Interview Pascal Pinning - 30 ans Reportages

Interview Pascal Pinning - 30 ans Reportages

publié par Karelle Bourgueil le 29/09/2017
«Un espace de liberté»
Lancé en 1987, «Reportages» fête ses 30 ans et diffuse un documentaire inédit sur des condamnés à de longues peines filmés à visage découvert. Pascal Pinning, directeur des magazines de l’information, revient sur ce projet et évoque ce rendez-vous hebdomadaire incontournable à la longévité exceptionnelle.
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Pourquoi avoir choisi de diffuser ce documentaire sur la prison pour les 30 ans de «Reportages» ?
Ce documentaire nous semblait représentatif de la très grande variété de sujets que nous proposons. Ces cases sont un espace de liberté. Nous ne nous interdisons rien. Rousseau disait que la liberté obéit à des règles. La nôtre est notamment de rester honnêtes et respectueux des personnes que nous suivons et du public.

Que souhaitiez-vous montrer à travers «La vie derrière les murs» ?
Comme pour Prison de femmes, diffusé en mai dernier, nous nous intéressons à ce que ressentent ces condamnés à de longues peines et comment ils vivent au quotidien, tout en restant respectueux des victimes de leur crime. Le tournage s’est étalé sur six mois en alternance sur les deux établissements pénitentiaires, un pour femmes à Rennes et un autre pour hommes à Muret, près de Toulouse. Il y avait une matière extrêmement riche et l’on s’est vite rendu compte que mélanger les deux n’avait pas de sens. Nous avons donc choisi de réaliser deux documentaires séparés.

Quels tournages ou sujets vous ont le plus interpellé ces dernières années ?
Depuis 1987, nous avons diffusé 2 000 sujets. Nous avons proposé aussi bien des documentaires de 60’ comme Procs de choc, Au cœur de l’antigang ou plus récemment un reportage sur la brigade des mineurs, mais aussi des séries, comme Quatre saisons sur l’autoroute avec l’ambition de faire évoluer notre écriture. Reportages est une émission de proximité où l’on raconte des histoires mais où l’on suit aussi les mouvements de notre société avec des sujets plus légers : Les coulisses du Vatican, Les reines de la lingerie, Il était une fois au zoo, Mon coiffeur est un champion… Nous ne nous posons aucun interdit dès l’instant où l’on ne tombe pas dans le trash.

Quels univers ou domaines encore non traités souhaiteriez-vous aborder dans «Reportages» ?
Nous travaillons avec une quarantaine de sociétés de production et nous avons de nombreuses idées en gestation. Nos prochains projets vont très probablement s’orienter vers des salves ou des séries. Nous avons par exemple en fabrication une série en 4x60’ sur les chasseurs d’héritiers un peu partout dans le monde. Nous pouvons laisser du temps au temps et nous ne sommes pas tributaires de l’actualité. Il se passe parfois plus d’un an entre le lancement d’un sujet et sa finalisation. Avoir du temps est un luxe qui n’a pas de prix.
C’est un réel plaisir de participer à la fabrication de ce programme. En préparant les sujets, nous faisons de belles rencontres. Nous apprenons beaucoup. C’est un gros challenge car nous devons trouver 150 sujets par an. Se renouveler n’est pas toujours évident.

Les Français ont de plus en plus de moyens pour s’informer. Qu’est-ce qui selon vous participe à la longévité de ce magazine ?
Notre ligne éditoriale extrêmement variée est un vrai atout. Depuis le début de Reportages, le format n’a cessé d’évoluer. D’un magazine d’information de 26’, nous proposons désormais deux reportages de 60’, le samedi et le dimanche. Ce format demande un gros travail en amont mais permet aussi d’approfondir les enjeux et de susciter l’intérêt du public.
Le fait que ces émissions soient présentées par des journalistes emblématiques de la chaîne comme Anne-Claire Coudray fait partie intégrante de l’ADN de Reportages et participe à son succès.

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