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FICTION

FRANÇOISE DOLTO, LE DÉSIR DE VIVRE
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RÉSUMÉ

Unitaire
90'

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Claude (10 ans), fils de résistants communistes dont la mère est morte à Auschwitz, et Ben (14 ans), enfant d'une prostituée et d'un truand juif affrontent, avec Françoise Dolto, les démons qui les hantent.
Ils se rencontrent grâce à elle, deviennent amis, vivent ensemble une aventure exceptionnelle, puis se séparent pour connaître des trajectoires opposées.
Nous assistons à travers ces deux cas traités, mais aussi ceux d'autres enfants en grande difficulté, au travail quotidien d'une femme médecin exceptionnelle, inventrice d'une discipline : la psychanalyse pour enfants.

GÉNÉRIQUE

Production : Les Films du Worso et Entre Chien et Loup avec la participation de TF1
Réalisation : Serge le Péron
Scénario et dialogues : Serge le Péron
 
Avec : Josiane Balasko (Françoise Dolto), Florence Pernel (Jenny), Maxime Berger (Claude), Milan Argaud (Ben), Jean-Michel Vovk (Maurice)...

ARTICLE
FRANçOISE DOLTO, LE DéSIR DE VIVRE

FRANCOISE DOLTO, LE DESIR DE VIVRE
LUNDI 20 OCTOBRE 2008 à 20:50
 

JOSIANE BALASKO / FRANCOISE DOLTO

Avant elle, l'enfant n'était personne
 
(Trop) rare sur le petit écran, Josiane Balasko incarne Françoise Dolto pour un film hommage au travail de la pédo-psychiatre, dont on célèbre cette année le 100e anniversaire de la naissance et le 20e anniversaire de la mort. Si le costume, col blanc fermé, jupe droite et chignon, lui confère une certaine ressemblance avec la pionnière de la psychanalyse infantile, la comédienne explique qu'elle se devait surtout de rester fidèle à son aura.

Françoise Dolto, le désir de vivre
 
Que pensez-vous du travail de Françoise Dolto ?
J'ai toujours pensé sincèrement que son travail était formidable. On ne pouvait que la connaître si l'on était maman dans les années 70 ou 80, à travers ses émissions de radio ou ses livres. Toutes les mamans ou futures mamans achetaient le livre de Dolto, Lorsque l'enfant paraît.
La manière dont l'on traitait les enfants difficiles ou perturbés dans les années 50 est très bien montrée dans le film. Ils étaient placés en asile, où on les attachait à leur lit, les considérant comme définitivement perdus pour la société.
Françoise Dolto a porté un regard différent sur eux et a permis que l'on traite tous les enfants différemment, en les considérant comme des êtres à part entière.
 
Un destin hors du commun pour une femme qui avait eu une enfance si difficile...
Oui, car non seulement Françoise Dolto est miraculeusement sortie plus forte des épreuves qui auraient pu la traumatiser définitivement, mais celle que l'on avait privée de parole, a donné la parole aux enfants et leur a consacré sa vie. C'est un aspect intéressant du personnage. Sa mère l'a longtemps rendue responsable de la mort de sa soeur, lui reprochant de ne pas avoir suffisamment prié pour la sauver. Puis, alors qu'elle voulait devenir médecin, on l'en a empêchée jusqu'à ses 25 ans.
 
Comment était-elle ?
Dolto pouvait incarner à la fois la mère ou la grand-mère, avec un côté maternel très marqué, même physiquement. C'était une femme plantureuse, en rondeurs, avec une poitrine généreuse. Elle est également charismatique et assez mystérieuse, va courir faire le tour de l'hôpital entre deux consultations...
 
Avez-vous accepté le projet avant lecture du scénario ?
En effet. J'ai accepté le projet en toute confiance car j'avais beaucoup aimé travailler avec Serge Le Péron (Josiane Balasko tenait le rôle de Marguerite Duras dans J'ai vu tuer Ben Barka, ndlr) et je connaissais la qualité de son travail.
 
Il vous a donc écrit, avec Frédérique Moreau, un rôle sur mesure ?
Il n'écrivait pas pour moi ; il écrivait Dolto. A moi ensuite de m'adapter au rôle. J'étais très fière d'interpréter cette femme et très fière que Serge ait pensé à moi.
 
