TF1PRO
FICTION

L'AFFAIRE BRUAY-EN-ARTOIS
INEDIT SOUS_TITRAGEHD SONFORMATCSA
RÉSUMÉ

Unitaire
90'

1972, dans une petite ville du nord de la France, une adolescente, fille de mineur, est retrouvée morte sur un terrain vague. Elle a été assassinée. Très vite les soupçons se portent sur un notable de la ville, notaire de son état. Ce dernier, après une longue garde-à-vue, est emprisonné par le juge d'instruction s'occupant de l'affaire. Enorme scandale ! Un notable en prison n'est pas chose courante à l'époque. Les médias, très vite, s'emparent de l'affaire qui devient rapidement politique. Pour la première fois aussi, le secret de l'instruction est malmené par le juge, décidé à faire toute la lumière sur ce meurtre.

GÉNÉRIQUE

Production : GMT productions avec la participation de TF1
Réalisation : Charlotte Brändström
Scénario, adaptation et dialogues : Claude-Michel Rome et Stéphane Kaminka
 
Avec : Tcheky Karyo (Juge François Marceau), Bernard Le Coq (Maître Jean-Noël Ferret), Valérie Keruzore (Greffière Claudel), Agathe de la Boulaye (Claire Morvan), Dominique Reymond (Solange Valmont)...

ARTICLE
L'AFFAIRE BRUAY-EN-ARTOIS

Interview de Tcheky Karyo

Seul contre tous !

Le téléfilm L'AFFAIRE BRUAY-EN-ARTOIS, diffusé le LUNDI 22 SEPTEMBRE à 20:50, nous replonge dans une triste affaire de meurtre, perpétré en avril 1972 sur une jeune adolescente et resté impuni. L'acteur charismatique Tcheky Karyo, à la filmographie aussi dense qu'internationale, y hérite d'un rôle sombre. Il interprète le juge Marceau, en quête de vérité, seul face aux méandres destructeurs de la justice...

Votre personnage, le juge Marceau, lutte pour établir la vérité. Est-il pour autant un idéaliste ?
Peut-être mais il se bat pour un idéal juste. Je comprends tout à fait sa quête, il veut pouvoir travailler, faire son métier de juge sans être bâillonné. A cause des incessants barrages que l'administration lui impose, il utilise sa seule marge de manœuvre possible : la médiatisation. Il se bat vraiment jusqu'au bout pour tenter de faire toute la lumière sur ce crime mais il comprend, avec beaucoup d'amertume, ce système qui, au nom de la raison d'Etat, peut aller jusqu'à occulter des crimes aussi graves. Finalement, qu'il ne pourra pas lutter bien longtemps face aux intérêts prioritaires des hautes sphères.
 
D'une nature calme, il pousse les gens dans leurs retranchements pour leur faire avouer leurs contradictions. Etait-ce difficile à interpréter ?
Le secret : maîtriser parfaitement le texte pour fluidifier le jeu. Il n'est pas forcément nécessaire de hausser la voix pour se faire entendre. En s'exprimant calmement, le juge tend des pièges pour tenter de confondre le suspect numéro 1. Il peut s'agir du ton employé, des silences utilisés ou de l'attitude pendant l'écoute, mais surtout, toutes les incohérences des dépositions.   
 
Vos commentaires, en voix-off, servent-ils à renforcer les positions du juge Marceau ?
Bien sûr, et même plus que cela. Ils servent à donner une perspective, à dialoguer avec l'histoire et la réflexion du spectateur.
 
Qu'éprouve-t-on lorsqu'on interprète un personnage qui s'est battu pour faire éclater la vérité, quitte à tout perdre ?
De l'admiration pour l'abnégation dont il a fait preuve.
 
Le fait que ce téléfilm soit inspiré d'une histoire vraie a-t-il influencé votre décision d'y participer ?
Evidemment ! La véracité de l'histoire donne à notre travail encore plus de nécessité, d'autant plus qu'il s'agit d'une affaire restée en suspens.
 
Selon vous, ce film a-t-il pour but de réveiller les consciences endormies par une justice, à l'époque aveugle et docile?
Il peut effectivement avoir vocation à nous alerter face à des moments de l'Histoire où la justice est manipulée. 
 
Quels sont vos projets ?
La musique d'abord. Je vais jouer dans un opéra en octobre, à Rome, Jeanne au bûcher. Le théâtre ensuite. L'année prochaine, je ferai partie de la distribution de La nuit de l'iguane, de Tennessee Williams, mis en scène par Georges Lavaudant.

