"REPORTAGES" - SAMEDI 31 OCTOBRE 2015 à 13h20

"REPORTAGES" - SAMEDI 31 OCTOBRE 2015 à 13h20
publié par Caroline Stevens le 14/10/2015

SAMEDI 31 OCTOBRE 2015 A 13H20

 

Un magazine de la Rédaction - Dirigé par Pascal PINNING

Rédaction en chef : Pascal PINNING
Rédacteur en chef adjoint : Olivier ESCRIVA
Présentation : Anne-Claire COUDRAY

 

 

reportages_logo.jpg

 

LE RENDEZ-VOUS DES CHINEURS

 

30.jpg

 

Un reportage de Marie-Alix Brucker
Images : Thomas Vaillant, Cindy Barnes, Jean-Yves Charpin, François Richard
Montage : Alice Panouillot (La Feelgood company)

 
Brocantes, foires-à-tout, vide-greniers... 50 000 événements de ce genre ont lieu chaque année en France. Chiner est devenu l'un des loisirs préférés des Français...et pour certains une passion au point de décider d'en faire son métier.

A 32 ans, Franck est passionné de vieux objets. Ce Normand passe tous ses week-ends en vide-grenier, et n'hésite pas à se lever bien avant l'aube pour faire les meilleures affaires. "Le but ultime est de récupérer la pièce à un prix défiant toute concurrence. C'est un jeu, un jeu de piste !", s'amuse-t-il. Au point que Franck a choisi d'en faire sa principale source de rémunération. Abandonnant son ancien métier, il a monté sa petite brocante sur Internet, bien loin des méthodes d'antan... Pour faire connaître son activité, il a décidé d'organiser un événement original : le temps d'une journée, c'est chez lui, au milieu de son salon, qu'il va exposer ses objets. Reste à savoir si les acheteurs seront de la partie...

C'est en famille que Charlène et Antoine, eux, arpentent les allées des foires-à-tout. Il y a toujours un petit cadeau pas cher à dénicher pour Charlie, 7 ans, ou pour les jumeaux de 4 ans, Valentine et Paul. Mais ce qu'ils préfèrent, ce sont les vieux meubles, auxquels ils redonnent une deuxième jeunesse : chez eux, les machines à coudre deviennent tables à manger, les moulins à café se transforment en lampes et les couverts en argent en porte-torchons. " L'idée c'est de conserver l'objet, mais que ce soit dans l'air du temps", résume Charlène. Quelle sera donc leur prochaine découverte ?

Chez Sabine et Michel, au contraire, on cherche à faire de la place. Leur maison de banlieue parisienne déborde d'objets en tout genre qu'ils n'arrivent pas à jeter. La solution : le vide-grenier de quartier. Et c'est en fait tout le quartier qui va se transformer en brocante à ciel ouvert. Mais avant de pouvoir vendre, il faut trier les objets et évaluer leur valeur. "On ne fait pas ça pour l'argent. C'est plus pour le fun. Si on arrive à vendre un objet à cinq ou dix euros, on a l'impression d'avoir fait l'affaire du siècle !", explique Michel. Le jour J, tous les moyens sont bons pour s'en débarrasser, quitte à casser les prix.

 

 

DES FEMMES ET DES FERMES PAS COMME LES AUTRES !

 

31.jpg

 

Un reportage de Sigrid Clément
Images : François Buren, Julien Diaz - Montage : Claudine Seguin (Galaxie Presse)
 
Florence, Catherine et Carole sont toutes les trois des femmes atypiques. D'abord, parce qu'elles ont choisi d'être agricultrices, un métier physique et exigeant. Mais, ces trois chefs d'exploitation agricole ont une autre particularité : elles élèvent des animaux...originaux. Chez elles, on ne trouve pas de vaches, chèvres, cochons ou poulets. Dans leurs champs, comme c'est le cas pour à peine 1% des élevages de France, ce sont des bisons, des autruches ou des alpagas que l'on croise ! Elles ont appris à s'occuper de ces animaux étonnants et sauvages, qui sont devenus pour elles, un métier et une passion.
 
En France, il existe une trentaine d'élevages de bisons. Celui de Florence Verheyen, se situe dans la Creuse près de Bourganeuf. Cette mère de 4 enfants, a ouvert sa ferme il y a 15 ans. Elle vend la viande de ses bisons, recherchée pour son goût et ses qualités nutritionnelles.
Florence aime faire découvrir son élevage au public mais également à des stagiaires qu'elle accueille régulièrement sur son exploitation. Elle les prévient toujours " Le bison, ça vit naturellement, ce n'est pas un animal qu'on papouille ! ".
Pourtant, une fois par an, les plus chanceux peuvent les approcher de très près. Ce jour là, le troupeau passe sa visite médicale. Chaque bison doit subir une prise de sang. Pour Florence et toute sa famille, c'est le jour le plus stressant et le plus dangereux de l'année : " On capture un à un chaque animal qui doit être prélevé et ce n'est pas ce qui leur plaît le plus ! "
 
Sur les rives du lac Léman, Catherine Bochaton, 49 ans est éleveuse d'alpagas, des animaux qui font partie de la famille des camélidés. Ils sont élevés pour leur laine, plus chère que le cachemire. Chez Catherine, chaque animal du troupeau a un nom et elle les reconnaît au premier coup d'oeil. Pour elle aussi, un jour dans l'année compte plus que les autres : le jour de la tonte. Comme le dit son mari : " La tonte, c'est entreprise générale,  manucure, coiffeur, service complet ! " Les alpagas passent tour à tour entre ses mains expertes pour récolter leur toison, bientôt transformée en pull ou en étoffe de luxe.
 
