Grands Reportages - Interview Pascal Pinning

Grands Reportages - Interview Pascal Pinning

publié par Karelle Bourgueil le 02/05/2017
«Un vrai film»
C’est au bout de longs mois de négociations que Pascal Pinning, directeur des magazines de l’information de TF1, a obtenu l’autorisation de filmer des détenus condamnés à de longues peines à visage découvert. Il revient sur ce projet qui l’a particulièrement marqué.
VIGNETTE GRANDS REPORTAGES PRISON DE FEMMES
PASCAL PINNING | LIONEL MOREAU / TF1

Pourquoi avez-vous décidé de consacrer un «Grands Reportages» à ce sujet ?
Nous avons réalisé plusieurs magazines sur la prison mais filmer des détenues condamnées à de longues peines sans masquer leurs visages est très rare. Nous avons négocié avec l’administration pénitentiaire pendant presque un an pour obtenir cette autorisation. Nous voulions découvrir comment l’on vit le quotidien quand on sait que l’on est en prison pour des années. Comment accepte-t-on sa condamnation ? Comment vit-on cette privation de libertés ? Prison de femmes livre des réponses à ces interrogations mais évoque également leurs rapports entre elles et avec leur famille.

Comment s’est fait le choix du réalisateur ?
Nous avons décidé de confier la réalisation à Eric Lemasson, un journaliste et réalisateur très expérimenté en qui j’ai toute confiance. Il a tourné deux volets : un premier opus sur un établissement pénitentiaire pour longues peines pour femmes, à Rennes, et un autre dans une prison pour hommes près de Toulouse.
Il a réalisé un vrai film. Ce n’est pas juste une succession d’interviews. On ne cherche pas à juger ces femmes et on les montre telles qu’elles sont. C’est l’intérêt d’avoir pu, même si cela a été très compliqué, étaler le tournage sur six mois afin qu’elles se confient et se racontent. Eric a su garder suffisamment de distance pour faire un travail à la fois de documentariste et de journaliste. Il formule des questions que n’importe quel téléspectateur se poserait.

Que retenez-vous de ce tournage ?
J’ai été très surpris car toutes ces femmes assument leurs actes. Il y en a même une qui estime que sa condamnation est trop légère ! Même si elles vivent recluses, elles conservent une part de féminité. Le rôle des surveillantes est lui aussi intéressant. Même si elles ont des règles à faire respecter, elles considèrent les détenues avec humanité. Prison de femmes possède à la fois une vertu pédagogique et une dimension émotionnelle.