Interview de Bernard Le Coq

Que la lumière soit !

Bernard Le Coq change de registre. Dans L'AFFAIRE BRUAY-EN-ARTOIS, il apparaît sous les traits d'un notaire influent aux moeurs plus que douteuses. Passionné par l'histoire et les tortuosités de la justice, Bernard Le Coq s'explique sur l'intérêt historique du film...

Votre personnage, Maître Ferret, apparaît très sûr de lui, jusqu'à ce que le juge le mette face à ses contradictions. Il pensait donc que sa position sociale le sauverait ?
Certainement. L'édifice que sa position sociale lui conférait a été ébranlé. D'ailleurs, c'est le sentiment qui se dégageait à l'époque. On peut aisément imaginer qu'une coalition de notables puissants aux appuis politiques importants pouvait dérouter les enquêtes de justice. Quand un tel doute subsiste, on ne peut pas être satisfait des décisions rendues. Mais la justice a tranché, je ne peux faire aucun commentaire. Force est de constater le goût amer laissé par cette décision.

Comment réagit-il face à la détermination du juge Marceau ?
Confronté à la vindicte populaire et à la détermination du juge, il se retrouve mis en danger et voit ses frasques étalées sur la scène publique. Il pensait bien sûr être à l'abri, d'où son cynisme. S'il n'est pas l'assassin, il s'agit juste d'un homme dont l'intimité est dévoilée. Mais si ces bassesses ont conduit à des meurtres, c'est une véritable abomination. Je l'ai joué avec cette ambiguïté.
 
Finalement, Maître Ferret n'est-il pas simplement le pantin des femmes de sa vie ?
Tout à fait. Au fond, c'est un homme faible. Il est entouré de femmes dominatrices, entre ses maîtresses et sa mère. Jusque dans ses fantaisies sexuelles, on ne peut s'empêcher de constater sa soumission. On comprend pertinemment qu'il n'est pas le maître du jeu, mais on ne sait pas à quel point il a été simple témoin ou véritable participant.  
 
Pourquoi accepter de prendre part à un projet s'inspirant d'une affaire extrêmement sensible ?
Tout d'abord, sans entrer dans des considérations politiques ou judiciaires, j'ai trouvé le projet magnifique et les rôles très profonds. Mais l'aspect psychologique m'a passionné au plus haut point. Jouer un personnage trouble, coupable ou pas, me convenait parfaitement. J'ai trouvé intéressant de tenter de faire la lumière, sinon d'apporter un éclairage sur une affaire complexe. La question est : la justice a-t-elle véritablement pu faire son travail dans les meilleures conditions ? Bien que l'affaire ait été jugée, nombre de questions sont restées sans réponses. Le film défend une thèse irréfutable : trop d'éléments ont été laissés dans l'ombre pour affirmer que le jugement rendu était le bon.
 
Vous avez tourné plusieurs fois sous la houlette de Charlotte Brandstörm. Quelle réalisatrice est-elle ?
Elle est merveilleuse, extrêmement attentive et déploie une telle élégance de mise en scène. Les huis-clos sont difficiles à tourner et peuvent vite devenir statiques. Sans faire virevolter la caméra, elle a su filmer les scènes sous des angles variés pour donner du dynamisme. Nous avons quelques très beaux projets ensemble pour la chaîne, j'espère qu'ils vont aboutir.  
 
Votre collaboration avec Tcheky Karyo vous a-t-elle plu ?
Nous avions déjà tourné ensemble dans S.A.C. : des hommes dans l'ombre. Notre confrontation était inversée : il était l'accusé. Nous avons trouvé très amusant de nous retrouver sur ce projet, moi en tant qu'accusé et lui, en juge. C'est un acteur très profond, très riche, qui s'investit énormément et qui cherche la bonne manière de colorer ses personnages. C'est un partenaire exquis, il partage beaucoup. Nous avons été ravis de collaborer.
 
Vous souvenez-vous d'une anecdote particulière sur le tournage ?
Nous appréciions de nous retrouver le soir dans un restaurant de fondue savoyarde. Mon personnage devait être un peu plus enrobé, j'ai donc usé d'artifices... et finalement, j'ai pris 5 kilos ! Le tournage a été fort agréable, nous avons bien travaillé. J'aime cette atmosphère qui allie travail, sérieux et légèreté à la fois. J'espère qu'il passionnera les téléspectateurs. J'attends les réactions avec impatience. Je pense que les avis vont diverger, que les polémiques vont naître. Nous prenons un parti-pris assez net, les langues vont se délier, je pense. Certes, cette affaire a laissé des zones d'ombre incroyables, mais il est incontestable que certains faits auraient dû être approfondis le moment opportun. Sur ce point, on ne peut rien nous reprocher...

