H24 - Interview de Florence Coste

H24

Episode 2
Lundi 3 février à 22:05

H24 - Interview de Florence Coste

publié par Aurélie Binoist le 14/01/2020
«L’hôpital est devenu comme ma deuxième maison»
Dès la première lecture du scénario, Florence Coste a été touchée par son personnage, une jeune femme au tempérament de feu qui fait ses débuts à l’hôpital. Infirmière dévouée et mère d’un petit garçon qu’elle élève seule, Tiphaine cache un lourd secret à son entourage…
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Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
J’ai beaucoup aimé mon personnage parce qu’il m’offrait une large palette de jeu. Pour les auditions, je n’avais que trois scènes à défendre mais elles étaient déjà pleines d’enjeu. Et globalement, c’est le cas dans tous les épisodes ! Je trouvais intéressant qu’il s’agisse d’une série médicale car ce type de série, centrée sur l’humain, est passionnant. On voit les personnages dans de vrais moments d’émotion et de vérité parce qu’ils vivent des instants décisifs. Je suis d’ailleurs une fan de la première heure de Grey’s Anatomy.

Il s’agit de votre premier rôle-titre. Avez-vous ressenti une pression supplémentaire ?
Un peu, mais c’était surtout hyper motivant ! Défendre un rôle aussi intéressant et avoir le temps de l’installer sur trois mois du tournage était un vrai plaisir. En plus, les autres comédiennes avaient beaucoup plus d’expérience que moi. J’ai vu l’occasion de jouer avec elles comme une chance. Et si les femmes sont à l’honneur dans la série, nous sommes aussi accompagnées d’hommes super.

Comment décririez-vous Tiphaine ?
J’ai instantanément eu beaucoup de sympathie pour ce personnage. Je la trouve courageuse, forte et très attachante. Elle débute à l’hôpital après son stage. Révoltée et insoumise, elle a un fort caractère et a du mal à suivre les règles. Elle dit ce qu’elle pense, sans se soucier de la hiérarchie. Dévouée à son travail, dans l’empathie avec ses patients, elle peut parfois dépasser les bornes mais toujours dans leur intérêt. Tiphaine est à une étape charnière de sa vie parce qu’elle s’apprête à opérer un gros changement. Car si elle est maman d’un petit garçon, elle est également call girl pour payer ses études d’infirmière. Je me suis raconté une histoire pour expliquer cette double vie, m’imaginant qu’elle n’avait plus aucun contact avec sa famille et pas d’autre choix pour subvenir seule à ses besoins avec un fils à charge. Obligée de cacher ses activités parallèles, elle est assez secrète et sauvage. Mais elle trouve une vraie famille à l’hôpital. Avec Gabrielle, sorte de figure maternelle, mais aussi avec Florence et Sofia, elles forment un groupe très soudé. Durant mon stage à l’hôpital, j’ai été marqué par la solidarité qui règne entre les infirmières et j’ai vraiment eu envie de la retranscrire.

Vous êtes-vous rapidement sentie à l’aise dans le rôle d’une infirmière ?
Pendant mon immersion à l’hôpital, j’ai pu vivre la réalité des infirmiers et des médecins, observer leur positionnement face aux patients. Ils se montrent rassurants, sans prendre les choses à la légère. Ils conservent aussi beaucoup d’humour et d’humanité pour désamorcer les situations. C’est beau à voir. Ce stage m’a beaucoup aidée pour mon personnage. Pourtant, mon début d’immersion a été un peu difficile. J’étais euphorique car j’étais très heureuse d’y aller mais j’ai failli faire un malaise à la première prise de sang car la personne était complètement paniquée. J’ai dû sortir de la pièce et je me suis dit que j’étais vraiment mal partie ! Finalement, après, je me réveillais à 4h du matin pour voir des patients ensanglantés sans sourciller. C’était passionnant. Concernant les gestes techniques, un infirmier adorable m’a laissé lui faire une prise de sang. Il m’a dit que je piquais bien mieux que certains étudiants de première année ! Et pendant le tournage, un conseiller médical nous aidait afin de faire les gestes corrects pendant les manipulations. C’était important pour moi d’être crédible. Nous représentions les infirmières et nous leur devions de bien le faire !

Comment vous êtes-vous glissée dans la peau d’une call girl ?
J’ai finalement eu assez peu de scènes dans ce registre mais j’ai aimé avoir cette double casquette. C’était assez plaisant car ça m’a forcé à puiser dans un autre registre que j’ai aimé explorer. Call girl, infirmière, maman… on se demande vraiment qui est cette fille. Ça la rend intrigante. Je pense que nous portons tous en nous différentes facettes : certaines ressortent plus ou moins en fonction des situations et des personnes que l’on croise. Et même si elle a vraiment envie de changer de vie, Tiphaine n’arrive pas facilement à mettre un terme à sa relation avec son client régulier car un lien s’est créé entre eux malgré elle. Jouer cette ambiguïté m’intéressait. J’ai parlé avec plusieurs personnes de ce milieu et j’ai le sentiment que son histoire n’est pas si éloignée de la réalité de certaines jeunes femmes. Détail amusant : j’ai pensé que je devais m’entretenir physiquement pour entrer dans la peau d’une call gril. J’ai surveillé mon alimentation, fait du sport… Comme j’ai fait les scènes en corset à la fin du tournage, j’ai dû tenir jusqu’au bout. J’ai pensé que j’allais me jeter sur la nourriture ensuite mais en fait, j’ai juste pris de nouvelles habitudes. Depuis, je mange sainement !

Avez-vous regardé la version originale dont «H24» est inspirée ?
Au départ, je ne voulais pas car j’avais peur d’être influencée mais j’ai fini par craquer ! En termes d’histoire, c’est assez fidèle. Mais l’atmosphère est très différente. La version finlandaise a un côté nordique, un peu froid. J’ai beaucoup aimé les intrigues et les personnages. Au final, regarder la version originale ne m’a pas perturbée.

Quels souvenirs conservez-vous du tournage ?
J’ai adoré ce tournage. C’était mon premier rôle si important et l’équipe était super. J’étais très heureuse d’être sur le plateau. Au bout d’un moment, l’hôpital est devenu ma deuxième maison ! Avec les autres comédiennes, nous avons eu le temps pour nous trouver. Tout a été assez fluide et nous avons pu jouer une complicité formidable. Je l’avais déjà senti au théâtre mais c’était la première fois en télévision. J’ai été très touchée par Liliane Rovère. Je n’avais pas grand-chose à faire à part recevoir ce qu’elle me donnait. C’était très inspirant. Ma scène préférée est celle où j’explose contre le docteur Amyot, un très bon chirurgien mais qui se montre parfois brutal avec ses patients ce qui révolte mon personnage. J’ai adoré tout lâcher ! C’est d’ailleurs assez drôle parce que nous avons des rapports assez conflictuels dans la série alors que j’adore son interprète, David Baiot. Mais mon plus grand fou rire reste une scène lunaire avec Pascal Légitimus. Son personnage vient pour un problème pour le moins original !

Florence Coste est actuellement dans la pièce Les passagers de l’aube au théâtre XIII jusqu’au 9 février.