Interview de Guillaume de Menthon

Demain nous appartient

Episode 16
Lundi 7 août à 19:20

Interview de Guillaume de Menthon

publié par Karelle Bourgueil le 27/06/2017
«Créer l’urgence de revenir chaque jour»
Président de Telfrance, Guillaume de Menthon revient sur la genèse de «Demain nous appartient» et explique les particularités de cette production d’envergure.
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Comment ce projet a t-il vu le jour ?
Nous avons suivi la volonté de TF1 de partir sur un projet de fiction quotidienne récurrente. La programmer l’été permet de reprendre les codes auxquels le public de TF1 était historiquement habitué à cette période. L’idée est de s’adresser à tous les Français, d’être concernant et identifiant, d’être un miroir de la société tout en ré-enchantant le quotidien, pour être dans la lignée du «claim» de TF1 de partager des ondes positives.

Pourquoi avoir choisi de tourner dans Sète et sa région ?
Après avoir rapidement identifié qu’il nous fallait un lieu en bord de mer qui ne soit pas une station balnéaire, notre choix s’est porté sur Sète, une petite ville de 40 000 habitants. Surnommée l’île singulière par Paul Valéry, Sète est une ville particulière. Située sur le mont Saint-Clair entre la mer Méditerranée et l’étang de Thau et entourée de canaux, elle nous a séduits par son aspect «coupée du monde». Sète apparaît comme la petite Venise française.  De plus, elle profite d’un beau temps tout au long de l’année qui permet de bénéficier d’un ensoleillement exceptionnel. Après une période faste au 19e siècle, elle s’est éteinte doucement avec le déclin des exploitations viticoles et la décolonisation. A travers son histoire, nous retrouvons celle de beaucoup de villes françaises confrontées à la mondialisation, à un monde qui bouge et évolue et partagées entre le conservatisme et le progressisme. On y découvre des protagonistes qui croient en l’avenir et dans le monde, et d’autres qui ont un petit peu peur et se recroquevillent. Différentes classes sociales cohabitent. Sète permet ainsi de retrouver toutes les caractéristiques de la ville de tous les Français.

Comment s’est organisée l’écriture des épisodes ?
Une série quotidienne implique de tourner un épisode par jour. Une vingtaine d’auteurs sont organisés en équipe pour travailler sur les arches de la saga. Autour des personnages principaux, viennent s’en greffer d’autres qui seront les branches des intrigues futures. Nous suivons la vie d’environ trente-cinq personnages de tout âge qui incarnent les grands enjeux de la société d’aujourd’hui.

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Qu’est-ce que cela implique au niveau du tournage ?
Pour réussir à mettre en boîte 25 minutes utiles par jour, nous tournons avec trois équipes. Une équipe tourne dans les décors en studio et deux autres captent les scènes en extérieur dans la ville de Sète et aux alentours. Nous découpons les épisodes de manière à ce que les comédiens travaillent de la façon la plus intelligente possible sur une journée et sur un décor donné. Le plus compliqué est d’arriver à calibrer les histoires pour réussir à les tourner en tenant notamment compte de la disponibilité des nombreux comédiens. C’est la vraie difficulté d’un tel feuilleton.

Combien y a t-il de décors ?
Nous disposons d’une quinzaine de décors, certains institutionnels comme un commissariat, un hôpital, un lycée et d’autres, à la fois public et privé, comme un hôtel ou un café au bord du canal royal. On retrouve également les différents lieux de vie des personnages  avec trois maisons et deux appartements. Les bureaux que nous avons transformés en commissariat sont plus vrais que nature. Une ancienne usine d’embouteillage désaffectée de 8 000 m2 a été reprise pour y construire un studio de 1 650 m2. Cela a été assez spectaculaire à mettre en place et a demandé plus de trois mois de construction, un projet à la fois exigeant et excitant.

Qu’est-ce qui caractérise les différentes familles de cette saga ?
L’idée est que chacun puisse s’identifier à un personnage récurrent. Nous avons choisi de mettre en scène une famille aisée issue de la bourgeoise sétoise, une famille de classe moyenne avec une professeure de lycée et son mari qui travaille à la marina, une famille d’immigrés espagnols, une autre de deuxième génération arabe, représentative des populations que l’on peut retrouver à Sète et d’autres personnages isolés qui sont, là encore, emblématiques de la société française.

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Quelles sont les exigences au niveau des intrigues ?
Il faut surprendre, être attachant, fidélisant et surtout nous devons tendre l’intrigue pour créer l’urgence de revenir chaque jour. Il y a un fil directeur plutôt policier avec plusieurs points d’ombre à résoudre sur lesquels se greffe un certain nombre d’arches narratives sociale et humoristique. Nous mélangeons un peu tous les genres. L’important est que cela reste un programme familial et que tous les membres de la famille puissent s’identifier et s’y retrouver. C’est un feuilleton collectif avec un ensemble de comédiens talentueux où chaque personnage emmène son public.

Quel est l’impact d’une telle production dans la région ?
Ce projet a une grande vertu : il créé des emplois. Près de 200 personnes ont été embauchées. Il nous semblait important de choisir une région dans laquelle nous pouvions recruter sur place. Nous essayons au maximum de nous appuyer sur des ressources locales. 91 % des techniciens employés sont de l’Hérault. L’avantage de Sète est que lorsqu’on connaît la ville, l’on a tendance à vouloir s’y installer assez vite !

Découvrez les personnages de "Demain nous appartient".