement épuisé mais c’est très excitant.

Quel est votre souvenir le plus fort ?
J’en ai tellement… Hors antenne, j’ai eu la possibilité de partir en reportage sur le Charles de Gaulle en opération au large de la Syrie. J’en garde un souvenir extraordinaire. Je suis revenue avec des sujets vraiment intéressants qui sont passés sur LCI. A l’antenne, je retiens toute la période totalement folle de la présidentielle 2017, mais aussi l’affaire Strauss-Kahn, les attentats de 2015. Nous avons suivi les événements en temps réel d’autant que nous connaissions Charb qui venait régulièrement sur LCI. Un peu à l’image des médecins, nous devons parfois nous blinder. Il m’est arrivé d’être au bord des larmes sur certaines spéciales et parfois, l’émotion peut nous submerger. Je n’ai par exemple pas pu me contenir à la mort de Thierry Gilardi. J’avais travaillé avec lui et je l’aimais beaucoup. J’ai fait la matinale le lendemain de sa mort. En entrant sur le plateau, juste avant la prise d’antenne, je me suis retrouvée face à une photo de lui en 4 par 3 et j’ai craqué. Je me souviens que, entre chaque sujet, la maquilleuse venait me repoudrer parce que j’avais des larmes qui coulaient.

Vous êtes arrivée sur LCI en 2004, quelle évolution avez-vous constatée ?
LCI est une chaîne qui a eu la capacité de se remettre en question en permanence. Je l’ai vue évoluer dans le bon sens et je suis contente de ce qu’elle est devenue. Nous avons dû affronter des moments compliqués mais nous avons toujours été portés par notre direction. Quand Catherine Nayl nous a annoncé que le CSA avait accepté notre passage en gratuit, il y a eu une explosion de joie, tout le monde pleurait. Nous avons depuis prouvé que nous avions notre place car nous apportons un «truc en plus». Nous avons trouvé une couleur équilibrée qui correspond bien à notre image : celle d’une chaîne de débat et d’opinion, un créneau différent de celui de nos concurrents. Les informations brutes arrivent de toutes parts, mais je crois que les téléspectateurs savent qu’ils trouveront des pistes pour comprendre sur le canal 26. Intellectuellement, c’est très enrichissant. Et LCI a su faire venir de grandes signatures comme David Pujadas, Elizabeth Martichoux, Arlette Chabot, Patrice Duhamel, Olivier Mazerolle… c’est un signe de qualité ! Comme tout le monde, nous avons fait des erreurs, mais elles permettent aussi de grandir et d’avancer. Sur LCI, on n’hésite pas à proposer des choses. Il y a de la vie ! Je pense que cela se ressent. Pour ma part, je sais que la chaîne me fait confiance. J’y suis très heureuse.

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