Crossover ALICE NEVERS - Interview de Vincent Mouluquet

Alice Nevers

Série noire - Partie 1
Jeudi 16 mai à 21:00

Crossover ALICE NEVERS - Interview de Vincent Mouluquet

publié par Sophie Ricaume le 23/04/2019
Nous allons une fois de plus mettre le téléspectateur sur des braises !
La fin de la saison 15 d’«Alice Nevers» nous laissait sur un cliffhanger : l’enlèvement de l’héroïne… La nouvelle saison s’ouvre sur un crossover en deux épisodes qui place la juge, devenue victime, au cœur d’une enquête à double fond entre Paris et Nice. Marquand va pouvoir s’appuyer sur deux policiers chevronnés pour retrouver sa belle : Bernier et Lucas de la Section de Recherches de Nice. Une première pour le producteur Vincent Mouluquet (Ego Productions), qui nous dévoile les secrets de cette association entre deux séries cultes de TF1.
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F. Sémonin, X. Deluc, M. Delterme, J-M Tinivelli, G. Mihaileanu | PHILIPPE WARRIN/TF1

Quelle est la genèse de ce cross over ?
Nous y avions songé l’année dernière, car la fin de la saison précédente s’y prêtait déjà. La graine avait germé. L’équipe fiction de TF1 est revenue vers nous pour mettre en place ce crossover cette année. Rapprocher Ego Productions et Auteurs Associés (Section de Recherches) s’est fait de manière assez naturelle, d’une part parce que nous faisons partie du même groupe (AB), mais aussi, parce que Claire Alexandrakis, l’auteure principale d’Alice Nevers depuis bientôt 6 ans, a aussi travaillé sur la fiction Section de Recherches. Elle connaissait Xavier Deluc, ainsi qu’Elise Castel, la productrice artistique. Il y avait un alignement des planètes favorable ! Nous sommes partis du principe que Claire écrirait les deux épisodes de ce crossover. Ça rassurait tout le monde. Nous avons confié la réalisation à Julien Zidi qui avait déjà travaillé sur les deux séries. Il connaissait parfaitement Marine et Jean-Michel tout comme Franck et Xavier. Il a d’ailleurs réalisé le double épisode en Nouvelle-Calédonie, en ouverture de la saison 13 de Section de Recherches. Les comédiens devaient pouvoir travailler en toute sérénité.

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Vincent Mouluquet, Directeur Général Délégué EGO PRODUCTIONS

 

Que nous réserve ce cross over ?
Dans le dernier épisode de la saison précédente, Alice est enlevée. Marquand et Djibril comprennent rapidement qu’ils n’ont pas affaire à un désaxé mais à un désespéré. Il s’agit d’un homme dont la sœur a disparu depuis 2 ans. Il a cherché du secours auprès des services de Police, mais personne n’a rien pu faire pour lui. Un beau jour, il est convoqué à la morgue pour identifier sa sœur, retrouvée assassinée. Pour lui, tout bascule. Il avait croisé Alice sur son chemin pour lui demander de l’aide, mais elle ne pouvait rien faire pour lui, dans la mesure où il n’y avait pas d’instruction. Il décide de s’en prendre à elle comme un symbole.

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Marine Delterme|PHILIPPE WARRIN/TF1

 

Comment s’est déroulée la collaboration avec Auteurs Associés ?
C’est une production Alice Nevers (Ego Productions) et pas une coproduction avec Auteurs Associés. L’équipe de Section de Recherches nous a confié ses héros avec bienveillance. Bien sûr, nous avons eu divers échanges sur le scénario et avons entretenu un tel dialogue en amont pour préparer ce crossover qu’ils sont finalement peu intervenus par la suite. Les choses se sont mises en place naturellement, avec une confiance pleine et entière et je les en remercie.

