LE BAZAR DE LA CHARITÉ - LES AUTRES PERSONNAGES...

Le bazar de la charité

Episode 5
Lundi 2 décembre à 21:05

LE BAZAR DE LA CHARITÉ - LES AUTRES PERSONNAGES...

publié par Aurélie Binoist le 05/11/2019
Les personnages présentés par leurs comédiens
Parents, amants ou hommes de loi, ils jouent tous un rôle dans le destin des héroïnes du Bazar de la Charité. Explications avec leurs interprètes.
le_bazar_de_la_charite.jpg

François-David Cardonnel est Hugues Chaville
Journaliste pour le quotidien La Chouette, Hugues Chaville est prêt à tout pour découvrir la vérité sur l’origine de l’incendie. Amant d’Adrienne, il va l’aider à retrouver sa fille et à s’émanciper de son mari.

fx_cardonnel.jpg

«J’aime beaucoup l’histoire. Tourner un film dans le Paris du XIXe siècle m’a tout de suite attiré. Ensuite, j’ai été captivé par le scénario et j’ai vraiment aimé mon personnage car il a ses propres enjeux à défendre. Hugues Chaville est un journaliste constamment à la recherche de la vérité. C’est un type de son époque, mais il est assez moderne dans sa manière d’être, dans sa vision des rapports homme/femme notamment. Sa liaison avec Adrienne de Lenverpré le place dans une situation délicate parce qu’il est tiraillé entre sa carrière et ce qu’il pense devoir faire pour être un homme bien.

Pour l’interpréter, il a fallu que je me fasse à mes vêtements. Entrer dans la peau d’un personnage est toujours plus facile en enfilant un costume, mais je n’étais pas complètement à l’aise et je ne me sentais pas à mon avantage. Je pense que ça apporte beaucoup à mon jeu.

Je connaissais cette période car l’architecture me passionne et qu’elle est assez fascinante au XIXe siècle, notamment à Paris. J’ai malgré tout lu des livres sur cette époque pour mieux m’en imprégner et je me suis renseigné sur le parcours d’un journaliste. J’ai appris que la profession s’était démocratisée à la fin du XIXe. Travailler sur cette nouvelle catégorie de journalistes, plus populaires, était vraiment intéressant.

J’ai tourné l’essentiel de mes scènes avec Audrey Fleurot. C’est une comédienne généreuse, très à l’écoute. Nous avons eu plusieurs séquences dans l’appartement de Chaville, uniquement avec elle et le réalisateur. Ça a été un travail très enrichissant qui nous a permis de nous focaliser sur nos personnages. Je me souviens aussi de séquences sur les quais de Seine : se retrouver au milieu du décor avec tous les figurants en costume et les chevaux apportait une étrange impression de voyage dans le temps dont je me souviendrai longtemps.»

Antoine Duléry est Auguste de Jeansin
Curieux et légèrement excentrique, Auguste de Jeansin est passionné par les innovations du XIXe siècle, notamment par le cinématographe. Mais de mauvais placements financiers l’ont totalement ruiné. Il compte sur le mariage de sa fille aînée Alice avec un bon parti pour s’en sortir.

antoine_dulery.jpg

«J’ai trouvé le scénario très habile et l’histoire était traitée de manière moderne, trouvant de vraies résonnances avec notre époque, notamment concernant l’émancipation des femmes.

Acculé parce qu’il a perdu tout son argent, Auguste de Jeansin veut forcer sa fille à faire un mariage arrangé mais il culpabilise et est tiraillé de toutes parts. Il dit des choses, en pense d’autres... C’est un personnage à la fois lâche et attachant très intéressant pour un comédien parce qu’il offre plein de nuances différentes à jouer en sous-texte. Il y a une vraie évolution tout au long des épisodes et il finira par trouver une sorte de rédemption, un peu à l’image d’une tragédie grecque.

Jouer en costume est assez jouissif, cela réveille notre âme d’enfant. Le col dur des habits d’époque apporte un maintien différent, il crée des contraintes qui nous obligent à devenir un autre. J’étais ravi de retrouver Florence Pernel, nous nous connaissons bien – nos fils sont même amis – et nous avons souvent été mariés à l’écran. En revanche, je ne connaissais pas Camille Lou mais elle apporte une émotion incroyable à son personnage.

Des projets de cette ampleur avec de telles destinées et des moyens qui permettent de reconstituer une époque sont assez rares dans le paysage audiovisuel français. Quand je vois le résultat, je me dis que nous avons beaucoup de chance d’y avoir contribué et je suis très fier d’y avoir participé. Je sais déjà qu’il fait partie des belles choses que j’aurais faites au cours de ma carrière !»

