FICTION LES CORBEAUX
RÉSUMÉ Mini-série 2x90'
Le dérèglement climatique a fortement perturbé la migration des corbeaux, qui se retrouvent totalement désorientés sur une île. Au travers de destins croisés : Sonia, médecin et sa petite fille autiste Estelle, Jérôme Atlan, un ornithologue enquêtant sur le comportement étrange des différentes espèces d'oiseaux, un gang de braqueurs venu "se planquer" sur l'île après un braquage meurtrier, les habitants de l'île vont être confrontés à la violence des corbeaux. Les attaques se multiplient et la situation met la population en émoi. A cela s'ajoute la disparition mystérieuse de la petite Estelle. Est-ce une fugue ou un kidnapping ? Les habitants de l'île se mobilisent pour la retrouver. Les corbeaux, de plus en plus nombreux, vont progressivement isoler l'île du continent en détériorant et coupant tous les moyens de communication. Seule Estelle, la petite fille autiste capable de communiquer avec ces oiseaux, réussira à rétablir la paix sur l'île. GÉNÉRIQUE Réalisé par Régis Musset Montage : Gaëlle Ramillon Scénario et adaptation : Sergio Gobbi Scénario, adaptation et dialogues : Laurent Scalèse Adaptation : Ives Swennen Dialogues Bruno Dega Musique : Guillaume Roussel et Karambyk Costumes : Sylvie Laskar Décors : Philippe Lacomblez Directeur de la photographie Jean-Claude Schifrine Avec : Astrid Veillon (Sonia), Jean-Pierre Michael (Thomas), Anne Charrier (Nathalie), Candice Hugo (Liliane), Eric Boucher (Wilfrid), Frédéric Pellegeay (Stéphane), Zoé Duthion (Estelle), Zacharie Chasseriaud (Julien), Fabio Zenoni (Franck), Delphine Grandsart (Julie), Catherine Sola (Irina), Jean-Pierre Malignon (Gardella), Stéphane Bonnet (Buffetaut), Warren Zavatta (Chatrier), Igor Skeblin (Vigne), Gianni Giardinelli (Yannick), Brice Ormain (Jérôme), Gilles Fossard (Lacombe), Marie Montoya (Claire), Rémi Bichet (Marc), Pierre Laplace (Augustin), Frédéric Rose (Gilles), Jérémie Covillault (Yves), Nicolas Jouhet (Roger), Christophe Lecouvey (Antoine), Aline Alliot (Femme aux draps), Ernst Umhauer (Ado), Lucie Loue (Journaliste)
ARTICLE
LES CORBEAUXLES CORBEAUX 1re partie LUNDI 26 JANVIER 2e partie LUNDI 2 FEVRIER
Les corbeaux envahissent peu à peu une île, devenant de plus en plus menaçants et inquiétants jusqu'à faire planer la terreur sur les habitants. Qui pourra leur échapper?
