Insoupçonnable - Interview de Virginie Brac (scénariste)

Insoupçonnable

Episode 9
Jeudi 18 octobre à 21:00

Insoupçonnable - Interview de Virginie Brac (scénariste)

publié par Karelle Bourgueil le 16/08/2018
«La distribution est vraiment à la hauteur de mes attentes»
Virginie Brac («Engrenages»), signe le scénario d’«Insoupçonnable», l’adaptation française de la série britannique «The Fall». Fascinée par le personnage du tueur, elle raconte le processus d’adaptation et explique ses choix scénaristiques.
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Qu’aviez-vous pensé de la version originale ?
J’aimais beaucoup la série anglaise. Elle est très originale et met en scène l’un des meilleurs personnages jamais créé sur le petit et le grand écran. Il y avait donc à la fois une base scénaristique et un challenge qui me plaisaient énormément.  

Comment s’est organisé le travail d’adaptation ?
J’ai travaillé directement à partir des scénarios anglais. Le script sous les yeux, je visionnais l’épisode et j’adaptais l’histoire, notamment les aspects policiers car nous n’avons pas du tout la même police que les Anglais, ni le même système judiciaire. Il y a des problèmes de société et des enjeux politiques qui se posent à Belfast et que l’on ne retrouve pas du tout en France. Il fallait inventer d’autres choses. Il était important de garder les scènes iconiques, celles qui ont marqué la série comme par exemple la trappe dans le plafond de la chambre de la petite fille où le tueur cache ses dessins. En revanche, l’enquête policière est complètement différente. Elle est beaucoup plus soutenue dans la version française. Outre-Manche, l’enquêtrice ne s’investissait pas dans les mêmes proportions.

Quelles sont les autres principales différences avec la série britannique ?
Il fallait que ce soit plus lumineux, plus fort, plus beau. Il y a davantage de moyens et de rythme. Les producteurs anglais, qui sont venus voir Insoupçonnable à Séries Mania, ont été épatés et ont trouvé que c’était magnifique. Ils étaient très enthousiastes. Ça fait plaisir !
J’ai modifié le personnage de Muriel, la femme de Paul : elle est plus jolie et plus intéressante. Il la domine moins. Cela contribue à rendre la version française plus lumineuse. Je tenais aussi à garder la relation entre la baby-sitter et le tueur. Elle est extraordinaire. Finalement, le personnage du tueur est celui qui a été le moins modifié parce que c’est celui qui a fait le succès international de cette série.

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Pourquoi avoir choisi de situer l’histoire à Lyon ?
Ma famille est originaire de Lyon donc je connais bien ses spécificités. Je pouvais y trouver tous les éléments dont j’avais besoin pour l’histoire. Toutes les classes de la société y sont représentées. Il était donc tout à fait possible d’y imaginer un tueur en série de classe moyenne. En plus, Lyon est une ville très harmonieuse et très belle où l’on peut réaliser de jolis plans.

Aviez-vous connaissance du casting au moment de l’écriture ?
Non, pas au début. Comme on ne sait pas combien de temps prendra l’adaptation, on ne peut pas retenir des acteurs. Le casting se fait lorsqu’il y a déjà la moitié des épisodes écrits. J’ai été consultée et le consensus est arrivé assez vite. La distribution est vraiment à la hauteur de mes attentes.

Les deux premières saisons de la version originale possèdent onze épisodes. «Insoupçonnable» en compte dix. Quelles sont les incidences sur l’histoire ?
Il fallait supprimer un épisode car en France nous les diffusons par paire. Cela ne m’a pas du tout gênée car je trouvais que l’intrigue de la version britannique lambinait à la fin. Je voulais accélérer le rythme et mettre la pression sur le tueur pour le rendre moins surpuissant. Plus on avance dans Insoupçonnable, plus l’histoire est différente.

Que pensez-vous du résultat ?
J’ai beaucoup aimé. On a eu la baraka ! Il y a eu une bonne entente sur le plateau. Les acteurs étaient très motivés, les réalisateurs au taquet, les décors étaient magnifiques. Ça fait plaisir de voir son projet porté de la sorte.