Interview de Camille Abily

Interview de Camille Abily

publié par Vanessa Vincent le 14/05/2019
«Les Bleues peuvent aller très loin»
L’ancienne internationale aux 183 sélections, Camille Abily, a évolué au poste de milieu de terrain offensif durant toute sa brillante carrière avant de quitter l’Olympique lyonnais et de raccrocher les crampons la saison dernière. Devenue consultante, la joueuse la plus capée de l’histoire de la Ligue des champions féminine rejoint Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu dès le 7 juin pour France / République de Corée. Rencontre avec l’experte lors de la conférence de presse organisée à TF1 le 7 mai dernier.
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Comment votre chemin a-t-il croisé celui du Groupe ?
C’est une très belle surprise car je ne m’attendais pas du tout à venir partager cette Coupe du Monde avec vous. Commentatrice des matchs de l’Equipe de France aux côtés de Denis Balbir sur M6-W9, je suis la sélection française depuis le mois d’août. Libérée de tout engagement pour l’événement, je suis très heureuse de rejoindre le duo formé par Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu. Je suis impressionnée par le dispositif ambitieux mis en place par les antennes du groupe TF1 et suis certaine que nous allons vivre un mois magnifique !

Quel va être plus particulièrement votre rôle ?
Pendant que Grégoire et Bixente commenteront les matchs, je serai au bord du terrain, au plus près des joueuses, pour relayer leurs impressions. Je compte mettre à profit ma connaissance des joueuses. J’ai hâte que notre trinôme se mette en place même si nos rôles sont déjà parfaitement définis. Consultante, je ne suis pas journaliste, mais je crois que mon expertise et mon expérience sur le terrain peuvent permettre aux téléspectateurs de suivre au mieux les Bleues durant la compétition.

A moins d’un mois du coup d’envoi, quel regard portez-vous sur la sélection française ?
Depuis l’arrivée de la sélectionneuse Corinne Diacre, l’Equipe de France est montée en puissance. Depuis l’an dernier, elle a réussi à façonner son équipe, à créer une ossature solide au niveau du groupe. J’ai confiance en elle pour emmener son effectif très loin. Je commente régulièrement les matchs de l’Equipe de France et ses résultats sont très bons : une seule défaite en douze matchs. Sa force ? Un style de jeu qui n’est pas préalablement défini. Les Bleues sont capables d’être dans la possession de balle. Lorsqu’elles sont en difficulté, elles sont susceptibles de se projeter rapidement vers l’avant, contrairement à l’Espagne, qui ne propose qu’un seul style de jeu. Lorsque l’on parvient à les contrer, elles ont du mal à réagir. Notre équipe est très complète car les joueuses sont capables d’allier aspect technique et aspect athlétique. L’effectif des Bleues est plus renouvelé que d’habitude. Elles peuvent aller très loin dans cette compétition.

De quelles nations doit-on se méfier ?
On a du mal à déceler un seul favori car le niveau global du football féminin a progressé et devient de plus en plus homogène. Il est à ce jour compliqué de se prononcer sur l’affiche de la finale du 7 juillet. Il faut avoir un point de vigilance accru sur les Etats-Unis. L’Espagne peut être un adversaire non négligeable car son style de jeu en termes de possession de ballon est très particulier. L’Allemagne et l’Angleterre font aussi figure de favorites. L’Equipe de France devra donc montrer son meilleur jeu, garder la tête froide et, surtout, sa cohésion de groupe pour aller le plus loin possible.

Jouer sur ses terres : un atout ou une pression supplémentaire ?
Un formidable atout ! Les filles rêvent de jouer leur Coupe du Monde sur le sol français depuis très longtemps et elles réalisent un rêve. Jouer chez soi est une opportunité. En revanche, cela génère beaucoup de pression. Si je n’ai qu’un seul conseil à leur donner, c’est de rester dans leur bulle le plus longtemps possible. C’est capital. Le premier match donnera le ton de la compétition. Une victoire est primordiale pour la confiance, pour se libérer et évacuer le stress. Elles ont l’habitude de jouer devant beaucoup de spectateurs, même s’il ne s’agit pas de grands stades comme celui du Parc des Princes. Une chose est certaine : l’engouement est déjà au rendez-vous. Remporter une Coupe du Monde à la maison serait fantastique pour le football féminin.

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