Interview Joanne Froggatt - Liar : la nuit du mensonge

Liar : la nuit du mensonge

Saison 1 - Episode 4
Jeudi 14 décembre à 21:00

Interview Joanne Froggatt - Liar : la nuit du mensonge

publié par Karelle Bourgueil le 14/11/2017
«Un thriller psychologique prenant et intelligent»
Rencontre avec Joanne Froggatt, l’héroïne de «Liar : la nuit du mensonge» aux côtés de Ioan Gruffudd.
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Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet ?
J’ai lu le scénario de Harry et de Jack Williams et je l’ai trouvé fantastique. Après la lecture du premier épisode, j’étais incapable de dire qui de Laura ou Andrew disait la vérité. Les doutes qui ont germé dans mon esprit m’ont interpellée et je me suis beaucoup interrogée sur les jugements que je portais alternativement sur l’un ou sur l’autre. D’un côté, Laura ne se comporte pas forcément comme une victime et de l’autre, Andrew n’a pas le profil d’un violeur. Si une personne abuse d’une autre sans témoin, comment réussir à le prouver ? J’ai trouvé que cette histoire apportait beaucoup de réflexions intéressantes sur le sujet et notre société. Liar est vraiment un thriller psychologique à la fois très prenant et très intelligent.

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Katy et Laura
 

Comment décririez-vous Laura ?
Laura est une jeune femme moderne et indépendante. Intelligente, forte, déterminée, elle a des convictions et l’habitude d’être respectée et écoutée. Elle se bat pour ses idées et pour ce qui lui paraît juste. Laura est très proche de sa sœur Katy qui la soutient dans l’épreuve terrible qu’elle traverse et l’accueille chez elle. Katy veut à tout prix le bonheur de sa sœur. Même si, dès le premier épisode, on comprend qu’elle lui cache un lourd secret qui risque fortement d’entacher leur relation.

Quelles sont les premières impressions de Laura concernant Andrew ?
Quand ils se croisent à l’entrée de l’école où Laura enseigne et où Andrew dépose son fils, ils ne se connaissent pas plus que ça. Laura est charmée et trouve très prometteur qu’il lui propose de dîner avec lui. La soirée commence sous les meilleurs auspices. Il la fait rire et une certaine alchimie semble s’établir entre eux. Sur le papier, Andrew ressemble au petit ami parfait avec lequel Laura pourrait envisager davantage qu’un premier rendez-vous.

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A quels challenges Laura est-elle confrontée dans «Liar» ?
Ils sont nombreux ! Après la soirée avec Andrew, elle a la certitude qu’elle doit se battre pour faire éclater la vérité. Résolue à le faire, elle s’y consacre entièrement. Elle est sûre d’elle mais il est très difficile de garder confiance en soi quand vous sentez le reste du monde contre vous.

Vous jouez un personnage qui traverse de véritables épreuves. Comment vous y êtes-vous préparée ?
J’ai commencé par visionner plusieurs documentaires sur des cas d’agressions sexuelles. J’ai également cherché à comprendre les réactions de Laura et à m’approprier son point de vue car elle ne prend pas que des bonnes décisions. Parfois, j’avais envie de lui hurler : « Non, ne fais pas ça !" Il me paraissait aussi primordial de comprendre l’état émotionnel du personnage. Lors du tournage des scènes clés, James Strong, le réalisateur, nous conseillait de jouer instinctivement l’émotion qui nous semblait opportune. Ensuite, il nous faisait faire une version où notre personnage montrait une émotion différente afin de nous aider à adopter la plus appropriée. Il veillait toujours à ce que notre jeu ne dévoile pas trop vite la résolution de l’histoire. Il fallait trouver le juste équilibre pour en dire assez sans trop en révéler. C’était très intéressant à travailler.

Pouvez-vous nous raconter votre première rencontre avec Ioan Gruffudd ?
Nous nous sommes rencontrés lors d’un déjeuner à Los Angeles. Nous étions tous les deux très enthousiastes à l’idée de participer à ce projet. Nous partagions les mêmes intentions et avons développé une très bonne relation dès le début. J’ai retrouvé cette bonne entente également avec le reste de l’équipe et les autres comédiens. C’est un des tournages les plus agréables que j’ai vécu. C’était très appréciable de travailler avec des personnes aussi talentueuses et sympathiques.

La question des victimes d’agressions sexuelles soulevée dans “Liar” est d’actualité. Quel est votre sentiment sur ce sujet délicat ?
Depuis que l’affaire Harvey Weinstein a éclaté, le monde entier parle désormais de ce sujet et est en train de briser le tabou. Il faut que la société tout entière entende que l’on ne peut plus impunément user d’une position de pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles. Les victimes se taisent par peur de ne pas être crues. On peut espérer que les événements récents les incitent à parler. C’est un sujet très complexe, souvent la parole de l’un contre celle de l’autre. Prouver qui ment et qui dit la vérité est très difficile. La police fait face à ce genre d’impasse. Comment agit-elle ? Comment se positionne la société face à de telles accusations ? Ces questions traitées dans Liar deviennent plus que jamais d’actualité.

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Laura et Tom
 

Quel impact espérez-vous que «Liar» ait sur le public français ?
La série a eu des retombées incroyables lors de sa diffusion au Royaume-Uni et a engendré beaucoup de discussions sur les réseaux sociaux. Chacun avait sa propre opinion et des théories différentes. Cette effervescence a permis de mettre en avant un sujet important sans que cela paraisse lourd. J’espère vraiment que le public français réagira de la même façon.

Quels sont vos projets ?
Je serai à l’affiche de Mary Shelley en salles en avril prochain aux côtés de Elle Fanning dans lequel j’interprète une horrible belle-mère. La télévision est un terrain de jeu très excitant mais j’adorerais monter plus souvent sur les planches. Si je pouvais y  jouer une belle comédie romantique, ce serait génial !