Florence Pernel est Mathilde de Jeansin
Mathilde de Jeansin est la sœur d’Adrienne de Lenverpré. Epouse dévouée, elle a toujours soutenu son mari. Mais pour le bien de sa fille, elle va être amenée à sortir de sa réserve.

florence_pernel.jpg

«Nous avons la chance d’avoir une histoire et une littérature extrêmement riches, je suis contente quand la fiction française s’en empare. Je connaissais l’incendie du Bazar de la Charité pour avoir lu il y a longtemps une nouvelle de Paul Morand qui l’évoquait. J’étais ravie à l’idée de participer à un film en costume car être immergé dans une époque est toujours très excitant.

Le personnage de Mathilde s’est révélé à moi petit à petit. A première vue, elle est douce et en retrait. Comme la plupart des femmes de son époque, elle n’a pas fait un mariage d’amour et est sous la coupe de son mari. Mais elle va réussir à l’influencer et à faire changer le cours des événements. En prenant conscience de la situation épouvantable dans laquelle elle met sa fille, elle est prête à tout sacrifier pour son bonheur. C’est un geste d’amour maternel formidable mais aussi un geste de femme libre. Pour moi, Mathilde est une féministe en sourdine. Pendant le tournage, nous lui avons ajouté cette détermination et cette force de caractère. Elle est finalement très moderne. Situer l’action à la fin du XIXe tout en faisant un film d’une grande modernité était le souhait des auteurs, de la productrice et du réalisateur.

Sur le plateau, j’ai découvert Alexandre Laurent, un metteur en scène inventif, intuitif et qui ne lâche rien. C’est un fou génial, un pur artiste et j’ai adoré travailler avec lui. Au final, il a réalisé une magnifique histoire romanesque, du pain béni pour un comédien. Trouver un rôle de cette envergure n’est pas si évident et faire partie de cette série innovante et audacieuse était un immense plaisir.»

Victor Meutelet est Victor Minville
Cet ouvrier idéaliste va se comporter en héros au moment de l’incendie, sauvant Alice au péril de sa vie. Mais aux yeux des autorités, ce jeune anarchiste se révèlera être le coupable idéal de l’attentat supposé du Bazar de la Charité.

victor_meutelet_ok.jpg

«Dès le début, j’ai senti qu’il s’agissait d’un projet particulièrement ambitieux. C’était la première fois que je lisais un scénario avec de tels enjeux dans la mise en scène, les effets spéciaux ou les décors. J’ai tout de suite eu envie d’y participer. Quant à mon personnage, entre l’enquête policière et sa romance avec Alice, il me permettait de jouer différents registres. Je ne voulais pas en faire une caricature de l’anarchiste qui hait tous les bourgeois et les aristocrates mais au contraire lui apporter une certaine ambiguïté dans son rapport à la richesse.

Le plus impressionnant pour moi reste le tournage de l’incendie. Le film comporte des effets spéciaux numériques ajoutés en post-production mais il y avait déjà beaucoup de feu en vrai sur le plateau. Quand les vannes s’ouvraient pour déclencher les flammes dans les studios de Bry-sur-Marne, la chaleur montait d’un coup et nous mettait tout de suite dans l’ambiance ! Si nous avions tourné sur fond vert, j’aurais dû tout imaginer. Dans ces conditions, je n’avais finalement presque plus rien à jouer et quand je portais Camille Lou, il fallait vraiment que je fasse attention aux flammes pour ne pas lui brûler les cheveux ! C’était à la fois plus facile et plus intense.

Le petit défi sur ce projet était de réussir à se remettre dans l’énergie d’une scène, parfois commencée presque deux mois plus tôt. Mais c’était super de travailler avec un réalisateur aussi impliqué, voire habité, qu’Alexandre Laurent. Production, chaîne, comédiens… tout le monde était totalement investi ce qui donnait forcément envie d’entrer dans la même boucle vertueuse. Maintenant, je suis impatient de regarder ma prestation et de voir l’accueil que le public réservera au film.»

Sylvain Dieuaide est Henri de la Trémoille
Henri de la Trémoille a épousé Odette Huchon pour son argent, en échange de sa particule. Il délaisse totalement sa femme et son fils, préférant jouir de tous les plaisirs de la vie. Mais la femme qu’il retrouve après l’incendie est bien différente de celle qu’il connaît…

sylvain_dieuaide.jpg

«Henri de la Trémoille est un personnage un peu particulier. Il n’est vraiment pas sympathique et, dès la lecture du scénario, beaucoup de violence se dégageait de lui. On ne sait jamais vraiment ce qu’il a dans la tête. C’est une sorte de pervers, un personnage inquiétant et dangereux, mais il fallait pouvoir s’en amuser et trouver des soupapes un peu plus légères. Je savais que j’allais pouvoir travailler dans cette direction avec le réalisateur Alexandre Laurent parce qu’il m’avait parlé d’un personnage dans le même esprit que le Jack Sparrow de Pirates des Caraïbes. Encouragés par la production, nous avons totalement assumé son côté sombre. Nous en avons fait un dandy, un décadent, avec une tenue, une manière de parler particulière… Mais on ne naît pas pervers, on le devient. A mon sens, Henri de la Trémouille a juste un sens de la normalité complètement décalé. Penser qu’il se croit normal m’amusait énormément. C’est aussi ce qui était plaisant à jouer. Je pense que dans le film, ce personnage devrait surprendre car il n’est pas attendu.