Vous vous êtes alors documentée ?
Oui, mais il existe très peu de documents sur Dolto à l'époque où se situe l'action du film, juste après la guerre : un ou deux enregistrements radio, aucun film, quelques photos et ce qu'elle en raconte. C'est très intéressant de lire ses entretiens avec sa fille parce qu'elle y parle de son enfance. J'ai également regardé certaines des conférences filmées qu'elle a données, plus tard, dans lesquelles elle explique ses théories. Mais il était difficile de la copier d'après ces documents car ils montraient une femme de 60 ou 70 ans alors que le film montre une femme de 45 ou 50 ans.
 
Comment avez-vous construit «votre» Dolto ?
C'est passé par la coiffure, l'habit... Mais surtout par une manière d'être. Il fallait être très intense, tout le temps. Ce n'était pas tellement la manière de parler... c'était être dans l'attention.
Son entourage, sa fille nous ont parlé d'une personne qui n'allait jamais dans le conflit ouvert, et qui, par son énergie positive, attirait à elle des aides, des soutiens, et parvenait à imposer des choses impensables à son époque. Arriver à trouver ce tout petit bureau à l'hôpital Trousseau, alors qu'on la prend pour une folle qui parle aux enfants, et passer au-dessus des oppositions des pontifes de la médecine sans clashes, sans heurts violents : ça, c'était Dolto.
Et puis, j'avais noté qu'elle avait beaucoup d'humour et l'on m'avait dit qu'elle souriait énormément, ne faisait jamais la tête, était toujours ouverte, amicale. Même dans l'adversité. D'ailleurs, mes premières impressions à la lecture du scénario ont été :  «Mais enfin, cette femme ne se rebelle donc  jamais ? Elle ne tape donc jamais du poing sur la table ?»... On m'a répondu : «Elle n'en avait pas besoin».
 
Le rythme du tournage vous a-t-il gênée dans votre jeu ?
Sincèrement, pas du tout. Les lumières étaient belles et demandaient peu de temps d'installation à Laurent, un jeune chef opérateur. Cela nous laissait plus de temps ²pour le jeu.
Serge sait mettre les gens en confiance. Il est patient et possède une grande douceur. C'est un cinéphile, qui a une grande connaissance du cinéma. Avec lui, c'est simple.
 
Quelle a été votre réaction en voyant le film ?
Je suis toujours pétrifiée la première fois que je me vois à l'écran. Je ne me regarde pas ; je regarde l'histoire. J'étais avec des amis qui ne la connaissaient pas et ont été très touchés et même émus.
 
Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans votre jeu ?
C'était un rôle difficile parce qu'il ne demandait pas une bravoure particulière pour une scène ; le personnage est construit par ce qu'il dégage et non par ce qu'il fait.
Parfois, il m'échappait. Je disais alors à Serge (Le Péron) : «Ce n'est pas elle, c'est moi ! On arrête, on recommence !» Alors, ce n'était plus Dolto, avec sa façon de parler... c'était Josiane, avec son accent parigot !
La part la plus difficile de mon travail a été de retrouver l'énergie que dégageait Dolto dans un personnage assez statique. Je pense que le scénario est habilement construit sur un personnage plus en écoute qu'en action et les enfants, deux personnages qui sont toujours en mouvement.
 
Sylvie Pialat (la productrice) confie que Carlos tenait à ce que vous interprétiez sa mère. Pourquoi ?
Je ne sais pas ! J'avais connu Carlos lorsque nous avions fait un duo sur une chanson de Sylvie Vartan pour une émission...
 
Quel est le plus beau compliment que vous ayez déjà reçu sur ce rôle ?
Catherine Dolto m'a envoyé une très belle lettre après avoir visionné le film. Elle y écrivait qu'elle ne se sentait absolument pas trahie en me voyant incarner sa mère. 
 
 Cliente, le film écrit et réalisé par Josiane Balasko est au cinéma depuis le 1er octobre.
L'actrice entame fin octobre en région parisienne, le tournage de L'élégance du hérisson - adapté du best-seller de Muriel Barbery - dans le rôle de l'intelligente et irascible Renée, concierge de son état.
Elle a également tourné dans Musée haut, musée bas, le film chorale de Jean-Michel Ribes, en salles le 19 novembre.
Ensuite, elle souhaite mettre en scène au théâtre sa fille, Marilou Berry.

                                                                                                                                           Maud Fayat

SERGE LE PERON / REALISATEUR - AUTEUR

Un hommage à une femme d'exception

Après le film J'ai vu tuer Ben Barka réalisé en 2005, Serge Le Péron est de retour sur le tournage de FRANCOISE DOLTO, LE DESIR DE VIVRE.  Le réalisateur parle avec passion de cette femme qu'il a mise en scène et de son amour pour les personnages emblématiques.

