Demain nous appartient - Interview de Julie Debazac

Demain nous appartient - Interview de Julie Debazac

publié par Karelle Bourgueil le 26/05/2020
«Aurore a un profond besoin de justice»
Après avoir traversé une crise familiale qui a mis en péril sa vie de couple, Aurore Jacob est confrontée à une enquête particulièrement délicate. Un violeur sévit à Sète et ses divergences d’opinion avec le commandant Constant rendent l’enquête d’autant plus délicate. Julie Debazac, qui s’apprête à reprendre le tournage après deux mois d’arrêt, lève le voile sur cette nouvelle intrigue.
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A quoi votre personnage est-il confronté dans ces nouveaux épisodes ?
Aurore se retrouve à traquer un violeur en série après avoir recueilli le témoignage d’Amanda Faro. Elle l’accueille avec beaucoup de douceur, d’écoute et d’attention. Très engagée, Aurore s’investit beaucoup dans l’enquête. Elle exprime une forme de colère et d’acharnement à retrouver le coupable. Etre flic offre différents terrains de jeux à mon personnage. Même si le sujet est un peu difficile, il est intéressant de voir comment Aurore réagit, comment elle se positionne face aux événements et comment elle enquête. J’ai apprécié sa détermination et jouer ce rôle de confidente et d’oreille attentive auprès de la victime. 

Le commandant Constant émet des doutes sur la sincérité de ce témoignage. Quelle est la réaction d’Aurore ?
Instinctive, elle réagit assez violemment. Par exemple, le moindre mot de travers évoquant qu’un comportement de la victime puisse être une des causes du viol la rend dingue. Aurore soutient Amanda et loue son courage d’être venue témoigner. Avec Franck Monsigny, on a essayé d’apporter de la nuance sur les divergences d’opinion entre le commandant Constant et Aurore pour ne pas mettre trop de sexisme dans cette opposition.

Comment expliquez-vous leur désaccord ?
Aurore a un profond besoin de justice. C’est ancré dans son caractère et c’est aussi pour cela qu’elle exerce ce métier. Elle aime que les choses soient claires et identifiées. Plus qu’une divergence d’opinion, la confrontation entre Aurore et le commandant Constant vient du fait d’utiliser les bons mots pour évoquer les événements. Même s’il s’agit de son supérieur hiérarchique, comme à son habitude, Aurore est déterminée, tenace et ne lâche rien.

Maman de deux adolescentes, Aurore met-elle des choses en place pour les protéger ?
Elle engage le dialogue, une notion d’éducation qu’elle partage avec son mari. Cela avait déjà été le cas lorsque leur famille avait été très éprouvée par un corbeau. Elle les informe qu’elle est sur une affaire complexe et qu’elles doivent faire attention lors de leurs trajets au lycée. Moi-même maman de trois filles, je les ai alertées sur le sujet. Ce n’est pas pour leur faire peur mais pour qu’à tout âge, elles soient vigilantes.

Où en est Aurore dans son couple après la crise familiale qu’elle a récemment traversée ?
C’est un statu quo. La situation est un peu en stand-by. Un amour très fort l’unit à son mari et peut-être que la tempête qu’ils ont traversée va les rendre plus forts. Mais on n’a pas encore assisté à de grandes retrouvailles ! Il va y avoir une amorce de détente avec leur fille Manon qui va s’impliquer dans un projet de protection de la planète au lycée. Cet engagement va amener des scènes plus légères, assez drôles. C’est un sujet d’actualité que je trouve très important d’aborder notamment à travers les jeunes. C’est une prise de conscience essentielle.

Que peut-on souhaiter à votre personnage pour la suite ?
Un peu de sérénité, mais pas trop ! Et surtout de l’humour, c’est notamment important en ces temps de crise. Je lui souhaite aussi plein d’aventures, de l’énergie, de la perspicacité, de l’audace et des cascades car même si c’est un peu dangereux, j’aime bien jouer les flics !

Habituée à un rythme de tournage très soutenu, comment avez-vous vécu ce break de deux mois ?
Arrêter net était étrange. Mais en même temps, ça m’a fait beaucoup de bien car j’ai pu recharger les batteries. J’en avais vraiment besoin. Je me suis posée, j’ai retrouvé un rythme de sommeil plus adapté. J’en ai profité pour faire la cuisine, l’école à la maison… Moi qui aime les changements de rôle, j’ai été gâtée ! Voir les choses positivement est dans ma nature. Je l’ai pris comme une nouvelle aventure. Ce n’était pas des vacances mais une parenthèse qui m’a permis de passer plus de temps avec mes enfants. J’ai aussi créé de nouveaux liens avec mes voisins. Je suis toujours curieuse de ces nouvelles expériences. Et même s’il y a un côté assez anxiogène, aujourd’hui j’en sors finalement reposée.

Le tournage de «Demain nous appartient» a repris progressivement depuis le lundi 18 mai. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je me sens très sereine et très heureuse. On a une chance colossale de pouvoir reprendre le tournage. Repartir sur la série m’enchante. J’ai confiance en la production. Tout un protocole a été mis en place pour le Covid 19. On va faire ce que l’on peut avec la chaleur et les masques. Cela apporte forcément quelques contraintes mais comme tout dans la vie. J’attends les annonces du gouvernement et je nous souhaite à tous que l’épidémie ne connaisse pas de deuxième grosse vague.