Je connaissais un peu Josiane Balasko parce que je connais sa fille depuis très longtemps mais nous n’avions jamais joué ensemble. J’étais ravi de pouvoir lui donner la réplique et cela reste un souvenir assez extraordinaire. J’ai en quelque sorte commencé le tournage par la fin car mon premier jour - qui était aussi le premier de Julie de Bona - correspondait à la dernière séquence de mon personnage dans le film. J’ai tout de suite été rassuré de voir la concentration et l’intensité qu’elle a données dans cette première prise. Cette exigence ne s’est jamais démentie par la suite et je l’ai retrouvée dans chacun des acteurs de ce projet.» 

Stéphane Guillon est Célestin Hennion
Chef de la sûreté de Paris, ce policier intègre et proche des milieux populaires ne compte pas se laisser influencer dans son enquête sur l’origine de l’incendie du Bazar de la Charité.

stephane_guillon_ok.jpg

«En tant qu’auteur, j’ai souvent un problème avec les dialogues des autres, mais j’ai trouvé ceux de cette fiction très bien écrits. Le personnage d’Hennion m’a intéressé car il y avait une blessure, une faille en lui. C’est un personnage assez sombre, qui a vécu un grand chagrin d’amour et n’a de cesse, envers et contre tout, de trouver la vérité pour survivre. Sa rigueur et sa droiture m’ont vraiment séduit.

Nous avons eu la chance d’avoir à chaque poste des personnes de très grand talent et j’avais toujours le sentiment d’être avec les meilleurs ! On le doit sûrement à l’exigence d’Iris Bucher, la productrice. Ma rencontre avec la costumière a été déterminante car elle m’a donné comme référence Peaky Blinders, une série que j’adore. S’en inspirer permettait à la fois de respecter l’époque et d’apporter une touche de modernité aux costumes en évitant les chapeaux, les cols durs… Plus globalement, tout ce qui pourrait paraître rébarbatif dans une série historique a été gommé grâce au travail sur les costumes mais aussi grâce à la direction d’acteur, la modernité des dialogues ou encore la musique. Pour la première fois dans ma vie d’acteur, j’ai eu la sensation d’incarner instantanément le personnage. On parle beaucoup des comédiens mais il ne faut pas oublier le réalisateur et les techniciens, qui portent le film à bout de bras du premier au dernier jour. Les avoir vu travailler au quotidien dans le plaisir et la bonne humeur malgré les conditions parfois difficiles force le respect.»

Gilles Cohen est le préfet Leblanc
Pour conserver sa place, le préfet Leblanc veut démêler au plus vite le mystère de l’incendie, pressé par le pouvoir et l’opinion publique qui demande des réponses. Mais le fera-t-il en dépit de la vérité ?

«Le préfet Leblanc est un personnage au caractère bien trempé, assez droit et dur, qui représente la loi. Il reste en lien avec Marc-Antoine de Lenverpré par opportunisme parce qu’il espère ainsi se rapprocher du pouvoir et monter rapidement les échelons. Un rôle proche de celui que je joue dans Le bureau des légendes, je joue le même genre de rôle puisque je suis le directeur des renseignements.

gilles_cohen.jpg
 

Je suis un passionné d’histoire. Mon personnage est inspiré du préfet Lépine qui a vraiment existé et a beaucoup fait pour la ville de Paris. Il s’est notamment occupé de la gestion des manifestations des anarchistes et des syndicalistes, très nombreuses à l’époque. Il est resté célèbre dans la mémoire de la police parisienne pour avoir contribué à la structurer. Quand je travaille mes personnages, je m’implique totalement, même s’il s’agit de rôles secondaires, parce que je trouve important de leur apporter de l’épaisseur. J’ai donc fait un vrai travail de documentation, de recherche pour trouver la bonne silhouette à adopter. J’ai ainsi souhaité qu’il marche avec une canne car je trouve qu’elle symbolise la force et l’autorité.

Interpréter ce rôle n’a été que du plaisir et j’étais ravi de retrouver sur le plateau Antoine Duléry, un vieux copain d’école, grand cinéphile comme moi.»