Profilage - Interview de Juliette Roudet

Profilage - Interview de Juliette Roudet

publié par Karelle Bourgueil le 18/12/2018
«Adèle a acquis une forme de sérénité et de stabilité»
Cinq années se sont écoulées. Adèle Delettre s’est construit une nouvelle vie loin de Paris et de la DPJ. Mais le corps d’une femme, retrouvé près de chez elle, la fait replonger dans l’univers des enquêtes policières. Juliette Roudet raconte les péripéties vécues par son personnage, ses premiers pas de réalisatrice et ses nouveaux projets suite à l’annonce de son départ de la série.
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A la fin de la saison 8, Adèle demeurait introuvable. Qu’est-elle devenue ?
Sa vie professionnelle et personnelle ont connu des changements profonds. Adèle entame une troisième étape de son existence. Après une enfance difficile sous l’influence d’Argos, elle a vécu en solitaire puis est entrée dans une phase nouvelle où elle a construit une vie sociale, une vie professionnelle et une vie intime. Le retour d’Argos a tout fait voler en éclats.
On la retrouve cinq ans plus tard, ayant fui Paris, sa vie de criminologue ainsi que les liens amicaux et amoureux qu’elle avait pu tisser. Adèle est désormais installée avec Gabriel, un homme qu’elle aime et avec qui elle va se marier. Elle élève toujours Ulysse, son neveu, qui a grandi et elle travaille comme psychologue pour enfants dans un hôpital.

Pourquoi a-t-elle décidé de ne plus travailler à la DPJ ?
Le retour d’Argos et la séquestration d’Adèle en saison 8 ont produit chez elle un véritable électrochoc qui l’a conduit à tout quitter du jour au lendemain. Comme pour laisser derrière elle un passé beaucoup trop lourd à porter et de faire «page blanche».

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Que lui réservent ces nouveaux épisodes ?
Adèle est heureuse dans sa vie avec Gabriel. Il lui permet d’acquérir une forme de sérénité et de stabilité et elle est parvenue à sortir de ses terreurs et de ses angoisses. Mais, si Adèle éprouve une forme de répulsion pour le monde qu’elle a quitté, elle est rattrapée, dans le cadre d’une enquête, par son besoin d’être utile, de tendre la main à ceux qui souffrent et lui demandent de l’aide.

Comment se passent ses retrouvailles avec le commandant Rocher ?
Il y a beaucoup de distance et de méfiance, surtout de la part de Rocher qui a vécu le départ d’Adèle comme une trahison. Il y a du ressentiment, de la peur chez chacun d’eux mais aussi de la joie et du vertige à se retrouver car les sentiments qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre cinq ans auparavant ne tardent pas à renaître.

Adèle croise la route d’Olivia, une de ses élèves… Que suscite cette rencontre ?
En tant que chargée de cours pour les élèves policiers, Adèle a un objectif de transmission. Olivia arrive à un moment où Adèle n’est pas en mesure de leader l’enquête et où elle a besoin d’un regard neuf sur les choses.
 

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Vous avez réalisé un épisode cette saison…
Oui, c’est un grand désir de ma part et c’était l’occasion de le faire avec des gens que je connais et avec lesquels j’ai construit pendant ces trois ans un vrai rapport de travail et de confiance mutuels. L’épisode a été écrit et pensé de façon très particulière. D’abord pour me permettre d’être moins présente en tant qu’actrice et de me concentrer sur la réalisation et aussi par désir de faire un épisode particulier, singulier, à part dans la série.

Que retenez-vous de cette expérience ?
J’ai adoré. J’y ai rencontré des gens merveilleux avec lesquels j’éspère  réaliser d’autres films. C’est sans aucun doute le moment le plus heureux pour moi de cette saison 9.

Vous avez décidé de quitter le personnage d’Adèle à la fin de cette saison. Pourquoi ?
J’ai beaucoup travaillé au service d’Adèle. Je lui ai donné ma force, mon énergie, mon temps et mon engagement. Moi qui aime par dessus tout la recherche autour d’un personnage, lui donner vie, corps, âme, j’ai senti que j’avais fait le tour de ce que je pouvais expérimenter avec ce personnage dans ce format de série. Je pars car j’ai envie de rencontrer de nouveaux personnages, de me confronter à d’autres esthétiques et de naviguer vers d’autres projets. Je pars pour continuer à explorer et prendre le risque de m’aventurer ailleurs, dans d’autres univers.

Quels sont vos projets ?
J’en ai beaucoup, et ceux qui me connaissent ajouteront «comme d’habitude» ! En ce moment, je travaille en tant que chorégraphe sur le prochain spectacle de Delphine Hecquet et je dirige une performance avec les élèves du Conservatoire pour le musée d’Orsay qui aura lieu début février. Je prépare également un spectacle qui mêlera théâtre (Stéphane Michaka est l’auteur du livret) et musique (Didier Benetti composera la musique) pour le festival Sorru in Musica qui aura lieu l’été prochain en Corse, et qui me tient très à cœur. Je répète aussi Faust, un spectacle d’Antoine Herbez où je partagerai le plateau avec Féodor Atkine et Arthur Dupont.Je me consacre également à l’écriture car j’ai envie de continuer l’aventure de la réalisation sur un sujet qui me touche. D’une manière générale, j’essaye de mettre mon énergie dans des projets auxquels je crois et qui me ressemblent.