 
Serge Le Péron (réalisateur-auteur), Sylvie Pialat (productrice)
et Frédérique Moreau
(auteur)

Pourquoi avoir choisi de mettre en scène Françoise Dolto ?
Françoise Dolto est le symbole d'une époque en changement. Avec Frédérique Moreau (l'auteur), nous voulions mettre en image le parcours de cette femme et les progrès qu'elle a permis de réaliser sur la petite enfance. Nous nous sommes principalement focalisés sur son travail entre 1945 et 1948, au moment où elle fut la plus inventive et commença sa carrière. Ce film était aussi l'occasion de parler du statut des enfants et de l'après-guerre rarement représentée sur le petit écran.
 
Vous tournez une nouvelle fois avec Josiane Balasko. Comment s'est orienté votre choix ?
Après avoir tourné Ben Barka, j'ai eu envie de retravailler avec Josiane et j'ai tout de suite pensé à elle pour Dolto. Physiquement, il y avait un travail intéressant à réaliser mais je trouvais aussi que le caractère battant et impliqué de ces deux personnages pouvait donner un beau résultat. En plus de la rime (Dolto - Balasko), c'était évident pour moi que ce rôle revienne à Josiane. Je l'ai d'ailleurs écrit pour elle !
 
Justement, vous êtes aussi co-auteur de cette fresque. Pourquoi une telle implication ?
J'écris et je co-écrit toutes mes œuvres. Je pense que la mise en scène commence au moment où les idées sont jetées sur le papier. A ce moment-là, on entend, on comprend ce qui sera ensuite filmé. On peut imaginer un personnage, l'acteur qui le représentera. Avec Frédérique Moreau, on a beaucoup regardé et lu d'archives de l'époque pour être justes. Durant l'écriture, on a soumis le scénario à des proches de la psychanalyste pour qu'ils réajustent le texte afin d'être au plus près de la réalité. C'était important que les lieux, les gestes, les paroles paraissent réels.
 
En effet, le film évolue entre fiction et réalité...
Afin d'illustrer le travail de Françoise Dolto, nous nous sommes inspirés de cas qu'elle a traités pour créer les personnages de Claude et Ben. Même s'ils n'ont pas existé, c'est le regard croisé de ces enfants qui permet de comprendre ce qu'était Dolto. On a fait en sorte que son attitude et son parler soient en adéquation avec ce qu'elle était. Elle devait rester mystérieuse et en même temps se dévoiler. 
 
La famille Dolto a été très présente, de l'écriture à la réalisation. Elle voulait être certaine que ce film rende hommage à Françoise Dolto et ne déforme pas la réalité. Comment avez-vous géré cette pression ?
Je comprends les enfants de Françoise Dolto. Voir leur mère portée à l'écran n'est pas évident, notamment quand le film mêle fiction et réalité. On a du montrer qu'on était sérieux et qu'on ne profitait pas de la célébrité de Française Dolto. Tout était minutieusement vérifié ! Cela n'a pas été évident non plus pour Josiane. Elle devait jouer un personnage sérieux, pour lequel chaque mot avait son importance.
 
Travailler pour le cinéma et la télévision, est-ce différent ?
Cela ne change pas grand-chose, à part le temps de tournage qui est forcément plus court. En 27 jours, il a fallu mettre en boîte le film. Au lieu de tourner une séquence par jour comme au cinéma, on en faisait trois à quatre. Cette exigence de rapidité était malgré tout très positive car elle créait une certaine énergie et dynamique sur le tournage. Les acteurs pouvaient se mettre plus facilement dans la peau de leur personnage.
 
Vous avez donné son premier rôle à Maxime Berger sous les traits de Claude. Mettre en avant un comédien débutant, est-ce un pari risqué ?
Maxime a été recruté lors d'un casting sauvage. Dès le départ, il a montré son envie de jouer. Après plusieurs séances de répétition, on savait qu'il était motivé. C'est un garçon très secret et en même temps très impliqué. Il savait que son rôle était important et qu'il portait un film sur ses épaules alors il a tout fait pour être le plus crédible possible. Je pense que c'est réussi !
 