Du côté de Montendre, en Charente Maritime, Carole Minault-Simonini, maman d'un fils de 12 ans, démarre une nouvelle vie. Jusque-là assistante de direction dans un bureau, elle vient de se lancer dans un élevage d'autruches. Elle en possède déjà dix grandes, hautes de 2 mètres : " Là ça fait 4 mois qu'elles sont avec moi. Je crois qu'elles m'ont adoptée ! " Mais pour réussir à vivre de son élevage, Carole doit très vite s'agrandir. Elle s'apprête à aller chercher 25 autruchons de quelques jours. Elle n'a pas le droit à l'erreur, car elle a investi toutes ses économies dans le lancement de son exploitation.
 

 

 

LES CHINOIS FOUS DE PROVENCE 

 

32.jpg

 

Un reportage de Julie Thierry
Images : François Chambe - Montage : Virginie Bernard (Durite Productions)
 
A Valensole, petit village dans les Alpes de Haute Provence, on assiste depuis quelques années à un phénomène nouveau. Chaque été, des milliers de touristes chinois viennent visiter le village mais surtout les champs de lavande, les châteaux de la région, et profiter des traditions locales. Les habitants, les commerçants, les restaurateurs, découvrent l'enthousiasme de ces touristes venus de loin. Cette révolution en Provence, on la doit en fait à une série chinoise, qui a été tournée au beau milieu des champs de lavande, faisant de ce bout de France, le paradis du romantisme pour les Chinois. Un phénomène qui a bouleversé la vie d'une poignée de Provençaux.
 
Parmi eux, la famille Angelvin à Valensole. Et pour cause ! C'est dans leurs champs de lavandes qu'a été tournée la fameuse série. 100 millions de téléspectateurs chinois ont regardé leur héros préféré vivre son histoire d'amour ici. Résultat : " la fréquentation de nos champs et notre chiffre d'affaires a été multiplié par 3 en quelques années ", comme le dit Rémi Angelvin. Une nouvelle clientèle qui a radicalement changé leur façon de vivre : " ils ont un budget illimité, du coup nous n'avons plus besoin de faire les foires l'hiver, tout se passe l'été ". Mais pour satisfaire les Chinois, la famille a dû s'adapter : " nous avons recruté Min, une étudiante chinoise, car nous ne parlons pas chinois. Nous avons aussi installé un restaurant asiatique dans notre exploitation pour s'adapter à leurs envies ".
 
Petit à petit, c'est tout le village de Valensole qui a bénéficié de cet engouement. La commune, qui compte 3200 habitants et qui s'était un peu endormie, a retrouvé une seconde jeunesse : " Ça nous permet de garder les boutiques ouvertes tout au long de l'année, contrairement à d'autres villes où ils ferment l'hiver". Gérard, le maire du village, prend grand soin de ces touristes. Certains habitants, quant à eux, ont noué des liens particuliers avec les Chinois, à l'image de Gilbert, un agriculteur à la retraite qui a ouvert une boutique dans le garage de sa maison : " Je ne fais pas ça pour gagner de l'argent mais pour faire des rencontres. Cela me permet de voyager sans bouger d'ici " !
 
En quelques années, le phénomène a pris de l'ampleur et Valensole n'est pas le seul village à attirer les Chinois. Non loin de là, à 80 km, ces touristes sont tombés sous le charme d'un château, celui de La Barben, propriété de la famille Pillivuyt. Ces châtelains voient débarquer de plus en plus de touristes depuis la série. Ils viennent passer une nuit pour goûter au romantisme provençal : " Après avoir vu des champs de lavande, ils sont très contents de visiter un château et surtout d'y dormir. C'est quelque chose d'assez unique qu'ils ne peuvent pas trouver dans leur pays ". Un attrait qui va s'amplifier, puisqu'à son tour, le château a servi de décor au tournage d'une 2ème série chinoise, qui sera diffusée dans quelques mois.
 
En attendant, certains Chinois n'hésitent pas à pousser le comble du romantisme encore plus loin, et de plus en plus décident de se marier dans le château, qui dispose d'une superbe chapelle. La famille doit d'ailleurs organiser le premier mariage de la saison : " Moi, j'ai la chair de poule, c'est très beau. On ressent de l'émotion tout le temps. Et évidemment, c'est grâce à tous ces touristes que nous pouvons faire vivre ce beau château ".
 
Enfin, si depuis la série les touristes découvrent la région, certains d'entre eux n'ont pas attendu le phénomène. C'est le cas de Jizhe et Wenjinj, sa femme. Ils ont découvert la Provence il y a 12 ans, lorsque Jizhe est venu y faire ses études. Sous le charme, ils n'en sont jamais repartis : " dès la sortie du train, je suis tombé amoureux de la région. La région est magnifique avec ce beau ciel, le soleil rayonnant, ses petites collines, la mer où on peut se baigner l'été, la cuisine locale est délicieuse. Tout me plaît ici "...
 
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que tous deux ont vite adopté les codes locaux. Travail, " apéro ", pétanque, balade en bateau... Tous les clichés sont là mais c'est cette vie simple et ensoleillée qui les a séduits : " Ca paraît simple mais c'est ça le bonheur, ici on prend son temps ". Aujourd'hui, le couple est parfaitement intégré " ils sont plus provençaux que certains provençaux " en témoigne leur amie Françoise. Jizhe a même l'accent. Ils se sont reconstitué ici, une famille de coeur, qu'ils ne sont pas prêts de quitter.
 

Retrouvez "Reportages" en replay sur MYTF1News

 

Press Kit

Partager