Section de Recherches S13 - Interview de Xavier Deluc

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Jeudi 4 avril à 21:00

Section de Recherches S13 - Interview de Xavier Deluc

publié par Sophie Ricaume le 11/02/2019
«Cette série est devenue générationnelle…»
Immersion dans l’intimité d’un visage familier du petit écran, celui de Martin Bernier, campé par Xavier Deluc. Quarante ans de jeu dont treize à interpréter le fameux capitaine. Autant dire qu’il fait partie de notre vie. Pourtant la sienne est tumultueuse, sous un calme olympien. Rencontre avec le taulier de «Section de Recherches», à l’occasion du lancement de la nouvelle saison.
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Dans quel contexte commence la saison 13 ?
Elle démarre en beauté puisque l’équipe de Section de Recherches (Bernier, Lucas et Rose) se retrouvent en Nouvelle-Calédonie pour mener une enquête d’urgence. En effet, à la fin de la saison 12 un message vidéo de Sara Cazanova, joué par Manon Azem, sur un téléphone alertait l’équipe. Nous partons donc pour essayer de la retrouver et comprendre ce qui lui est arrivé. Est-elle en danger, est-elle-même encore vivante ?

Est-ce la première que vous tournez aussi loin pour «Section de Recherches» ?
Nous avions déjà tourné à La Réunion, il y a une dizaine d’années, ainsi qu’en Belgique, même si c’est moins exotique. Mais à 17 000 km, c’est une première !

La personnalité de Martin Bernier a-t-elle évolué avec les années ?
Je dirais qu’il a gagné en stature. Au début c’était un garçon un peu en marge, traumatisé par le décès de sa femme. Le capitaine Ghemara (joué par Kamel Belghazi), l’avait pris sous son aile, parce qu’un major est un élément qui fait le lien entre les gradés et le terrain. C’est un maillon indispensable. Au fur et à mesure, il est monté en grade, et passé capitaine. Aujourd’hui il regarde son équipe évoluer et s’occupe des problèmes de chacun. Il les laisse mener les enquêtes tout en les orientant et en ayant ses propres problèmes à gérer.

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Dans sa vie pro il fait les bons choix, mais dans sa vie perso…
C’est vrai qu’il est un peu à côté de la plaque sentimentalement. Comme me disent certains fans : «il devrait tout de même en tirer des leçons !» Pour les auteurs, je pense que le laisser patauger en amour alors qu’il est adroit et intuitif dans son métier est un contraste intéressant pour l’épaisseur du personnage. Si on ajoute la malchance, Bernier vit vraiment des amours contrariées, et l’avenir lui réservera sans doute encore des surprises dans des développements ultérieurs.

Avec son fils qui débarque dans sa vie, ce n’est pas simple non plus…
Effectivement on apprend dans cette saison qu’il a un enfant caché. Un fils de 20 ans qui va demander son aide, mais avec lequel les rapports sont compliqués. Ça lui fait un problème de plus sur les épaules.

D’autres personnages de l’équipe vont-ils être mis en avant dans cette saison ?
En fin de saison la vie de Vicky, joué par Félicité Chaton, va être bouleversée. Elle va vivre un moment douloureux sur le plan personnel. De son côté, Honorine Magnier, qui joue le personnage de Rose, va avoir une très belle partition à jouer. Elle est enceinte, pour de vrai, et ça va faire écho dans la série. Qui est le père ? C’est une question qui va nous tenir tous en haleine.

Quelques mots sur Manon Azem, de retour en tant que guest ?
Je suis ravi de la retrouver aussi épanouie. Je me souviens de la jeune fille qu’elle était lorsqu’elle a intégré Section de Recherches en 2012. Une fonceuse avec un fort caractère. Dès les premiers plans, on voyait qu’elle avait du tempérament. Je l’ai vue évoluer dans la série, devenir de plus en plus femme. En Nouvelle-Calédonie, elle s’est vraiment prêtée au jeu. Elle était contente de revenir et elle avait un très beau personnage à jouer. Ça va apporter beaucoup au début de la série.

Votre personnage est-il très éloigné de vous dans la vie ?
Bernier est beaucoup dans la réflexion. Il est concentré, intériorisé, aiguisé. Alors que moi c’est plutôt l’inverse ! Je suis plutôt quelqu’un de cool et peux même être assez dissipé. Parfois sur le tournage, j’ai du mal à revenir dans mon rôle et garder mon sérieux. Il y a vraiment une tenue particulière pour pouvoir jouer Bernier que je n’ai pas du tout dans la vie. Ça fait rire les autres d’ailleurs.

Nouez-vous un lien particulier avec le public ?
Le public est très sympa avec moi. Je l’ai toujours beaucoup respecté car il m’a encouragé et réconforté quand ça allait moins bien dans ma vie. Je joue pour lui. J’essaye de faire de mon mieux.  Même si à l’extérieur, j’abandonne facilement le costume de Bernier, les téléspectateurs ne manquent pas de me témoigner leur affection. Dans la rue, on m’appelle souvent Xavier, mais parfois c’est commandant. J’aime leur spontanéité et leur simplicité.

Selon vous, qu’est ce qui fait le succès cette série, après 141 épisodes ?
Cette série est incroyable… Certains nous disent qu’ils l’apprécient pour le côté humain et attachant des personnages… Ils aiment aussi les décors, les vues aériennes, plonger dans nos vies privées, vivre au rythme de toute l’équipe. Quelque part sans doute ont-ils l’impression de se retrouver dans leur propre bureau. Ensuite, il y a la nature des enquêtes, souvent proches du Cluedo et les téléspectateurs adorent ça. Ils nous laissent des messages nous disant qu’ils se sont fait avoir sur l’identité du tueur… Mais au-delà de cela, je pense aussi que cette série est devenue générationnelle. Des parents aux enfants et aux petits-enfants, nous avons traversé une tranche de vie ensemble. Un visage familier à la télévision devient un peu comme un cousin, un oncle. On fait partie de la famille.

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Quel rythme sur le tournage ?
Quatorze épisodes par saison tournés en 8 mois, autant dire que les journées sont intenses ! Même si nous avons chacun nos caractères, on se connait parfaitement, il y a une très bonne ambiance. Sur ce tournage, il n’y a pas de numéro de star.

Après toutes ces années dans la peau d’un flic, vous sentez-vous un peu flic ?
Pas du tout. Notre rôle c’est de jouer, poser des questions et s’informer sur les émotions à faire transparaitre au public. Dès que je mets le costume je suis dans la peau du bonhomme, Bernier me happe.

Avez-vous déjà été reçu dans une section de recherches de Gendarmerie ? Quel accueil ?
Plusieurs fois ! Nous sommes allés dans celle de Bordeaux. Celle de Marseille est venue ici, à Grasse. Les gendarmes y ont même fait des entraînements. Nous avons également été reçus au Centre de la Gendarmerie française, à Paris. Ils suivent la série et ont même un fan club ! Ils sont prêts à nous aider, nous prêter des engins par exemple, dans la mesure du possible et des autorisations. Quelque part, on représente aussi leur image.

Racontez-nous votre premier casting pour «Section de Recherches»…
Vincenzo Marano, réalisateur de la saison 1 de Section de Recherches, m’a contacté pour faire des essais parce que j’avais déjà tourné avec lui dans la série Marc Eliot où il était chef op’. D’ordinaire, je ne suis pas très bon aux essais, mais ce jour-là, j’étais en forme et ça s’est très bien passé. Il y a eu comme une rencontre entre le personnage de Bernier et moi. On ne s’est plus quittés depuis…