Régis Musset / réalisateur L'envers du décor
Entre effets spéciaux dignes des plus grands films du genre au cinéma, effets de lumières et mise en scène d'acteurs virtuels, les corbeaux, en post-production, Régis Musset, le réalisateur, nous dévoile tout des secrets de tournage des Corbeaux. Comment vous est venu l'idée du téléfilm et le fait d'y incorporer des effets spéciaux ? Lorsque Sergio Gobbi m'a proposé de réaliser ce téléfilm, j'ai immédiatement donné mon accord, trouvant passionnant le scénario. Le challenge était de taille car c'est un projet exceptionnel, au ton particulier et qui comporte pas moins de 450 plans truqués, entre plans de corbeaux et plans de ciels. Pour figurer les corbeaux et leurs attaques, les effets spéciaux se sont imposés tout de suite. J'ai absolument tenu à ce que de vrais corbeaux soient néanmoins présents, dans un souci de qualité d'image, afin que ceux qui seraient ensuite numériquement intégrés puissent se confondre, et pour amener un peu de chair et de vivant à l'image, que tout ne soit pas seulement virtuel. Nous avons ainsi tourné avec cinq corbeaux, royaux, dirigés par Pierre Cadéac, une référence dans le dressage animalier pour le cinéma. Quelles sont les différences avec la réalisation d'un film classique ? La préparation, qui nécessite un fort découpage des séquences, et la phase du tournage, par la présence des animaux, est plus lourd et long. La grande différence réside dans ce type de film est la mise en scène qui se prolonge après le tournage, au moment de la post- production, contrairement à un film classique. J'ai dû mettre en scène des corbeaux numériques, leur donner des attitudes et des regards, une vraie personnalité, parfois même un réel machiavélisme. Il me fallait les positionner dans l'espace. Un tournage classique, une fois le montage fini, demande 1 mois pour le mixage. Là, il a fallu 3 à 4 mois de travail quotidien avec la société d'effets spéciaux afin de corriger chaque plan. En tout, ce projet m'a pris quasiment un an. De tels moyens sont en général réservés au cinéma. Qu'est-ce que cela induit techniquement ? Un tel film est lourd à gérer parce qu'il nécessite des moyens matériels et humains importants : De nombreux comédiens étaient sur le plateau puisque c'est un film chorale ; des grues ont été utilisées durant 16 jours, des steadycams durant 30 jours. Plus particulièrement, l'intégration en post-production d'effets spéciaux nécessite de faire ce qu'on appelle «des passes à vide», c'est à dire de tourner les mêmes séquences que viennent de jouer les comédiens, mais sans eux, pour la lumière et les emplacements. Ceci dans le but de fournir le matériel ad hoc à la société d'effets spéciaux qui intégrera ensuite les corbeaux. Et dans la mise en scène? C'est un film de genre, et je l'ai donc traité tel quel, avec des plans particuliers : Comme il s'agit d'oiseaux, qui viennent par définition du ciel, j'ai multiplié les points de vue en plongée sur les comédiens ou des plans en contre-plongée, axés vers le ciel, afin de maintenir la pression. Les effets spéciaux demandent une façon de travailler particulière : cela nécessite de préparer minutieusement le tournage au niveau du découpage des séquences de manière à pouvoir diriger les comédiens au mieux, alors qu'ils jouent dans le vide. En tant que réalisateur, il fallait que je sache exactement où allaient se trouver les corbeaux et quelles seraient leurs actions. Cela afin de fournir les indications les plus précises aux comédiens pour qu'ils puissent donner les bons regards et les bonnes attitudes car eux n'avaient rien dans leur champ de vision. Au niveau du décor, l'île est l'une des composantes majeures du téléfilm. Comment s'est opéré votre choix du lieu pour tourner? J'ai choisi de tourner dans la région de Barfleur et de la Hague, pour ses paysages extrêmement durs et rustres qui pouvaient correspondre à un film d'angoisse. J'ai aussi choisi cette région pour son climat réputé mauvais. Au final, nous avons bénéficié d'un temps absolument magnifique et j'ai dû faire rajouter de la pluie durant le tournage. J'ai surtout contourné la difficulté en truquant numériquement, lors de la post-production, certains plans de ciel. Vous avez également travaillé la lumière du film afin d'en accentuer sa dramaturgie... En mélangeant la lumière du