D'autres débutants faisaient partie du casting : des enfants autistes que vous avez recrutés comme figurants. Comment s'est déroulée cette coopération?
C'est à Bruxelles que nous avons déniché certains lieux emblématiques comme l'hôpital Trousseau. Il nous fallait des locaux vétustes qu'on ne trouvait pas à Paris. Près du tournage se trouvait une association fondée par une proche de Dolto où vivaient des enfants autistes. Nous avons expliqué notre projet à la directrice. Elle a accepté qu'on rencontre les enfants et certains ont voulu participer au film. Tout s'est bien passé ! Les infirmières du centre étaient présentes et ont même tourné dans certaines scènes pour encadrer et rassurer les enfants.
 
Après cette fiction sur Dolto, quels sont vos projets ?
Pour l'instant, je n'ai rien de prévu. Pendant deux ans et demi, j'ai pensé, dormi, mangé Dolto. Il me faut un peu de temps pour digérer ce projet mais j'aimerais retravailler sur un personnage emblématique avec Josiane Balasko. J'ai envie de remettre en scène une époque qui implique un travail de recherches, de décoration, de maquillage... 

                                                                                                                                          Joséfa Lopez

FREDERIQUE MOREAU / AUTEUR

Une histoire de passion

 Auteur du scénario de FRANCOISE DOLTO, LE DESIR DE VIVRE, Frédérique Moreau a travaillé avec Serge Le Peron pour redonner vie à cette pionnière de la psychanalyse. Elle revient sur ce premier film écrit pour la télévision et sur sa fascination pour ce personnage charismatique.
 
Pourquoi avoir choisi d'écrire sur Dolto avec Serge Le Peron ?
Après J'ai vu tué Ben Barka, nous avons eu envie de collaborer une nouvelle fois. C'est un plaisir de se retrouver : Serge est calme, souple et aime transmettre sa passion. Dolto s'est ensuite imposée d'elle-même. Nous voulions rendre hommage à cette femme sous les traits de Josiane Balasko.
 
Ce personnage vous passionne. Pourquoi ?
Françoise Dolto a fait évolué le regard du monde médical sur la psychanalyse et sur la place des enfants. A l'époque, les femmes médecin étaient envoyées comme psychiatres pour enfants car les hommes ne trouvaient pas ce domaine intéressant. Elles travaillaient alors auprès de bambins considérés comme dégénérés ou débiles. Quand on relit les témoignages, on a l'impression de revenir au XIXe siècle. Le combat de cette femme est donc remarquable, compte tenu des conditions d'exercice et des pressions qu'elle subissait !
 
Comment prépare t-on un tel projet ?
Au fur et à mesure de l'avancée du travail, nous soumettions régulièrement le scénario à des psychanalystes, comme Marie Albertini, qui ont connu Françoise Dolto. Il fallait s'assurer que son parler et ses réactions soient justes. ça a été un véritable travail de documentalistes !
 
Comment vous a-t-on décrit Françoise Dolto ?
Les gens qui ont travaillé avec elle la présentent comme une femme mystérieuse, dévorée par son charisme. Elle était subjuguante et avait presque un sixième sens. Elle passait pour une «sorcière» des temps modernes, le genre de femme qu'on aime regarder travailler mais qui impressionne.
 
Est-ce plus facile d'écrire sur un personnage public ?
C'est à double tranchant ! D'un côté, on peut s'appuyer sur des archives et pour Dolto, elles sont très nombreuses ! Cela facilite le travail car on a plus d'inspiration. Mais de l'autre, il faut coller au plus près de la réalité et plaire à l'entourage.
 
Josiane Balasko dans le rôle de Dolto, c'était une évidence pour vous, comme pour Serge Le Peron ?
Ce rôle a été écrit en pensant à Josiane et elle a tout de suite été partante ! Elle avait déjà travaillé avec Serge et lui faisait confiance. C'était son premier rôle à la télévision et Carlos, le fils de Françoise Dolto, a insisté pour qu'elle accepte de jouer sa mère.
 
 Comment trouvez-vous l'inspiration ?
J'écris depuis que je suis toute petite. J'ai en général cinq à six projets qui me trottent dans la tête. J'aime particulièrement les histoires qui se transmettent de générations en générations et qui finissent par être portées à l'écran. Pour des fictions comme celle-ci, je trouve qu'une diffusion en télévision est intéressante. Je viens d'un milieu modeste et j'ai moi-même découvert le monde à travers ce média dit « populaire ».
 
Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Je viens de finir le scénario du film Les gardiennes avec Nathalie Baye dont le tournage doit commencer en juin-juillet 2009. Il raconte le parcours de femmes pendant la guerre 1914-1918. Pour la télévision, j'aimerais écrire un film sur Django Reinhardt., le célèbre guitariste de jazz.  Je participe aussi à des programmes courts pour le Grand journal de Canal +. Ce sont des sketches sous la forme de faux bonus DVD de films. Avec Serge, nous avons un autre projet de film pour la télévision mais ce n'est pas encore défini...  

                                                                                                                                            Joséfa Lopez

FLORENCE PERNEL/ JENNY AUBRY

Les femmes et la psychanalyse

Dans FRANCOISE DOLTO, LE DESIR DE VIVRE, Florence Pernel incarne Jenny Aubry, psychanalyste mais aussi amie et collègue de Dolto. Après Marie Humbert, l'actrice revient sous les traits d'une femme forte et investie.

Françoise Dolto, le désir de vivre 

Connaissiez-vous Jenny Aubry avant le début du tournage ?
Comme tout le monde, je connaissais l'histoire de Françoise Dolto mais pas celle de Jenny. Quand Serge Le Péron m'a parlé d'elle, j'ai appris qu'elle était la mère d'Elisabeth Roudinesco, une de mes amies ! Je l'ai tout de suite appelée pour en savoir plus.
 
Avoir un témoignage direct d'un membre de sa famille a-t-il permis d'appréhender le rôle avec plus de facilité ?
En effet ! Elisabeth m'a beaucoup parlé de sa maman et j'ai visionné des films réalisés dans les années 50 qui illustraient ses travaux. J'ai pu m'en inspirer et découvrir cette femme.
 
Pourquoi avoir accepté d'incarner cette psychanalyste ?
Dès le départ, j'ai été attirée par cette histoire mettant en lumière deux femmes à la manière de travailler radicalement différente mais à la volonté de fer. Jenny Aubry, comme Françoise Dolto, a imposé des idées contestataires dans un monde traditionaliste et machiste. Bien qu'ayant peu de scènes dans le film, j'ai voulu joué ce personnage qui, à mon sens, tient un rôle important.
 
Comment décririez-vous Jenny ?
C'est une femme très intéressante. Elle a été une des pionnières, avec Dolto, à travailler sur la psychanalyse pour enfants. Sa méthode était différente de sa consoeur. Elle était très cartésienne, raisonnée, moins intuitive et familière que Dolto. Malgré tout, les résultats qu'elle obtenait étaient tout aussi concluants ! Elle a apporté à Dolto son expérience des hôpitaux quand celle-ci lui enseignait ses méthodes de travail.
 
Vous êtes vous-même maman. Quels conseils avez-vous retenu de l'enseignement de Dolto ?
Quand j'étais enceinte, j'ai lu comme tout le monde des livres et magazines sur l'enfance et j'ai pu à cette occasion découvrir les travaux de cette psychanalyste. Aujourd'hui, ses propos paraissent tellement censés mais à l'époque, le rapport à l'enfant était tout à fait différent, austère et sacré à la fois. Les enfants n'étaient pas intégrés dans la société comme aujourd'hui. Dolto a démontré qu'ils ont chacun leur propre personnalité et ont besoin de paroles et de câlins pour grandir normalement. Grâce à elle, un fou ne resta pas un fou !
 
Le film est très réaliste, notamment grâce aux décors un peu lugubres.
Aujourd'hui, on ne se rend pas compte de la dureté de l'époque, d'où le choc que l'on peut ressentir dans les salles sombres et lugubres de la Salpêtrière ou de l'Hôpital Trousseau. Au sortir de la guerre, tout était rationné : il n'y avait pas de budget pour les biens portants, alors pour les malades...C'était effrayant ! C'est aussi ce qui est intéressant avec cette fiction. Elle replace le travail de Dolto dans son contexte, dans un monde sans sensibilité et considération pour les enfants, et met en avant son génie.

Vous avez aussi tourné avec des enfants autistes qui jouent les petits malades que prend en charge Jenny. Comment travaille t-on dans ces cas- là ?
Il a fallu s'adapter aux attentes et aux doutes de chacun. C'est un peu comme quand on joue avec des acteurs qui parlent une langue étrangère : il faut être attentif à eux et leur expliquer les choses plus posément. On a parfois du improviser mais le tournage avec les enfants s'est très bien passé.
 
