Rencontre avec... - Interview de Elizabeth Martichoux

Rencontre avec... - Interview de Elizabeth Martichoux

publié par Aurélie Binoist le 24/06/2020
«Débusquer l’information derrière la communication»
Figure emblématique de RTL durant des années, Elizabeth Martichoux est devenue l’intervieweuse politique de «la Matinale» de Pascale de La Tour du Pin (6h-9h) en septembre dernier. Un nouvel univers dans lequel cette passionnée a rapidement trouvé sa place.
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Comment vous est venue votre vocation pour le journalisme ?
Je me suis prise de passion pour le journalisme dès l’adolescence. J’étais curieuse de nature et très vorace d’information, ce qui m’a naturellement conduite vers ce métier. Ensuite, j’ai fait des études de lettres puis intégré une école de journalisme pour y parvenir. Ma passion initiale allait vers le reportage mais je me suis rapidement orientée vers la présentation.

Et quand vous êtes-vous plus spécifiquement intéressée à la politique ?
Il s’agit d’une vocation tardive ! J’ai fait l’essentiel de ma carrière à la présentation, une fonction transversale qui s’intéresse à toutes les catégories de l’information, du sport à l’international en passant par les faits divers. Or, dans notre pays, l’information est assez politique, en lien avec la passion des Français. J’ai rapidement manifesté un réel intérêt pour ce domaine sans en faire une spécialité. Un jour, alors que je n’avais jamais fait de journalisme politique à proprement parler, RTL m’a proposé de prendre la tête du service politique. Mes patrons de l’époque avaient cru déceler dans mes interviews un goût particulier. Ils avaient raison ! Ensuite, tout s’est enchaîné très vite pour moi avec la présentation du Grand Jury et L’interview politique.

Comment appréhendez-vous votre rôle d’intervieweuse politique ?
Une grosse partie du travail consiste à trouver le bon invité au bon moment. Le paysage est extrêmement concurrentiel, et le mot est faible ! Pour créer des liens de confiance, il faut construire un bon relationnel et faire preuve d’une grande force de persuasion. Ce métier nécessite donc beaucoup d’anticipation mais aussi de la réactivité car l’actualité peut être bouleversée à tout moment. Ensuite, il y a l’exercice même de l’interview. Je préfère en connaître le maximum sur un sujet pour être à l’aise. Il faut savoir s’adapter et avoir la souplesse de suivre le raisonnement de la personne face à vous. J’aime les interviews un peu techniques. Je n’ai par exemple pas peur d’ouvrir des dossiers pour les décortiquer : cela permet de répondre à des questions concrètes alors que la politique peut être microcosmique. D’autre part, nous ne sommes pas là pour briller : la question en soi importe peu, mais il faut la construire pour obtenir une réponse intéressante. Notre but est de repousser nos interlocuteurs dans leurs derniers retranchements, d’aller derrière le miroir pour débusquer l’information derrière la communication du discours.

Dans cet exercice, a-t-on parfois peur de paraître trop agressif ?
L’agressivité est totalement proscrite, d’autant qu’elle est très vite perçue comme gratuite. En revanche, il faut se garder de toute complaisance et ne pas avoir peur de déplaire au risque de ne pas poser les questions qui dérangent. On peut tout demander à partir du moment où on le fait sans agressivité. Nos interlocuteurs peuvent parfois se montrer très doués pour ne pas répondre ! Il faut veiller à obtenir sa réponse mais aussi savoir quand lâcher prise, quitte à le souligner oralement. Les téléspectateurs ne sont pas dupes. Et puis, on court toujours après le temps. J’ai beaucoup de chance à LCI de bénéficier de 20 mn d’interview après en avoir seulement eu 10 pendant des années. C’est un bonheur car cela permet d’aborder plusieurs sujets.

Vous êtes arrivée en septembre dernier sur LCI pour l’interview politique de «la Matinale». Comment s’est passée votre transition entre radio et télévision ?
Je me suis demandé si la radio me manquerait mais il s’agit finalement du même exercice et l’exigence est identique. En télévision, le support de l’image est très agréable et permet de faire passer plus de messages. Avoir des audiences quotidiennes est assez différent de la radio où elles ne sont communiquées qu’une fois par trimestre. Cela permet d’ajuster, de réfléchir. Par ailleurs, LCI est une boîte stimulante et dynamique avec des circuits courts. Il y a une grande liberté et j’y ai gagné en énergie. Tout le monde est très opérationnel et très concentré.

Avez-vous facilement trouvé votre place dans «la Matinale» ?
Je me considère comme partie prenante de l’émission, même si l’interview politique est un exercice qui tranche un peu avec le reste. J’échange en permanence avec l’équipe : Fabien Namias, Valérie Nataf, Bastien Morassi ou encore Pascale de La Tour du Pin qui est pleine d’énergie et avec laquelle je m’entends très bien. Faire partie de ce collectif du matin est très agréable. Sur la même longueur d’onde, nous nous stimulons les uns les autres. Plus globalement, je considère qu’il est indispensable à LCI d’avoir une continuité éditoriale entre nos émissions et de nous soutenir en permanence les uns les autres. Nous sommes partie d’un tout.

Vous intervenez également comme éditorialiste dans l’émission de David Pujadas…
J’adore cette émission dont la ligne éditoriale est remarquable. Les équipes réfléchissent, vont chercher des thèmes qui sortent de l’ordinaire et permettent d’apprendre des choses à chaque fois. J’y participe avec application deux fois par semaine. En interviewant des hommes politiques chaque semaine dans La Matinale, je ne suis pas aussi libre qu’un polémiste pourrait l’être pour exprimer mon point de vue. Néanmoins, je peux adopter un parti pris et l’expliquer. C’est intéressant de construire une démonstration sur un sujet. Cette autre activité est très vivifiante et me permet d’être plus associée à la vie de LCI. J’en suis très heureuse.

 

 

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