Grand Prix de Monaco - Interview d'Adrien Paviot

Formule 1

Grand Prix de Formule 1 - Monaco
Dimanche 27 mai à 15:00

Grand Prix de Monaco - Interview d'Adrien Paviot

publié par Vanessa Vincent le 07/05/2018
«Monaco est souvent le théâtre des plus beaux exploits»
Pour son retour dans les paddocks de Formule 1, TF1 accueille un nouveau duo de commentateurs formé par Adrien Paviot et Jean-Eric Vergne. Cette équipe vous fera vivre les quatre Grands Prix qui seront diffusés cette saison à l’antenne, à commencer par celui de Monaco, le 27 mai prochain. Le journaliste commentateur Adrien Paviot en dévoile notamment les enjeux.
Adrien Paviot et Jean-Eric Vergne
Adrien Paviot et Jean-Eric Vergne

Spécialiste des sports mécaniques, vous avez eu un parcours exceptionnel...
Le sport automobile fait partie de ma vie depuis ma plus tendre enfance puisque mes parents étaient vendeurs de voitures. Je savais à peine marcher que je reconnaissais déjà les marques des grands constructeurs ! Mon père faisait un peu de rallye et j’ai rapidement attrapé le virus. J’ai débuté le karting à l’âge de 11 ans et j’ai ainsi rencontré à l’époque la plupart des grands pilotes. J’ai côtoyé Hamilton, Vettel… J’ai couru jusqu’en 2005 en karting, puis en monoplace. J’ai remporté un titre de champion de France en 2004 dans la catégorie «Coupe de France – Formule France 2004». J’ai décidé d’arrêter en 2006 pour me consacrer à mes études dans les médias. J’ai alors commencé à commenter la NASCAR sur AB Moteurs puis d’autres disciplines comme la Formule 3, l’antichambre de la F1, sur Motors TV. Puis, je suis entré à Eurosport où j’officie encore aujourd’hui pour le championnat du monde de Formule E.

Votre passion pour les casques remonte-t-elle également à l’enfance ?
Je ne saurais en expliquer la raison, mais j’ai toujours adoré les casques depuis que je suis tout petit ! A l’école, je dessinais des casques pour mes copains avec ma boîte de crayons de couleur fétiche et j’adorais ça ! Cette activité m’a permis de financer un peu mes études puis, le succès a été au rendez-vous et j’ai continué sur ma lancée. Cette saison, j’ai stylisé les casques de quatre pilotes de F1 : Romain Grosjean, Kevin Magnussen, Pierre Gasly et Charles Leclerc. Je signe également ceux de Sébastien Loeb et Sébastien Ogier. Je stylise aussi des voitures et des avions. J’ai notamment dessiné les voitures de Sébastien Loeb, mais aussi les Peugeot qui ont remporté le Dakar… J’ai aussi designé 5 des 18 avions qui ont volé à Cannes lors de la Red Bull Air Race, à la fin du mois d’avril.

Que ressent-on de l’autre côté de la barrière, en tant que commentateur ?
Je n’ai aucune frustration car je cours à nouveau depuis deux ans. Cette semaine, je m’envole aux Etats-Unis pour aller courir de nuit au NASCAR, un rêve de gosse ! C’est une catégorie qui me tient particulièrement à cœur car c’est grâce à elle que j’ai débuté à la télévision et elle m’a toujours passionné. J’ai toujours été conscient que je n’avais pas le niveau pour courir en Formule 1 et je le vis très bien. Je ressens une autre adrénaline à travers les autres disciplines. Un pilote stresse toujours plus que son entourage avant une course. Une fois casqué, il sait parfaitement ce qu’il a à faire. Il est extrêmement concentré. Son entourage commence alors à vibrer… et à le stresser. Je me sens très à l’aise en commentant car l’œil du pilote, l’expérience et la connaissance des pilotes faisant, l’expertise est au rendez-vous. Etre aux premières loges est une immense chance. Faire vivre un événement exceptionnel aux téléspectateurs et pourquoi pas, voir s’écrire une nouvelle page de l’histoire de la F1 sous nos yeux, est fantastique. A chaque Grand Prix, il peut se passer quelque chose d’incroyable et le faire partager est très important pour moi.

En parlant de partage, vous serez en binôme avec Jean-Eric Vergne. Quelles relations entretenez-vous ?
Je viens de terminer de dessiner son casque ! Jean-Eric et moi, c’est une longue histoire ! Avant qu’il arrive Formule E, il a couru dans l’écurie de course de mon père. On s’apprécie beaucoup. Aujourd’hui, je commente le championnat du monde des monoplaces électriques sur Eurosport… et c’est lui qui est en tête ! Le destin aurait voulu nous rapprocher qu’il n’aurait pas fait mieux ! Il est très important d’être complémentaires pour qu’il y ait une bonne alchimie à l’antenne. Nous avons commenté un match test et au bout de 3 minutes, tout fonctionnait comme sur des roulettes ! Je suis très honoré que TF1 m’accorde sa confiance. Je travaille beaucoup, prépare mes dernières fiches, revois les stats… Jean-Eric et moi allons nous éclater et j’ai très hâte de faire vivre ce Grand Prix aux téléspectateurs !

Pourriez-vous faire un point sur la situation du championnat à date ?
TF1 revient au bon moment car c’est l’année où Ferrari est enfin en mesure de battre Mercedes. Voilà quatre ans que les amoureux de F1 attendent cela ! De plus, nous revenons à Monaco, l’un des premiers points clés de cette saison, un petit peu comme l’a été Bakou le week-end dernier. Cette saison, nous avons deux quadruples champions du monde qui se battent pour des titres et cela est très intéressant. Rappelons-nous des duels historiques dans la Formule 1 : Niki Lauda face à James Hunt, Alain Prost contre Ayrton Senna… A chaque fois, un «rookie» affrontait un pilote expérimenté. Cette saison, Ferrari a prouvé qu’elle pouvait mener le championnat mais pour l’heure, il y a de petites erreurs ça et là et les prochains Grand Prix seront très disputés. Cette saison s’annonce ultra serrée.

Quelles sont les spécificités du Grand Prix de Monaco, aussi atypique qu’attendu ?
C’est un Grand Prix décisif. Lorsque les écuries reviennent en Europe, le week-end précédant Monaco, elles apportent leurs premières évolutions à leurs voitures. Les petites écuries se retrouvent alors un peu en retrait par rapport aux grandes forces en présence. Monaco est l’occasion d’inverser la tendance. Sur le Rocher, le matériel va moins jouer que sur les autres circuits et la prise de risques va compenser. C’est là que les pilotes décuplent leurs efforts pour réaliser un exploit. C’est ici qu’Ayrton Senna s’était révélé à l’époque. Monaco est souvent le théâtre des plus beaux exploits. Le dernier Français à avoir brillé est Olivier Panis, en 1996. Cette année, tous les Français sont en mesure de se dépasser. Au jeu de la loterie, ils ont tous leur chance !

A titre plus personnel, quel est votre Grand Prix de cœur ?
Deux événements comptent énormément pour moi. Je fais partie de toute cette génération qui a grandi en allant à Magny-Cours pour vibrer au rythme du Grand Prix de France, et le retour de ce rendez-vous mythique aura forcément une saveur spéciale. L’émotion sera sans nul doute à son comble. En revanche, SPA est, à mes yeux de pilote et de journaliste, le plus beau circuit du monde. J’ai couru là-bas l’année dernière et remporté une manche du championnat de France de Caterham. J’en garde un souvenir exceptionnel.