Vous avez incarné Marie Humbert et on vous retrouve aujourd'hui sous les traits de Jenny Aubry. C'est important pour vous de mettre en lumière le combat de ces femmes ?
Rendre hommage à de tels personnages donne plus de poids à un rôle. On se sent obligatoirement plus impliqué, tout en ayant un peu de pression. Il faut être à la hauteur, être fidèle à ces femmes, d'où la nécessité de se documenter, de rencontrer leurs proches, de leur parler pour éviter les fausses notes. C'est un défi très excitant !
 
Quand vous retrouve t-on sur TF1 ?
J'ai tourné dans un thriller qui s'appelle Sang d'encre. Il devrait être diffusé bientôt ! 

                                                                                                                                         Joséfa Lopez

MAXIME BERGER / CLAUDE
 
Quand le collégien devient acteur

A 14 ans, Maxime Berger a découvert le métier d'acteur aux côtés de Serge Le Péron. Pour son premier film, il incarne Claude, jeune rebelle, que Dolto va prendre sous son aile. Timide et passionné, il livre ses premières impressions.


 Françoise Dolto, le désir de vivre


Pour un premier rôle, vous avez été gâté. Vous êtes un des personnages principaux du film. Comment avez-vous été recruté ?
L'occasion de tourner dans ce film s'est présentée par hasard. A la sortie de mon collège, une dame distribuait des feuilles pour un casting. Je n'ai pas compris tout de suite en quoi cela consistait car je ne connaissais pas ce métier. Mais ma mère m'a dit que c'était un beau projet alors je me suis présenté au casting. Plusieurs rencontres ont été ensuite nécessaires pour tester les combinaisons d'acteurs.
 
Trois semaines plus tard, le verdict tombait ...
A mon grand étonnement, j'étais assez confiant ! Je pense que c'est parce que je ne me rendais pas compte de l'enjeu et du nombre d'enfants qui pouvaient avoir le rôle de Claude à ma place. Serge Le Péron a confié à mes parents qu'il voulait dès le départ que je tourne dans le film. J'ai eu de la chance car il m'aimait bien ! Ensuite, il a fallu attendre quelques semaines avant le début de tournage. J'étais très impatient !
 
Est-ce une pression supplémentaire d'être débutant parmi tous ces acteurs confirmés ?
Serge m'a donné beaucoup de conseils pour interpréter mon personnage. Il m'a rassuré car je ne savais pas trop comment m'y prendre. C'était un monde inconnu pour moi ! Au début, j'avais du mal à me concentrer et puis, c'est venu petit à petit. Malgré tout, quand on tournait la même scène dix fois de suite ; c'était assez long, surtout quand je trouvais que la précédente était bonne !
 
Connaissiez-vous Françoise Dolto avant de tourner ?
J'avoue que non ! C'est ma mère qui m'a parlé d'elle. J'ai appris que c'était une grande dame qui a marqué son époque. Il y a donc un véritable intérêt à ce film car il permettra peut être aux enfants de mon âge de découvrir son travail !
 
Comment décririez-vous Claude ?
C'est un petit voyou et en même temps, un suiveur. Je trouve qu'il est assez proche des jeunes de notre époque. Je m'identifiais un peu à lui. Quand j'apprenais mon texte, ses propos étaient parfois les mêmes que les miens aujourd'hui !
 
Se mettre dans la peau d'un personnage qui vit dans les années 50, qui a connu la guerre et a vu sa mère mourir, n'était-ce pas trop dur ?
Quand j'ai essayé mes habits, cela a rappelé des souvenirs à mes parents alors que j'avais l'impression d'être déguisé ! C'était assez marrant ! Mais avec les costumes de l'époque, le maquillage, les décors, j'ai réussi à imaginer comment aurait pu être Claude. Je n'ai pas encore étudié la seconde guerre mondiale à l'école, mais j'ai vu des films donc je connaissais le contexte. 
 
Vous iriez, comme Claude, vous confiez à une psychanalyste ?
Quand j'étais plus petit, je suis allé en voir une. Ma psy a été une des élèves de Françoise Dolto, donc dès que Josiane Balasko me donnait la réplique, c'était comme du déjà vu ! Serge s'est vraiment bien documenté car les conseils et les exercices donnés étaient identiques à ceux que j'ai pu recevoir. En 50 ans, la psychanalyse n'a donc pas beaucoup changé !
 
Vous êtes-vous vite intégré sur le tournage ?
L'équipe était très sympa, il y avait une bonne ambiance. Beaucoup de gens m'ont dit que j'avais eu de la chance de commencer à tourner avec Serge. C'est moi qui ai dû les ennuyer car je leur posais tout le temps pleins de questions ! Je voulais tout découvrir, tout comprendre car l'ensemble des métiers me plaisait. J'ai appris beaucoup de choses sur le tournage.
 