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Jean-Michel Tinivelli, Xavier Deluc et Franck Sémonin|PHILIPPE WARRIN/TF1

 

Comment chaque équipe a vécu cette expérience ?
Nous voulions aller au bout de l’ambition, en créant de l’intimité entre les deux séries. Pour nous, ça impliquait de descendre dans le Sud et tourner dans les décors de Section de Recherches, mais aussi de faire venir leurs héros dans nos décors parisiens. Nous voulions faire quelque chose d’original, mélanger les deux séries, dans deux épisodes très différents, avec une seule histoire. Retrouver Marquand (Jean-Michel Tinivelli) et Djibril (Gary Mihaileanu) sur la plage, devant des falaises ocres, crée un contraste saisissant très plaisant à l’œil. Les scènes tournées en mer sont presque exotiques à l’image. Et pour nos comédiens, ça a été vivifiant ! Mais l’inverse est aussi vrai pour les deux héros de Section de Recherches (Xavier Deluc et Franck Sémonin) venus à Paris. Xavier me confiait avec plaisir que ça faisait des années qu’il n’avait pas joué à Paris. Partir tourner sept jours à Nice, nous ne l’avions jamais fait ! Il y avait un petit côté colonie de vacances sympathique. De fait, nous avions à cœur de déplacer notre équipe là-bas, car faire ce voyage ensemble était aussi une forme de récompense après de nombreuses sessions déjà tournées pour cette saison. C’était important pour nous que la famille soit réunie dans ce projet singulier. Ça a participé au plaisir de la fabrication et ça se ressent à l’image, tant notre troupe était joyeuse !

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Jean-Michel Tinivelli et Xavier Deluc|PHILIPPE WARRIN/TF1

 

Avez-vous dû déployer des moyens conséquents pour ce crossover ?
Dans la mesure où nous donnons à nos spectateurs un spectacle inédit avec des poursuites en bateau et l’intervention d’hélicoptères, nous avons forcément investi plus dans ce crossover, d’autant que nous avons mobilisé l’équipe complète de Section de Recherches. Pour notre démarrage de saison, on commence en beauté !

Les comédiens et les personnages de chacune des deux séries se connaissaient-ils ?
A part Franck, nos comédiens avaient déjà tous travaillé ensemble. Xavier connaissait Marine, car il était venu en guest dans Alice Nevers, il y a longtemps. Jean-Michel et Xavier ont joué ensemble dans la fiction Marc Eliot sur TF1. Cette proximité acquise était d’autant plus utile que nous voulions dépasser le seul terrain du polar. En effet, arrivant juste après la diffusion de Section de Recherches, nous héritions des enjeux personnels de Bernier (Xavier Deluc), préoccupé par son fils. De son côté, avec l’enlèvement d’Alice, Marquand est dans un état d’inquiétude extrême. Nous avons donc décidé de développer une connivence à l’écran entre ces deux personnages, dont on va découvrir qu’ils se connaissent depuis l’adolescence. Alice étant très chère à Marquand, Bernier va d’autant plus s’impliquer dans l’enquête. Ce crossover va plus loin qu’une simple collaboration sur une enquête, nos héros sont proches.

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Jean-Michel Tinivelli (Marquand) et Xavier Deluc (Bernier)|PHILIPPE WARRIN/TF1

 

Du point de vue de l’arche narrative autour du personnage d’Alice, que peut-on dire ?
Nous souhaitions que ce crossover marque aussi un bouleversement dans la vie professionnelle d’Alice, impliquant des répercussions dans sa vie personnelle. Notre juge s’est toujours échinée à instruire de façon humaine et elle va d’autant plus le prouver dans ce crossover. Une fois retrouvée et les émotions passées, elle va participer à l’enquête sur son enlèvement et s’interroger sur les motivations de son ravisseur ainsi que sur le mystère qui entoure la mort de sa sœur. Elle va faire un choix surprenant qui va attirer l’attention du procureur général de Paris.