soleil avec des ciels d'orage, j'ai ainsi pu obtenir des ciels noirs qui donnent une atmosphère très particulière, un peu fantastique. L'histoire se passe sur 5 jours, et j'ai « désaturé » les couleurs au fur et à mesure que les jours passaient. Le premier jour est très coloré, le second un peu moins, jusqu'au 4e jour, durant lequel tout se joue au niveau de l'action. La lumière y est vraiment à part et l'on se retrouve quasiment en noir et blanc par moment. Au cinquième jour, la lumière revient, rayonnante. J'ai voulu travailler sur l'inconscient des gens, sur un ressenti. Un mot sur les comédiens et l'ambiance sur le plateau ... Je connaissais déjà Jean-Pierre Michaël pour avoir fait trois films avec lui (dont Elodie Bradford, récemment). Astrid Veillon fut une belle rencontre : c'est une très belle femme doublée d'une comédienne d'instinct, qui donne beaucoup. Je trouve que le rapport entre elle et sa fille est très intense et vraiment superbe. Globalement, j'ai trouvé tous les comédiens formidables et l'ambiance était intense et chaleureuse. Toute l'équipe était consciente de l'enjeu exceptionnel du film et a joué le jeu. Au final, je suis très satisfait du résultat. Emmanuelle Papin Astrid Veillon / Sonia
Une battante
Astrid Veillon campe Sonia, le médecin de l'île, une femme forte et éprouvée de voir sa fille rester muette depuis un choc émotionnel. Mais aussi une femme fragile qui a peur de s'abandonner dans les bras de Thomas, un ornithologue... jusqu'à ce que la menace des corbeaux l'y pousse. Comment définiriez-vous votre personnage ? Sonia est l'un des rôles qui m'a le plus marquée et j'ai tout de suite eu envie de le défendre. Forte et fragile à la fois, toujours sur le fil, elle tente constamment de surmonter les événements, d'être plus forte que la vie, sans jamais se plaindre. Cette pudeur est d'autant plus remarquable que ce qu'elle vit, entre sa fille et l'invasion des corbeaux, est très violent. De temps en temps pourtant, ses blessures ressortent. C'est également un personnage complexe, dans son histoire avec Thomas notamment : on la sent attirée par lui et en même temps, elle n'ose pas entamer une histoire. Pourquoi avoir accepté ce rôle? J'ai beaucoup aimé que le téléfilm soit avant tout une histoire de femmes, entre la patronne du bar, la propriétaire de la boutique, mon personnage et sa fille. Vous sentez-vous proche de Sonia ? Sonia est un personnage brisé, comme je les aime, même si elle a gardé beaucoup de générosité, d'écoute et de fraîcheur. Je lui ressemble, dans les fêlures, l'instinct et la peur d'exhiber mes sentiments. Moi qui joue toujours des rôles de femmes exacerbées et extraverties, c'est la première fois que l'on me donne un tel rôle. J'ai dû beaucoup travailler sur le caractère très calme et introverti de mon personnage, sur son énergie intérieure. C'est vraiment l'un des plus beaux tournages que j'aie fait. Parlez-moi de vos partenaires... Grâce à un casting extraordinaire, j'ai eu l'occasion de faire de belles rencontres: Zoé, par exemple, qui joue ma fille Estelle dans le téléfilm, est fabuleuse. Son rôle était vraiment difficile à jouer et elle a vraiment été à la hauteur. Quant à Jean-Pierre Michaël, qui joue Thomas, il est excellent ! Nous ne sommes pas de la même école, lui venant du théâtre et apportant toute sa technique, et moi étant plus instinctive et animale. Notre complémentarité a été intéressante à jouer. Quant à Anne, la propriétaire de laboutique, elle est d'une beauté à couper le souffle et d'une justesse incroyable ! En bref, tous les comédiens sont extraordinaires et j'ai vraiment eu beaucoup de plaisir à les regarder jouer. De nombreux effets spéciaux ponctuent le téléfilm. Est-ce difficile à jouer? J'ai trouvé en effet difficile, voire délicat de jouer des scènes « dans le vide », où seront ensuite intégrés des milliers d'effets spéciaux. Un acteur a beaucoup de pudeur et simuler une attaque de corbeaux n'est pas évident et peut très vite vous ridiculiser ! Le mot d'ordre pour jouer ces scènes est de ne surtout pas avoir peur du ridicule ! Heureusement, j'ai une confiance totale en Régis Musset, le metteur en scène, qui est un véritable chef d'orchestre : il nous dirigeait avec précision et je pouvais me laisser porter, libre pour mon jeu, dans une ambiance chaleureuse et une concentration