LE BAZAR DE LA CHARITÉ - LES DÉCORS...

LE BAZAR DE LA CHARITÉ - LES DÉCORS...

publié par Aurélie Binoist le 28/10/2019
Au feu !
Parmi les défis qu’il a dû relever, Hervé Gallet, le chef décorateur, a supervisé les décors intérieurs du Bazar pour l’incendie. Dans cette lourde tâche, il s’est entouré d’Yves Domenjoud, spécialiste en effets spéciaux réels pour le studio Les Versaillais.
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Des flammes réelles…
Hervé Gallet :
«L’intérieur du Bazar de la Charité a été reconstitué dans les studios de Bry-sur-Marne. Tout ce qui était structurel a reçu un traitement spécial. Nous avons aussi ajouté du placo résistant à la chaleur. Nous avons travaillé avec Yves Domenjoud. Pour moi, c’est le meilleur ! On a pu faire du feu très vite et très fort. En réalisant un maximum de choses en direct, il y avait ensuite moins de travail en post-production pour les effets visuels numériques. Je pense que c’est forcément positif pour le rendu. Sur le plateau, les acteurs avaient chaud, ils vivaient vraiment les sensations. Je n’avais jamais construit un décor dans l’optique de le faire résister si longtemps aux flammes. Dans Raid Dingue par exemple, nous avons brûlé des intérieurs, mais pour des prises de 40 secondes sur une journée. C’était vraiment un projet particulièrement excitant.»

Yves Domenjoud : «En France, c’est une première ! Il n’y avait jamais eu de flammes de cette hauteur en studio pour une si longue durée. Le challenge était de tourner sur une dizaine de jours avec un seul décor. En réalité, nous ne faisons le feu qu’avec le gaz. Quand je le coupais après avoir allumé le feu, les flammes s’arrêtaient aussitôt. Quelques objets et accessoires brûlaient encore mais le reste du décor ne bougeait pratiquement pas.»

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… et numériques
Y.D. :
«Nous avons travaillé en collaboration avec l’équipe des effets visuels numériques dès le départ. Nous leur disions ce que nous pouvions faire et ils nous demandaient ce dont ils avaient besoin. Nous avons tourné des éléments sur fond noir ou vert pour qu’ils puissent les incruster ensuite. Par exemple, tout le toit du bâtiment du Bazar n’existe pas. Il a été construit numériquement et ils se sont ensuite servis des éléments que nous leur avons fournis pour l’embraser. En réunion, je m’étais engagé sur des flammes d’1,50 mètre. Quand j’ai vu la qualité du décor d’Hervé Gallet, j’ai pu me permettre de monter. Nous avons finalement réussi à faire des flammes de 7 mètres !»

Une sécurité accrue
Y.D. :
«Le feu en studio dégage des gaz toxiques qu’il faut extraire au fur et à mesure. Il fallait être très prudent. Avec 200 figurants, qui plus est en costume, la sécurité était un véritable challenge sur ce tournage.»

H.G. : «Entre chaque séquence, on mouillait un peu le décor par précaution. Sur le plateau, nous avons fait dépoussiérer toutes les passerelles de peur que la poussière s’enflamme et que le feu ne prenne en hauteur. Il pouvait aussi y avoir une combustion après coup donc des pompiers restaient toute la nuit pour surveiller. Travailler avec le feu fait peur mais nous étions tous très contents de l’avoir fait.»

Plus vrai que nature ?
H.G. :
«Nous avons travaillé d’après des photos d’époque mais nous sommes dans l’interprétation, pas dans la reconstitution historique. Pour le département déco, nous étions une quarantaine. Le plus difficile pour un tournage en plein Paris, c’est de travailler sur les extérieurs. Dans une rue, tout le mobilier urbain doit être caché. Digicodes, parcmètres, bitume, panneaux de signalisation ou marquage au sol… Masquer tout cela ne se voit pas mais représente pour nous beaucoup de temps et d’énergie. Nous avons construit une fausse façade avec une porte cochère pour reconstituer l’entrée du Bazar de la Charité et nous l’avons installée quelques jours dans la rue. C’était amusant de voir les riverains passer devant hors des heures de tournage sans y faire attention… avant de se rendre compte d’un seul coup qu’elle n’était pas là d’habitude !»

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