Léo Mattéï, Brigade des mineurs : interview Jean-Luc Reichmann

Léo Mattéï, Brigade des mineurs : interview Jean-Luc Reichmann

publié par Amandine Sand le 09/01/2018
"Je ne me suis pas fixé de limites avec Léo Mattéï"
Coup de théâtre à l’ouverture de cette cinquième saison : Léo Mattéï tient une piste sérieuse huit ans après la disparition de sa fille… Dans ce double épisode très émouvant, le flic s’efface devant le père. Entretien en toute sincérité avec son créateur-producteur et acteur principal, Jean-Luc Reichmann.
Leo Mattei

Que pouvez-vous nous dévoiler sur ces deux nouveaux épisodes ?

Au cours d’une de ses enquêtes, Léo Mattéï est contacté par un enfant en danger qui assure avoir des informations au sujet de sa fille, Éloïse, enlevée huit ans plus tôt. C’est sa première vraie piste et cette nouvelle décisive le conduit à Marseille… Pour ce double épisode, nous avons opté pour un scénario au registre particulièrement émouvant. Le dénouement est tel, que ces deux épisodes se placent, au rang des plus beaux moments sur le plan émotionnel…

Léo Mattéï révèle une nouvelle facette : celle du père…

Effectivement, le policier va progressivement s’effacer pour laisser place à toute l’émotion d’un père en détresse. Ces deux épisodes sont remplis de solitude et d’espoir. C’est ce qui est paradoxal par rapport aux autres épisodes où Léo Mattéï enquêtait sur des enfants. Ici, il prend vraiment conscience de la solitude du père face aux événements qu’il doit surmonter.

Quelle préparation avez-vous suivie pour jouer des émotions si intenses ?  

Passer du temps à la brigade des mineurs m’avait permis de rentrer dans la peau du personnage. Témoin d’événements terribles, j’ai pu puiser, par la suite, dans de fortes émotions. Afin d’aller toujours plus loin dans la sensibilité et l’émotion, je me suis isolé à Marseille pour donner le meilleur de moi-même. Lors du tournage, j’ai mis un point d’honneur à ne pas user d’artifices : je ne suis quasiment pas maquillé, pas coiffé, pas rasé, j’ai les yeux gonflés et rougis par la fatigue et la détresse… Dans le rôle du père, ces épisodes représentent pour moi la quintessence de la vérité. Je ne me pensais pas capable d’un tel lâcher prise. Je n’avais jamais vécu des émotions si intenses sur un tournage. Léo Mattéï était plus le père que je suis hors caméras, et en tournage deux ou trois prises suffisaient.

Animateur préféré des Français sur TF1, est-ce un pari pour vous de jouer dans un registre si sombre ?

Mon souhait était de mettre au service ma notoriété pour fédérer et transmettre des messages positifs, mêmes sur des sujets obscurs. Avec Léo Mattéï, le pari était de prendre le total contrepied de l’image populaire que je renvoie, entretenue dans les émissions de divertissement où je suis chaleureux et dans le partage. Il est primordial de se mettre face à la réalité et d’être responsable. J’ai misé sur la sincérité la plus totale, spécialement sur ces nouveaux épisodes. J’ai complétement brisé la carapace de l’animateur jovial et le costume du flic. 

Ces deux épisodes se déroulent à Marseille, pourquoi le choix de ce lieu ?

Originaire de province, c’est un certain retour aux sources ! De nombreux téléspectateurs vont pouvoir également se reconnaître. Concernant le scénario, nous avons souhaité mettre en lumière deux méthodes de travail : Paris d’un côté, la province de l’autre. Le choix s’est porté sur Marseille pour tous les événements qui s’y passent. Nous avons filmé dans la ville et ses alentours : les paysages et la luminosité y sont magnifiques.

La série résonne avec les actualités Françaises. Comment faites-vous pour aborder des sujets si délicats ?

Je ne me suis pas fixé de limites avec cette fiction : c’est malheureusement un sujet d’actualité et inépuisable. Ce qui arrive à Leo Mattéï, la disparition de son enfant, peut arriver à quiconque. Notre mission sera gagnée lorsque nous arriverons à prévenir ces faits, à délier les langues et véhiculer de l’espoir. Léo Mattéï est toujours du côté de l’enfant, qu’il soit victime ou coupable. Nous abordons des cas d’hommes et de femmes emprunts d’une détresse absolue, fléaux de notre société. La série a un double rôle de prévention. Premièrement, du côté des enfants, pour les avertir des drames qui peuvent les atteindre, puis du côté des parents, afin qu’ils ne leur lâchent pas la main.

 Vous placez la barre plus haut à chaque saison…

Cette création est un vrai pari. J’ai investi beaucoup d’énergie dans cette fiction, de la recherche des sujets, à l’écriture du scénario, à son interprétation. Depuis la première saison, ce rôle nous l’avons créé et enrichi. Ainsi, pour cette cinquième saison, nous n’avons pas lésiné sur les moyens avec une optimisation non pas de la rentabilité mais de la qualité. Tous nos efforts depuis cinq ans sont récompensés, c’est une réelle fierté pour une production française.

Souhaitez-vous poursuivre les enquêtes de Léo Mattéï  dans de nouvelles saisons ?

Après ces deux épisodes, je suis prêt à repartir pour 10 saisons ! Les tournages m’ont complétement porté et chamboulé. Je profite pleinement de l’instant présent et savoure le bonheur d’avoir réalisé jusqu’à aujourd’hui 18 épisodes. J’aime les challenges, je vais essayer de continuer à surprendre et sortir comme toujours de ma zone de confort ! Avec ces deux épisodes, c’est l’ouverture du champ des possibles…

Press Kit

Partager