Est-ce que vos camarades savaient que vous aviez tourné dans un film ?
Oui. C'était assez drôle car à la rentrée, ils m'ont posé beaucoup de questions. Mais, tout est redevenu calme rapidement. J'ai aussi pu partager mon expérience avec un ami qui a également tourné dans un film cet été.
 
Que retenez-vous de ce tournage ?
ça a été une très belle aventure. Malgré tout, il ne faut pas s'imaginer que ce sont des vacances. C'est du travail ! Cette expérience m'a donné envie de continuer, mais seulement si l'occasion se représentait. Je ne veux pas courir les castings comme le font beaucoup d'enfants. Je me concentre sur de «beaux films» comme celui-ci ! 

                                                                                                                                         Joséfa Lopez

MILAN ARGAUD /  BEN
 
A la découverte des orphelinats

Après avoir incarné Albert Spaggiari enfant au cinéma, Milan Argaud devient Ben, fils d'un truand juif et d'une mère prostituée, dans FRANCOISE DOLTO, LE DESIR DE VIVRE. Grâce au travail de la psychanalyste, l'enfant qu'il incarne va réussir à grandir.

Françoise Dolto, le désir de vivre
 
Comment décririez-vous Ben ?
C'est un enfant assez dur et très compliqué. A l'orphelinat, il s'est inventé des histoires pour oublier une réalité qui lui fait mal. Il est mythomane et fourbe mais au fond, très gentil. Il n'a pas eu une vie facile et la psychanalyse va beaucoup l'aider.
 
Avez-vous des points communs avec Ben ?
Pas vraiment ! C'est un dur à cuire alors que, je suis assez tranquille. Au collège par exemple, je ne me fais pas remarquer. C'est justement cette différence de caractère qui a été intéressante à travailler car elle nécessitait plus d'implication et plus d'efforts pour se mettre dans la peau du personnage. En jouant des rôles difficiles, on s'ouvre des portes pour incarner ensuite des personnages complexes.
 
Que va-t-il lui arriver ?
Enfant, Ben est placé dans un orphelinat car ses parents ne peuvent pas s'occuper de lui. Son père est en cavale et sa mère mène une vie plutôt dépravée. Il va rencontrer Claude et se lier d'amitié avec lui. Ensemble, ils vont faire les quatre cents coups et notamment tenter de se rendre dans un camps de concentration pour retrouver le père de Ben qu'ils croient détenu par les Allemands.
 
Ben consulte Françoise Dolto pour aller mieux. Comme avez-vous abordé ce personnage psychologiquement fragile ?
Je me suis beaucoup renseigné sur les orphelinats, comme ceux dans lesquels auraient pu vivre Ben. Je voulais me faire une idée de la vie qu'il aurait eue à partir des témoignages que j'ai lus. Pour jouer Ben, j'ai essayé d'oublier ce que j'ai moi-même vécu pour me mettre dans sa peau. Je voulais ressentir ce qu'il aurait pu ressentir, voir ce qu'il aurait pu voir. Son histoire devait devenir la mienne.
 
Que pensez-vous de la psychanalyse ?
Je crois énormément en cette médecine. Je suis moi-même allé consulter quand j'étais enfant et cela m'a beaucoup aidé. Je peux d'autant mieux comprendre Ben en ayant vécu la même expérience. Je pense, et j'en suis même sûr, qu'il ne faut pas hésiter à consulter pour aller mieux quand on a des problèmes.
 
Connaissiez-vous Françoise Dolto ?
J'ai 14 ans et j'avoue que je n'avais pas entendu parler de cette femme. Alors je me suis tout de suite documenté. J'ai fait des recherches sur Internet et une amie m'a prêté un livre sur Dolto expliquée aux enfants. Cela m'a permis de mieux comprendre l'enjeu du film. Ensuite, sous les traits de Josiane Balasko, j'ai pu cerner le personnage.
 
Comment s'est passé le tournage ?
C'était un des meilleurs de ma jeune carrière ! Il y a eu une bonne ambiance du début jusqu'à la fin malgré la pression et la fatigue. Tout le monde s'entendait bien et rigolait. Serge était très attentif à nos doutes et nos peurs.
 
Vous avez déjà tourné dans de nombreux films. Que pensez-vous de celui-ci ?
Je suis très fier d'avoir participé à cette fiction. Le scénario est très bien ficelé et Serge Le Péron a merveilleusement réussi à le mettre en scène. Le fait de s'intéresser à un personnage qui a marqué une époque comme Françoise Dolto donne encore plus de poids au film.
 
