La bataille de Notre-Dame - Interviews de David Pujadas et Emilie Lançon

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La bataille de Notre Dame
Samedi 14 décembre à 13:30

La bataille de Notre-Dame - Interviews de David Pujadas et Emilie Lançon

publié par Karelle Bourgueil le 26/11/2019
«Les pompiers tiennent le rôle principal»
Le 15 avril 2019, un incendie se déclare dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris plongeant tous les spectateurs de ce drame dans la stupeur. Plus de 650 pompiers sont mobilisés et livrent bataille contre cet effroyable brasier. A travers des témoignages exclusifs et des images inédites, «La bataille de Notre-Dame» racontent les dessous de ce combat épique suivi en direct dans le monde entier. David Pujadas, producteur de ce documentaire inédit, et Emilie Lançon, réalisatrice, reviennent sur la génèse de ce projet et l’incroyable bataille menée par les soldats du feu.
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Comment vous est venue l’idée de raconter cet événement à travers le regard des pompiers ?
David Pujadas 
: L’idée a germé quelques jours après le drame. Un pompier, rencontré un peu par hasard, évoquait avec moi «la part du feu», une notion dont je n’avais jamais entendu parler. J’avais écouté des récits de cette nuit-là sur l’héroïsme, l’engagement, mais je n’avais pas en tête la dimension tactique. Quelques jours après, à la remise de légion d’honneur de Michel Houellebecq à l’Elysée, j’entends Emmanuel Macron évoquer la nuit de Notre-Dame et il raconte comment le chef des pompiers, le Général Gallet, est venu le voir et lui a soumis un plan similaire à ceux élaborés lorsqu’il s’agit d’aller libérer des otages à l’autre bout du monde. Je réalise alors combien ce combat contre le feu ressemble à une bataille militaire avec l’élaboration de stratégies. C’est ainsi qu’est née l’idée de cet angle et que l’on a intitulé ce film La bataille de Notre-Dame. Les pompiers y tiennent le rôle principal.
Emilie Lançon : J’ai rencontré une trentaine de pompiers pour préparer ce film. L’idée était aussi de raconter certains éléments qui n’avaient jamais été évoqués : l’effet de souffle qui ferme brutalement les portes et bloque les pompiers à l’intérieur ou encore la chute du chef de commando dans le beffroi Nord qui aurait pu lui coûter la vie. On a essayé de mettre l’accent sur les aspects qui nous semblaient les plus marquants et les plus emblématiques.

 

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D’où viennent ces images inédites ?
D.P. 
: Il a fallu négocier avec les pompiers à la fois pour récupérer leurs témoignages et leurs images. Ils ont été assaillis de demandes qu’ils ont toutes refusées. Grâce au contact noué avec eux et à la cohérence de notre projet, nous avons réussi à les convaincre de coopérer. Ainsi, nous avons obtenu des images inédites présentes dans le film, notamment aériennes, très impressionnantes. Nous avons également récupéré auprès de l’Elysée les images avec Emmanuel Macron et le Général Gallet dans ce moment si crucial.
E.L. : Nous avions vraiment l’ambition de faire un récit des coulisses en partageant ce que nous avions découvert au fil de conversations et d’images exclusives. Elles offrent l’occasion de comprendre, de réaliser et de vivre ce qui s’est joué ce soir-là.

Qu’est-ce qui vous a marqué chez ces soldats du feu ?
D.P. 
: Ils nous ont fait confiance et nous ont laissé une liberté totale. De nombreux intervenants se sont accaparé le récit de cet incendie. C’était certainement important pour eux de raconter leur propre version de l’histoire.
E.L. : Au cours des interviews, les pompiers ne voulaient surtout pas se mettre en avant. Ils sont très soucieux de leur cohésion interne et ne veulent pas apparaître comme des héros. Ils sont d’une humilité assez incroyable. Ils pensaient partir pour un feu naissant et se sont rendu compte qu’il était extrêmement développé. Ils étaient aux premières loges. Faire vivre leurs émotions lors de cette aventure incroyable était primordial.

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Quels souvenirs gardez-vous de cette journée du 15 avril 2019 ?
D.P
 : J’étais à l’antenne en attente de l’allocution d’Emmanuel Macron post-gilets jaunes. C’était l’événement politique du jour. Nous étions complètement focalisés dessus. A l’oreillette, on m’informe d’un petit incendie à Notre-Dame. Un présentateur de LCI, Damien Givelet, se trouvait par hasard sur place et l’on décide de faire un petit insert. La situation prend de l’ampleur avec les flammes, l’arrivée en masse des pompiers et de la foule et l’on se retrouve dans le même état d’esprit qu’Anne Hidalgo et que les pompiers de la caserne d’à côté en se disant Notre-Dame ne peut pas brûler. Puis, petit à petit, on bascule sur une spéciale Notre-Dame et on commence à commenter ces images. Je garde un souvenir assez étonnant du télescopage de ces deux événements et de cette incrédulité à voir Notre-Dame partir en fumée, la même incrédulité que les témoins dans le film.

Un mot de Pascal Pinning, directeur des magazines de l’Information de TF1
«L’approche éditoriale de Particules Productions pour relater la bataille de Notre-Dame nous a immédiatement séduits : découvrir les coulisses de ce combat, racontées notamment par celles et ceux qui ont risqué leur vie pour sauver un fleuron de notre patrimoine. Le résultat ne nous a pas déçus. Ce film est fort en émotion, riche d’images jamais vues et de témoignages jamais entendus. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de le programmer dans la case Grands Reportages qui réunit chaque week-end entre 3,5 et 4 millions de téléspectateurs.»