incroyable ! Jean-Pierre Michaël / Thomas L'ornithologue Jean-Pierre Michaël incarne Thomas, un brillant ornithologue venu sur l'île pour étudier le comportement étrange des oiseaux et qui tombe amoureux de Sonia (Astrid Veillon)... L'acteur parle de son rôle et du pari technologique que représentent les nombreux effets spéciaux du téléfilm. Qui est Thomas? Comment avez-vous travaillé votre rôle ? Le personnage de Thomas est un baroudeur, un homme proche de la nature, qui a envie de vivre sans se poser de questions ! Ornithologue, son métier consiste à observer sur le terrain les populations d'oiseaux, leur renouvellement, leurs migrations, etc. Parachuté sur l'île pour étudier les oiseaux et les causes de leur dérèglement, il tombe amoureux de Sonia, le médecin, interprété par Astrid Veillon. Mais la situation qui les accable, l'invasion des corbeaux, passe avant tout. Pour cerner mon personnage, j'ai essayé de comprendre pourquoi Thomas avait choisi ce métier qui suppose un besoin de vivre dans la solitude, en plus de l'amour de la nature. Un ornithologue se retrouve en effet souvent longtemps isolé dans un baraquement de fonction pour observer les oiseaux. Ce rôle me permet de changer totalement d'image et de registre, moi qui aie beaucoup joué les avocats, flics ou médecins avec mes rôles dans R.I.S, Ils voulaient tuer De Gaulle, Diane, femme flic ou encore la comédie romantique La vie à une avec Claire Keim. Y a-t-il du Thomas en vous ? Pas si cela implique d'aller vivre sur une lande à observer les oiseaux toute la journée ! Mais j'aime ce personnage, sa capacité à être vrai, à s'isoler et à vivre bien avec lui-même. Par ce côté entier, je lui ressemble, même si je me pose plus de questions que lui. Tous mes rôles précédents ont d'ailleurs ce même tempérament : dans RIS, je joue un solitaire, un peu à part, dans Ils voulaient tuer De Gaulle, mon personnage est un peu psychorigide et celui de procureur dans Diane, femme flic est implacable, dur et droit. C'est sans doute l'image que je projette ! Et tant mieux. Le téléfilm compte beaucoup d'effets spéciaux. Cela a-t-il contribué à vous faire accepter le rôle ? Avec ce type de téléfilm à grands effets spéciaux, la télévision s'offre aujourd'hui ce qui était auparavant réservé au cinéma. C'est ce qui m'a poussé à accepter le rôle, en plus de l'atmosphère pesante du scénario. L'intérêt pour moi était de me confronter à ce « genre » de film, que je n'avais jamais eu l'occasion d'aborder. Au final, j'y ai pris un réel plaisir car je me suis retrouvé, comme un enfant, à faire partie d'une aventure technologique importante, me remémorant tous ces films américains à grands effets spéciaux qui m'ont fait rêver ou peur au cinéma. C'était très agréable. Comment se prépare-t-on à jouer des choses que l'on n'a pas concrètement devant les yeux ? Notre travail, lors du tournage, était inhabituel : parce que l'on ne voit pas certains éléments qui seront ajoutés numériquement après le tournage, les scènes dramatiques ont nécessité un réel travail sur l'imagination! Ainsi, dans le téléfilm, on nous voit marcher, dans un endroit cerné par les corbeaux, notre regard happé par ces oiseaux menaçants alors que, dans la réalité, il n'y a rien autour, si ce n'est un bout d'adhésif collé à un endroit où tous nos regards doivent converger ! A un autre moment, j'attrape violemment un corbeau pour qu'il cesse d'agresser un adolescent : j'ai dû jouer cette scène dans le vide, en essayant d'imiter le mouvement alors que le réalisateur ajoutait ensuite numériquement l'oiseau ! Je pense également à une scène où a lieu un immense incendie. Celui-ci a été entièrement créé numériquement et il a fallu que nous, comédiens, imaginions la chaleur et le feu. Même si sur le moment, nous avions l'air un peu ridicule, il faut assumer et jouer le jeu. Est-ce plus difficile à jouer ? En fait, jouer dans le vide est proche d'un instinct enfantin. Je me suis senti comme un gosse qui invente son propre monde, fait d'indiens, de cow-boys, et qui joue, pistolet à la main, avec des ennemis imaginaires... Cette approche est valable également pour le réalisateur qui n'a rien non plus devant les yeux et travaille avec l'imaginaire et la technique.
EMMANUELLE PAPIN
TF1 - DIRECTION DE LA COMMUNICATION
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