Jean-Paul Rouve, Pierre Arditi, Alain Bashung et aujourd'hui Josiane Balasko,... à 14 ans, vous entrez dans la cour des grands !
J'ai vraiment beaucoup de chance. Bien sûr, ce n'est pas tout car il faut beaucoup travailler pour interpréter un rôle mais si on m'avait dit que je tournerais avec autant de grands acteurs, je ne l'aurais pas cru !
 
Quand on se retrouve à donner la réplique à Josiane Balasko, comment se sent-on ?
Tout petit ! On a l'impression de retourner dans le bac à sable de ses trois ans. C'est vrai que quand on arrive sur un tournage et que ce n'est pas la première fois, on a tendance à se dire qu'on sait faire, qu'on est habitué. Puis, quand on se retrouve face à des acteurs qui ont des dizaines de films à leurs actifs, on ne fait plus le malin !

                                                                                                                                       Joséfa Lopez

BIOGRAPHIE

Françoise Dolto, porte-parole de la psychanalyse

Le 25 août 1988, le monde de la psychanalyse française est en deuil. Françoise Marette, figure de proue de la discipline et plus connue sous le nom de Françoise Dolto, vient de mourir
Psychanalyste et pédiatre, Françoise Dolto a marqué son siècle par sa personnalité et son puissant intérêt pour l'enfance. Sans s'en rendre compte, pères et mères du XXe siècle ont été baignés par les théories de Dolto. Qui ignore aujourd'hui que « le bébé est une personne», que « tout se joue avant cinq ans » ou qu'« il n'y a pas de mauvaise mère » ?

Quand Marette devient Dolto
Enfant, Françoise Marette a pour vocation de devenir «  médecin d'éducation ». Malgré le refus de sa mère, elle réussit à devenir infirmière puis pédiatre. Une rencontre avec les professeurs René Laforgue et Sophie Morgenstern l'entraîne à découvrir la psychanalyse, voie qu'elle ne quittera plus. Durant toute sa carrière, elle travaille en coopération avec Jacques Lacan et marque l'histoire de la psychanalyse sous le nom de son époux. Françoise Marette devient le Dr Françoise Dolto.

L'enfance au cœur des travaux de Dolto
La cause des enfants apparaît comme le combat de la vie de Dolto. Pour elle, l'enfant doit être considéré comme un être à part entière pour favoriser le développement de l'adulte qu'il deviendra. Auprès de ses petits patients, elle apprend à communiquer par le langage du corps pour comprendre leurs souffrances, leurs failles et pour les aider à grandir. Ces travaux rompent avec l'idée très répandue de l'époque que l'enfant ne peut ni comprendre ni souffrir. Lors d'entretiens organisés à l'Hôpital Trousseau, Françoise Dolto soigne et apaise ces enfants qu'elle responsabilise. Mais dans ses travaux, l'adulte n'est pas pour autant ignoré.

Caresses et soin pour bien grandir
L'idée du « bon maternage» est au cœur des travaux de Françoise Dolto. Pour qu'un enfant se développe naturellement, les parents jouent un rôle fondamental. Elle choisit le terme "d'aimance" pour montrer que les paroles et les caresses d'une mère font partie intégrante de l'éducation d'un enfant. Les parents ne doivent pas se contenter de mettre au monde un enfant, ils doivent aussi s'en occuper, lui parler et l'aimer. Grâce à ses travaux, le bébé devient véritablement une personne.

Une personnalité à toute épreuves
Etre femme médecin et imaginer des traitements novateurs n'est pas la voie la plus facile pour s'imposer dans un monde traditionaliste et masculin. Mais avec persévérance et caractère, Françoise Dolto réussit à développer un discours peu ordinaire. Généreuse, patiente, intuitive, elle se fait apprécier des enfants et respecter des parents. Dès les années 70-80, son influence en psychanalyse est incontestable grâce à ses nombreux livres et ses interventions en radio. Sur France-Inter, elle participe à l'émission Lorsque l'enfant paraît animé par Jacques Pradel. Succès médiatique pour cette grande dame, à tel point qu'une génération plus tard, une anthologie paraît sous forme de CD audio. 

                                                                                                                                        Joséfa Lopez

Liens
http://www.francoise-dolto.com/ 
www.ina.fr                                                                                                                                                 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

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