GRANDS REPORTAGES "Carnets de bal" DIMANCHE 20 DECEMBRE 2015 à 13h30

GRANDS REPORTAGES "Carnets de bal" DIMANCHE 20 DECEMBRE 2015 à 13h30
publié par Nathalie Maeder le 01/12/2015

DIMANCHE 20 DECEMBRE 2015 A 13H30

Un magazine de la rédaction - dirigé par Pascal PINNING

Rédaction en chef : Pascal PINNING
Rédacteur en chef adjoint : Olivier ESCRIVA
Présentation : Anne-Claire COUDRAY

 

 

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CARNETS DE BAL 

           

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Un reportage d'Allan Rothschild 
Image: Eric Pouget 
Montage : Erwan Bizeul (les Productions du Moment)

Pendant un an, les caméras de Grands Reportages ont voyagé à travers toute la France, à la rencontre des bals et de tous ceux qui les font vivre. Un reportage qui nous invite dans le tourbillon des danseurs, sur les places publiques, dans le ventre des péniches parisiennes, à Dunkerque comme au château de Versailles, dans le Massif Central et dans la Drôme. Le bal se perpétue, s'adapte, se renouvelle. Regarder les gens danser, c'est capter l'époque et sentir l'air du temps. La salle de bal devient ainsi un baromètre du lien social.  
 
Dans le Nord, pendant la période du carnaval, la fête est permanente et les bals se comptent par dizaines. Pascal est " tambour major ". Il est le métronome de la fête, celui que toute une région suit au bal. C'est lui qui dirige la fanfare de plus de quarante musiciens. Dans la salle, huit mille personnes, toutes générations confondues, attendent depuis des mois son signal pour chahuter. "Pour les gens, c'est un antidépresseur. Il y a de l'ambiance, il n'y a qu'à Dunkerque qu'on voit pareille fête!", s'exclame Pascal. Les participants sont tous déguisés, méconnaissables. Comme l'explique Florian, 21 ans, sous son épais maquillage : "Pendant les bals du carnaval, avec ce déguisement il n'y a plus ni patron ni chômeur, tout le monde est uni, ça fait vraiment du bien,  pour nous et pour les autres." Le bal est aussi une affaire de générosité. Patrick, l'organisateur de la fête, en témoigne : "Dans un premier temps on paye nos factures, et ce qui nous reste, on redistribue par des dons à des associations régionales qui luttent contre la maladie, le handicap. C'est aussi là notre grand bonheur".
 
Ensuite, direction...Paris. Dans un quartier branché, le long d'un canal, le bal renait et vit un choc des cultures. Sur une péniche, de jeunes Parisiens se réapproprient les danses folkloriques de nos villages. Ce qui fait le succès de ces bals, c'est la chaleur de l'ambiance. Ce qu'on y voit, c'est le sourire. Cyril, l'organisateur de ces cours dédiés aux débutants, résume la force des danses traditionnelles :
" Il suffit de savoir marcher pour danser. Pas besoin d'avoir fait trois ou quatre mois de cours pour pouvoir inviter quelqu'un, on pourrait même apprendre en regardant quelqu'un danser tellement les danses sont accessibles !"
La première semaine d'août, Cyril et d'autres passionnés rejoignent des milliers de danseurs folks en Auvergne pour le grand bal de Saint-Gervais-d'Auvergne où, du lever au coucher du soleil, dansent des passionnés venus de l'Europe entière.

Cette ritournelle à travers les salles de bal françaises fait aussi une étape au château de Versailles. 2015 marque le tricentenaire de la mort du Roi-Soleil et la ville célèbre l'événement en organisant un bal à l'Orangerie. Nous sommes alors en juin, le bal est ici un spectacle branché et tout le monde doit venir costumé,  comme à l'époque de Louis XIV. Pour ce rendez-vous, les plus beaux atours s'arrachent. Ce bal du Roi Soleil est le premier pour Amélie, vingt-et-un ans, et Iman, dix-huit ans. Deux débutantes pour lesquelles la fête démarre avec le choix de leur robe de princesse. Leur costumière, Guënic, pose un regard tendre sur ces deux jeunes filles qui font des essayages de robes de cour : "Souvent il se passe quelque chose entre la personne et le costume ; certaines époques vont bien à certaines personnes, ça se voit immédiatement dans les yeux quand ça plait, nous avons l'habitude de dire que chaque personne trouve son époque, celle qui lui va bien." À Versailles, les monarques ne sont plus. Mais au bal chacun se rêve roi ou reine dans un bal conçu pour le prestige de soi.
 
Nous voici ensuite au coeur de l'été sur les petites routes du sud de la France. Cela fait plus de vingt ans que le groupe "Les Song Family" anime avec succès des bals dans la Drôme. Comme tous les quatrièmes week-ends du mois d'août, ils jouent à Saint-Nazaire-le-Désert. Dans la région, les bals avec à l'affiche des groupes 'live' se font rares. Mais dans le Désert ; ils maintiennent le cap, ils sont fidèles et savent faire la fête. Pourtant, à six cents mètres d'altitude,  ils ne sont pas nombreux à vivre, 148 habitants. Mais ce week-end-là, tous les jeunes reviennent au pays pour se retrouver et danser. La fille de l'ancienne boulangère ne manquerait ce rendez-vous pour rien au monde : "C'est très important. Ça nous permet de tous nous retrouver. Parce qu'on est éparpillés dans la France, on n'a pas beaucoup d'occasions de nous voir. Ce bal existe depuis des générations, nous devons poursuivre et faire vivre la tradition."
En regardant les jeunes s'amuser, les anciens se souviennent du moment où ils étaient à leur place. Et ils ne sont pas inquiets pour leur soirée, la transmission est assurée. "À Saint-Nazaire-le-Désert, notre bal, c'est le truc qui fait vivre le village, alors on fait tout pour la garder, cette fête."
 
Au travers des belles rencontres qui émaillent ce reportage chaleureux et joyeux, nous découvrons qu'il reste en France un profond désir de bal qui transcende les générations. Avec lui, les danses de couple refont surface, et si le bal connaît un retour en grâce, c'est parce que ses vertus redeviennent désirables.
 
 

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