Interview d'Agathe de la Boulaye

Une irrépressible attraction

Dans L'AFFAIRE BRUAY-EN-ARTOIS, la comédienne Agathe de la Boulaye arbore crayons et bloc-notes et plonge dans la peau de Claire Morvan, une journaliste parisienne. Epaulant le juge Marceau dans sa quête de preuves, elle va assister à sa descente aux enfers. Ravie de partager l'affiche avec deux grands comédiens, Tcheky Karyo et Bernard Le Coq, elle évoque ce film en lequel elle croit...

Dans ce film, vous exercez l'un des plus beaux métiers du monde ! Votre personnage, Claire Morvan, en a une vision très humaniste. Son but est-il d'aider à faire triompher la vérité ?
Je ne pense pas que ce soit aussi clair que cela. Elle ne veut pas vraiment faire triompher la vérité, mais plutôt ce qui lui semble être juste. C'est la raison pour laquelle elle aide le juge Marceau à infiltrer les réseaux soupçonnés et à s'introduire dans le milieu minier.
 
Comment trouve-t-elle sa place face aux côtés des deux protagonistes ?
Elle symbolise, en quelque sorte, l'ensemble des médias. Sa relation avec le juge est très intéressante. Il est une espèce «d'ours», un homme sensible sous des airs bourrus. Claire doit l'approcher, l'amadouer, non seulement pour l'aider mais aussi pour qu'il lui révèle des informations qu'elle pourra utiliser dans ses articles. Néanmoins, sans que rien soit calculé, elle se sent proche de lui, presque attirée. Sa présence, aux côtés des deux hommes forts de l'histoire, permet aussi au téléspectateur de reprendre son souffle, de s'échapper de ce huis-clos tendu.
 
Pensez-vous que l'hyper médiatisation de l'enquête a conduit à l'éviction du juge Marceau ?
Disons que, dans cette affaire, l'arrivée des journalistes coïncide directement avec les nombreux bouleversements qui vont suivre. Mais je constate une chose : quand on sait qu'on est regardé, on n'agit pas de la même manière. Le stress biaise forcément les comportements. Il est plus difficile d'être naturel avec une dose de stress. Le juge Marceau a probablement été dépassé par cette médiatisation qu'il avait souhaitée au préalable.  
 
Trouvez-vous intéressant qu'un film s'occupe de décrypter et de mettre en lumière les incohérences qui ont laissé impuni le meurtre d'une jeune fille ?
Ce que je trouve intéressant, c'est l'état dans lequel se trouve l'être humain quand le coupable n'est pas désigné. Nous avons tous besoin, et c'est légitime, que justice soit rendue. Je pense sincèrement que c'est le propos du film. Ce mécanisme émotionnel nous pousse, soit à désigner un coupable à la va-vite, soit à laisser des crimes impunis. 
 
Le fait que le film traite d'une histoire ayant défrayé la chronique vous a-t-il fait hésiter avant d'accepter le rôle ?
Pas du tout. J'ai trouvé le scénario excellent. Le téléspectateur assiste comme un témoin privilégié à l'événement. C'est très bien écrit, le propos est passionnant : je n'ai pas du tout hésité.
 
Comment s'est déroulée votre collaboration avec de grands acteurs tels que Tcheky Karyo et Bernard Le Coq ?
C'est toujours un plaisir de travailler avec des gens qui aiment leur travail. Tout est question d'échange. Pour moi un grand acteur n'hésite pas à partager son jeu et ses connaissances. Et le plus important : nous jouions avec plaisir. Je n'ai malheureusement pas eu beaucoup de scènes avec Bernard Le Coq, mais je suis très heureuse d'avoir pu travailler avec Tcheky Karyo. Et le tout sous la houlette de Charlotte Brandstörm, je ne pouvais rêver mieux ! Nous avions raté de peu, plusieurs fois, l'occasion de travailler ensemble et j'étais donc ravie de pouvoir enfin y remédier.

ALBANE WURTZ

TF1 - DIRECTION DE LA COMMUNICATION
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