Quels regards portent les juges sur la série ?
Bien que nous nous soyons inspirés de juges et magistrats pour construire la série à son démarrage, nous prenons certaines libertés avec la réalité. Je pense que nous donnons à voir une justice sans doute un peu plus belle qu’elle n’est parfois. Pour autant, tous les retours que nous avons des magistrats sont positifs. C’est la justice qu’ils ont envie de voir. Même Eva Joly, lorsqu’elle était candidate aux présidentielles, disait que c’était sa série préférée !

D’autres nouveautés à signaler ?
Notre grosse révolution cette année, c’est que Marquand et Alice vont enfin se tutoyer après de années de vouvoiement ! Nous avons eu tellement de retours de fans que nous avons considéré qu’il était temps. Autre changement qui n’échappera pas aux fans, nous avons changé la coiffure d’Alice. La comédienne Marine Delterme affiche désormais ses boucles naturelles et elle est magnifique. Les premières remontées des photos postées sur les Réseaux Sociaux sont très positives…

Un mot sur les guests…
Jérôme Anger (Enquêtes réservées, Clem) nous a rejoints cette année, pour interpréter le Procureur Général de Paris. Parmi les guests Vanessa Guedj (Kaamelott) va jouer une partition extraordinaire dans le second volet du crossover. Nous accueillons aussi Liam Baty (Demain nous appartient) et Scali Delpeyrat (Baron Noir, Les Tuches 3). Au cours de cette saison 16, Simon Astier, aux commandes d’un double épisode, mettra en scène Fabienne Carat (Plus belle la vie) et Azize Diabaté (Les Bracelets Rouges). Il y aura aussi Julien Personnaz (le frère de Raphaël), Jean-Luc Lemoine, sans oublier Gabriel Escoffier, le propre fils de Marine Delterme !

Quel est, selon vous, le secret de longévité des fictions telles qu’«Alice Nevers» ou «Section de Recherches» ?
La proximité me paraît être le socle même de la fiction de TF1, en parlant aux spectateurs à hauteur d’hommes. Concernant Alice Nevers, au-delà du divertissement, nous traitons de faits de société d’épisode en épisode. Nous ne jugeons pas les protagonistes, mais sommes plutôt dans la compréhension, l’écoute. En ceci, nous sommes très éloignés des structures mécaniques de la plupart des séries américaines. Les ressorts de nos enquêtes sont toujours liés à l’humain. C’est sans doute pour cela que plusieurs générations se retrouvent dans leur salon pour regarder Alice Nevers.

Quels faits de société abordez-vous dans cette nouvelle saison ?
Nous tentons d’aborder tous les sujets qui peuvent habiter notre société. Ainsi, nous allons découvrir l’histoire d’une jeune youtubeuse de 9 ans, déjà star d’internet, pratiquant l’unboxing*, ce qui nous amène à parler de l’addiction des très jeunes à internet. Nous allons également évoquer le sujet des électro-hypersensibles, une maladie qui n’est pas reconnue en France et pousse ceux qui en souffrent à partir loin des ondes qui saturent nos villes, pour habiter en zones blanches. Dans un épisode avec Jean-Luc Lemoine, nous avons mis en lumière la permanence des violences homophobes. Nous traitons également de l’Intelligence Artificielle, ou encore de la question des violences gynécologiques à l’accouchement, jusqu’à celle des migrants mineurs et de leur avenir dans notre société. Nous creusons les bouleversements du monde et posons simplement des questions ouvertes aux téléspectateurs…

 

*L’ouverture de cadeaux filmée en direct et diffusée sur le net

 

 

 

Chiffres clés :

60 comédiens engagés sur cette saison (hors héros récurrents)

850 figurants

80 lieux de tournage différents

70 techniciens (post-prod comprise) mobilisés par épisode

Episodes tournés 2 par 2 à raison de 20 jours de tournage par session

5 sessions réalisées dans l’année (soit 100 jours de tournage de début octobre à fin avril)